‹ Sainte ThérèseChapitre 130 sur 146 · UN DISCIPLE · texte numérisé non relu

UN DISCIPLE

Elle nous cerne, toujours accrue!

l'ancien Fuis !

le disciple Ou tu ne pourras plus fuir!

ERVANN

à Thorèsc

Les entends-tu?

Montrant la colline couverte de sapins.

Là-haut, c'est mon bûcher, llepris, je suis perdu, Mort. Un instant me reste où mon salut se joue. Tu m'appartiens. Suis-moi.

TUÉRÈSE

Le tentateur échoue.

Que fut-il de commun, homme, entre vous et moi?

ERVANN

Eh bien! je reste! Et, pour qu'au marbre de ta foi Jaillisse tout mon sang d'amant martyr, — statue De sainte ! — qu'à tes pieds on me prenne, — et me tue ! l'ancien

sautant en scène.

iNon! nous te sauverons!

Vers le portail de gaucho qu'ébranlent des coups extérieurs.

Les nôtres sont là ! Vous, Enfoncez le vantail, ou brisez les verrous.

Le portail ouvert, s« précipitent en assez grand nombre des amis d'Ervana.

212 SAINTE T II i: R E S E .

l'a>"CIE>î

Saisissez-le.

qui veut rester.

Thérèse !

LEDISCIPLE

Entraînez-le.

ERVANN

qui se débat

Je suis l'amour! Je suis la vie. âpre, mauvaise, Bonne, suhlimc! , qui maudit le cloître atroce ou laid ; Et. ce que tu n'as pas voulu. Dieu le voulait!

Les amis d'Ervann l'emportent, tandis que sortent de la chapelle les Carmélites en un tumulte effaré.

UNE CARMÉLITE

Qu'arrivc-t-il?

THÉRÈSE

Ceci : que je vous ai dupées!

L'oraison, voluptés sur le ciel usurpées, Nous perd. Le seul devoir c'est de toujours souffrir De toujours souffrir, pour mériter de mourir.

A Juana.

Que t'ai-je dit? que les extases étaient pures?

Qu'on s'y pouvait livrer sans craindre de souillures?

iSon. J'avais tort, le plus chaste consentement

Aux plus purs rêves, vaut l'éternel châtiment.

Même les doigts sacrés de sel et de dictame,

Nous ne touchons la croix qu'avec des mains de femme.

Qu'avec des mains d'argile en rut! et nous aurons

Le remords de salir ce que nous adorons.

Ne pensons plus. Ne rêvons plus. Hélas! les âmes

Ont des ailes, il faut les fermer. Nous priâmes,

Oublions ce que dit la prière. C'est un

Devoir sacré des ly»; d'ignorer leur parfums

Page 1