‹ Sainte Marguerite de Cortone. Quatrième éditionChapitre 99 sur 142 · BEVEGNATI, C. IX, P · texte numérisé non relu

BEVEGNATI, C. IX, P

2. La dernière trace qu'on trouve de lui est un bref de Jean XXII, Petitio Ubertini, du 1* août 1326, prescrivant au cardinal Bertrand Poget, légat en Italie, d’informer contre l'ancien cordelier. « Olim de Ordine Ves-

Après Hubertin de Casal, Marguerite recevait la visite d’un autre Spirituel, dont nous pouvons louer la mémoire sans réserves ni restriction. C'était Conrad d'Offida, célèbre ascète et grand zélateur de la pauvreté, qui s'était d’abord agrégé à la famille des Ermites Célestins, puis un an après était rentré dans l'Ordre. Ce vieillard descendait du mont Alverne, vers l’année 1205, pour se rendre en Ombrie, et passait par Cortone, attiré sans doute par la haute réputation de Marguerite et le doux parfum de ses vertus. Ce ne fut pas une médiocre consolation pour la recluse et le vénérable missionnaire de pouvoir discourir ensemble sur l'amour de Dieu et sur les destinées de l'Ordre.

Lorsque le Bienheureux fut sur le point de se retirer, l’humble pénitente le pria de la bénir, et chacun des deux se recommanda aux prières de l’autre. La nuit suivante, un spectacle étrange vint tout à coup frapper les yeux du serviteur de Dieu, pendant qu'il était en oraison. Il lui semblait qu’une lueur surnaturelle enveloppait le. front de la montagne et que, sur la pente,

tro », écrivait le mème pontife dans un rescrit de l'année précédente. Esprit indépendant, moine vagabond et en rupture de ban avec le Saint-Siège, voilà ce qui lui a valu de nos jours les éloges, peu enviables, de Renan et de Paul Sabatier. — Son ouvrage, Arbor Vitæ crucifixæ, n'a de bon que la première partie, la vie de Notre-Seigneur ; le reste sent le libelle et le pamphlet. Voir notre étude sur Hubertin de Casal, Annales franciscaines, juillet 1891-1898.

une âme jetait des gerbes de feu, pareilles à cælles qui sortaient du buisson ardent sur le mont Horeb, et il se demandait avec étonnement quel pouvait être cet homme ou cet ange, lorsqu'il enteadit une voix céleste lui répondre - « Cette âme que tu vois tout embrasée d'amour et qui ne cherche que Dieu, c'est l'âme de Marguerite (1). »

De son côté, la Sainte avait en même temps une vision relative à l'avenir de l’ancien ermite Célestin, et lorsqu'il revint pour continuer l’entretien commencé la veille, elle dissipa ses doutes au sujet de sa vocation et de son goût pour la vie érémitique, l’exhorta de la part du Seigneur « à garder la vie de communauté » et lui recommanda d'être fidèle « à célébrer tous les samedis la messe de l’Immaculée-Conception (2) », conformément aux prescriptions du Patriarche séraphique et de saint Bonaventure. N'était-ce pas le mettre en garde contre les mnovations du Fr. Libérat et le ramener aux traditions primitives de l'Ordre, à cette vie conventuelle, à cette vie cachée, qui doit être, dans les dessems du Patriarche d'Assise, une préparation prochaine aux labeurs de l’apostolat (3)? Le vénérable visiteur l’entendit de la sorte, et il s’en alla fortifié et consolé, admirant

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