ACTE V. 3l
A une Carmélite tournée vers l'horizon :
Pourquoi regardes-tu le ciel, toi? que t'importe Le ciel! ^s 'as-tu donc pas la terre, ô presque morte! Où prosterner ta face, et la tombe où ployer ïa chimère;*
A la vieille religieuse :
Il lui faut infliger en loyer De son orgueil, trois jours sans lit ni subsistance.
A soi-même :
Mais combien je mérite une autre pénitence, Moi qui portais le ciel aux plis de mon manteau!
A la vieille relii;icuse:
Vieille, tu prenais soin des verges, du poteau. Des tenailles... c'était jadis ta tâche austère De flageller de clous la morgue réfractaire, Reprends l'office ancien. Mets la chaîne à mes bras, A mon cou, — sans pitié. Vieille, tu la noûras Jusqu'à ce qu'en l'airain horrible qui me serre Je souffre assez pour tout oublier!
Mais le prêtre, suivi de deux enfants de chœur, sort de la chapelle, vient vers le petit autel, où, selon le rite, il dira la messe basse. Thérèse se précipite vers lui et restera à genoux.
0 mon père!
Dites la messe afin que le ciel imploré Accorde un peu de baume à mon cœur déchiré!
Pendant que le prêtre officie, et que Thérèse demeure agenouillée, les bras en croix, les Carmélites, attirées par des bruits, se sont groupées sur la haute terrasse, sur les marches plus hautes du crucilis.
Il est loin!
Et le sauve!