Procope, de Aed., I, 1, p
5, C'est du moins le trajet qui semble indiqué dans le texte Cer. I, 35, p.
Où se trouvait le narthex du gynécée par lequel passait l’empereur en sortant du Skevophylakion ? Par gynécée le livre des Cérémonies désigne le bas côté nord de l’église, où se tenaient les diaconesses de la Grande-Église’. C’est de ce côté que se trouvait le Skevopkylakion où l’empereur se rendait en passant par le côté nord du sanctuaire. Comme l’empereur rentre ensuite dans l’église par le narthex du gynécée, le Skevophylakion doit être cherché en dehors de l’église, sur le côté nord.
Le trajet suivi par l’empereur a pu être le suivant. Du sanctuaire il se rend au Skevophylakion. Il en sort ensuite, longe le portique nord de l’église jusqu’à la porte percée au milieu de la façade septentrionale et entre dans le bas côté nord, le gynécée, qu'il remonte jusqu’à la porte orientale où le basileus reçoit les eulogies du patriarche; puis il sort de l’église et suit
183, où il n’est pas dit que l’empereur rentrait dans l’église pour sortir par le Puits sacré. Dans le texte parallèle (Cer. I, 1, p. 34) les souverains, après avoir passé par Saint-Nicolas, sortent par la grande porte qui conduit au Puits sacré. Cette grande porte doit être la porte qui s’ouvre au milieu de la façade méridionale (v. plus haut p. 23-24). Les souverains, dans ce cas, ont dà rentrer dans l’église par la porte orientale qui conduit au bas côté sud qu'ils suivent pour sortir par la porte centrale de la façade méridionale.
1. Cer. I, 85, p.182. A l’église des Saints-Apôtres l’empereur et le patriarche passaient de même parle côté gauche du naos, c’est-à-dire, par le gynécée (Cer. I, 10, p. 77). A l’église de la Vierge Chalcopratia, les souverains sortaient par le côté gauche du sanctuaire et passaient par le gynécée de l'église (Cer. I, 1, p. 31). L'Anonyme entend par gynécée les bas côtés nord et sud; cf. Preger, dans Byz. Zeits., X, 1901, p. 466, n. 1. Mais le livre des Cérémonies ne désigne par là que le côté nord. A la fête de l'Union de l’Église, la procession impériale revenant de l’église Sainte-[rène, qui se trouve au nord de la Grande-Eglise, rentrait à Sainte-Sophie par le côté du gynécée (yuvaixsov) et par le narthex d’où elle pénétrait dans l'église (Cer. 1, 36, p. 186). La procession a dû passer par la porte nord de l’esonarthex pour gagner les Portes royales d'où le patriarche et l’empereur avec tous les prêtres entrent dans la nef suivant le rituel ecclésiastique (eïooëoc). Au vi® siècle, Procope désigne par Ürepba tüs yovæxwviriôoc les galeries du premier étage (Procope, de Aeuif., I, 1, p. 178). Mais par gynécée on entendait aussi le bas côté de l’édifice. Dans ce cas les tribunes étaient appelées catechoumena. C’est ainsi que les galeries supérieures sont toujours désignées dans le livre des Cérémonies; cf. Sophronius, Comm. liturg. dans Migne, P. G., t. LXXX VIT, col. 3985.
la galerie orientale pour gagner le côté sud de l'église et le Puits
sacre.
On trouve mentionnée avec le Skevophylakion une église de Saint-Pierre”. Antoine de Novgorod, après avoir énuméré les reliques et les objets précieux qui se trouvaient dans l'autel et dans le diaconicon, ajoute que de ce même côté se trouve la chapelle du saint apôtre Pierre, où étaient suspendues les chaînes que l’on venait baiser le jour de la fête des chaînes de Pierre’. Les Ménologes et les Synaxaires mentionnent, en effet, au 16 janvier, l’adoration des fers portés par l’apôtre lorsqu'il fut jeté en prison par Hérode et délivré par l’ange*. D'après les textes, cette église était située près de la Grande Église’. Elle avoisinait le Skevophylakion®.
Près de l’angle nord-est de l’église se trouve un petit édifice
1. Ainsi le narthex du gynécée serait le portique nord. On a vu (v. plus haut p. 4, n. 2) que par narthex l’Anonyme désigne les portiques de latrium et par deuxième narthex l’esonarthex actuel, On peut aussi supposer que l’empereur, en sortant du Skevophylakion, a suivile portique nord jusqu’à l'esonarthexet qu'il est entré par là dans le bas côté nord, le gynécée. Par narthex du gynécée l’auteur aurait désigné l'extrémité nord de l'esonarthex. Mais on ne s'explique pas alors pourquoi l'empereur aurait gagné le côté ouest de l'église pour ressortir par le côté est. Il est plus logique de penser qu'il a passé par la porte du milieu de la façade nord. Paul le Silentiaire signale, en effet, une porte sur le côté nord (cf. Pauli Silent., Descript. S. Sophiae, p. 28, v. 263 s.). La porte orientale qui conduit du bas côté nord à l'extérieur sert aujourd’hui d’entrée au Sultan.
2. Codin, de S. Sophia, p. 133; Michel Glycas, Annal., IV, p. 496. Le Skevophylakion et le naos de Saint-Pierre se trouvaient sur terrain donné par la veuve Anne à la Grande-Eglise,