‹ Sainte-Marie d'AuchChapitre 50 sur 63 · DÉTAILS DE SCULPTURES ET INSCRIPTIONS · texte numérisé non relu

DÉTAILS DE SCULPTURES ET INSCRIPTIONS

SjMHgoTOB attention se porte, avec la planche 29, sur quelques détails particuliers des boiseries. ÉiîvMAu milieu figure le clocheton qui couronne, au sud-ouest, l’angle en retour d’équerre. Dans niche, St Michel plonge la hampe de sa lance dans la gueule du monstre infernal. A sa gauche, gis la Force, casque en tête, étouffe, avec la même aisance, le reptile qui symbolise le génie du mal. Quant à la colonne qu’elle embrasse, elle se retrouve aussi à Saint-Denis, comme attribut de ce personnage allégorique, sur le magnifique mausolée érigé par J. Just, en l'honneur de Louis XII*.

A la droite de St Michel, nous reproduisons Ste Marthe, maîtrisant la Tarasque, par le signe de la Croix, et l’aspergeant d’eau bénite.

« Les naseaux de la Tarasque, dit Raban-Maur», lançaient naguère, en épaisses vapeurs, un vrai souffle de pestilence, et ses yeux des éclairs sulfureux. A travers ses dents crochues s’échappaient des sifflements horribles mêlés d’affreux rugissements. Tout ce qui tombait sous sa dent meurtrière, ou entre ses griffes, était aussitôt mis en pièces; et même la seule puanteur de son haleine frappait de mort tout être vivant qui se laissait approcher de trop près. On ne saurait croire combien de victimes elle avait déjà faites, surtout parmi les bergers et leurs troupeaux, combien de malheureux avaient péri de son infection délétère.

» Mais, un jour que la Sainte annonçait la parole de Dieu à la foule assemblée, on lui parla du dragon, dont l’histoire, d’ailleurs, se trouvait alors dans toutes les bouches. Tandis que quelques-uns invoquaient, en toute confiance, l’intervention de Marthe, d’autres, ainsi qu’il arrive souvent, disaient, comme pour la défier : certes, si le Christ dont nous parle notre sainte héroïne avait quelque vertu, ce serait le cas d’en faire preuve. Car, nulle ressource humaine ne saurait nous délivrer d’un tel fléau. C’est bien, dit-elle; si vous êtes disposés à croire, rien ne résiste à la foi.

» La foule empressée engage sa parole. Marthe s’en félicite et marche en avant, d’un air résolu, vers la retraite du monstre. Le signe de la Croix suffit pour adoucir sa rage. La courageuse Vierge lui passe autour du cou sa modeste ceinture; et s’adressant au peuple, qui regardait de loin ; que craignez-vous, dit-elle? je tiens votre reptile, et vous hésitez encore! Approchez donc sans crainte, au nom du Dieu Sauveur, et venez mettre en pièces ce monstre qui a fait tant de mal.»

Un choix de sculptures sur pierre est réservé à la planche 30. Le dessin qui pyramide au milieu reproduit le côté oriental des ornements inachevés qui encadrent, à l’intérieur, la porte septentrionale du transsept. Ici, comme à la porte du sud, des niches, grandes et petites, étaient destinées à recevoir, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, dans un petit nombre de statues, une décoration plus digne de l’auguste sanctuaire de Marie. Mais ces statues auraient-elles pu échapper aux déplorables mutilations qui ontlaissé, sur divers points de la basilique, des traces si fatales?... On voit, en effet, qu’une ravissante galerie des douze Apôtres régnait à l’intérieur de la porte méridionale avant que le marteau démolisseur eût endommagé ces statuettes. La délicatesse du travail et l’heureuse disposition des sujets, entremêlés de pendentifs à jour, de stalactites festonnés, de fines découpures, et de toutes les fantaisies

1 Aux tapisseries contemporaines qui se conservent au Vatican, la Force est figurée par un enfant joufflu, qui, le casque en tête, traîne le char de la Vertu, et porte la colonne sur ses épaules.

2 Rabanus. De vita beatæMariæ Magdalenæ et sororis ejus, sanctæ Marlhæ, cap. xi. — Raban-Maur, une des lumières de son siècle, fut élevé au siège de Mayence en 8-i".

de la Flore murale, ajoutent aux regrets que réveille l’affligeant tableau de cet aveugle vandalisme. Comment ne pas y reconnaître les tristes souvenirs d’une époque où les têtes surtout étaient en jeu! Et pourtant, en fut-il jamais de plus inoffensives?

A droite et à gauche sont deux crédences du xve siècle, choisies dans les chapelles du chevet. La première, A, est à côté de l’autel de Sainte-Anne. La seconde, B, orne celui du Saint-Sépulcre.

Nous connaissons le nom du peintre verrier qui a décoré les chapelles autour du chœur. Mais, moins heureux pour nos sculpteurs, nous avons cherché en vain, tant sur le bois que sur la pierre, la signature de ces hommes modestes, dont toute l’ambition s’est bornée à vivre inconnus dans les œuvres de patience et de génie qui font l’orgueil de notre Cathédrale. Il nous serait permis, tout au plus, de voir le nom d’un entailleur secondaire dans les basses stalles du nord, au-dessous du museau oriental de la troisième, en remontant de l’ouest à l’est. On y lit, en effet :

A. PICQUEPOIDRE

Et au revers, c’est-à- dire au-dessous du museau occidental de la quatrième basse stalle, on lit encore, en caractères tout à fait identiques :

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