Freger, Script. Orig. Const., t. I, p
à. L'huile, préparée avec le nard et d’autres essences suivant des rites spéciaux, était conservée dans des ampoules (äyy£tov, Buxiov) pour les besoins médicinaux. Elle n’était pas sanctifiée comme le saint myre (&y1ov ou mtotixdv püpov) qui servait à l’onction sacerdotale; cf. Goar, Euchol., p. 636, 637; Syméon de Salonique, De sacro rilu sancti unguenti, dans Migne, P, G., t. CLV, col. 240; Eber. Nestle, Die unverfälschte küstliche Narde dans Zeitschr. f. d, neutest. Wissenschaft, III, 1892, p. 169. Le saint myre était préparé à Sainte-Sophie le jeudi saint. Ce même jour, avant la cérémonie du lavement des pieds (rrrp), on enlevait la nappe recouvrant la sainte table, qui était lavée avec des éponges, de Peau tiède et de l’essence de rose. L'autel était ensuite essuyé et recouvert de ses draps, puis encensé par le prêtre. Cf, Dmitrievskij, Opisanie, t. I, p. 129, 191; t. IT, p. 362, 995; Goar, Euchol., p. 623 s. Ces cérémonies sont en rapport avec les actes rituels que l'empereur accomplissait le samedi saint dans l’église. Ce jour-là le basileus venait changer la nappe de l’autel qui avait été lavée le jeudi précédent (v. plus haut p. 11, n. 3). De même, il venait recevoir les huiles aromatiques préparées l’avant-veille. Ainsi pour le dimanche de Pâques l'autel était recouvert d’une nouvelle nappe et l’empereur avait fait sa provision d’huile médicinale nouvellement préparée.
ensuite distribué aux personnages de la suite de l’empereur. Le basileus sortait ensuite du Skevophylakion, passait par le narthex du gynécée (yvvæxirne) et sortait par la porte à gauche du sanctuaire où le patriarche lui donnait les eulogies. Ils allaient ensemble par le passage resserré (orevèv Gixbaruméy) de Saint-Nicolas, qui se trouvait derrière le sanctuaire, jusqu’au Puits sacré où le patriarche donnait de nouveau les eulogies au basileus qui quittait l’église’.
Ainsi, derrière l’abside, il y avait une galerie qui longeait l’église et communiquait avec une église de Saint-Nicolas. Anne Comnène, au xn° siècle, mentionne aussi près de la Grande- Église le sanctuaire de Nicolas. C'était un asile (toocoÿytov) où ceux qui étaient sous le coup d’une accusation venaient se réfugier pour échapper à la rigueur des lois”. Un pèlerin russe, au xv'siècle, a encore vu l’église derrière l’autel de Sainte-Sophie*. De ce côté un portique bordait l'édifice comme sur les côtés nord et sud. Procope avait signalé déjà les nombreux portiques (oroai) qui entouraient l'église‘. Le portique oriental communiquait avec le portique du Puits sacré au sud. C’est sans doute en suivant ces galeries extérieures que l’empereur se rend de Saint- Nicolas au Puits sacré*.
4. Cer.T, 35, p. 182-183; I, 1, 34; cf. IT, 52, p. 764. Le texte de la page 34 est plus concis et ne mentionne pas le narthex du gynécée, Du Skevophylakion les souverains avec le patriarche passent par le côté gauche du sanctuaire et par Saint-Nicolas pour aller au Puits sacré.
2. Anne Comnène, Alex., Il, 5, t. I, p. 70; cf. Nicéphore Grégoras, Hist., XV,1,t.11, p. 748. La mémoire de Nicolas, archevêque de Myra, était célébrée le 6 décembre dans la Grande-Église; cf. Synax. eccles. Const., p. 281,
3. tin. russes en Orient, t. V, p. 228-229. L'église de Saint-Nicolas est peut-être la chapelle située derrière le grand autel et signalée par Antoine de Novgorod en 1200 (ibid., p. 95-96). On y conservait plusieurs reliques entre autres la margelle du Puits de Samarie, A cette époque le Puits sacré ne se trouvait plus dans le portique sud de l’église et n’était pas encore dans l’autel où il fut conservé plus tard (v. plus haut, p. 24, n. 2).