‹ Sainte ThérèseChapitre 136 sur 146 · MARIE DE SAI.NT-JÉROME · texte numérisé non relu

MARIE DE SAI.NT-JÉROME

prieure du Carmel de Saint-Joseph d'Avila

ANiNE DE SAINT- AUGUSTIN, prieure du Carmel de Malagon.

ISABELLE DE SAINT- DOMESTQUE

prieure du Carmel de Patrana.

ELVIRE DE SAINT- ANGE

prieure du Carmel de Villeneuve de la Xara.

Carmélites, d'Albe, de Saint-Joseph d'Avila, de Malagon.

Des Bourgeoises, des Montagnardes, des Palvresses.

DON PHILIPPE. — DON LUIS DE CYiNTHO.

DOM TOMASSO FARGÈS.

Des Nobles du Roi, des Archers, des Dominicains,

DES Carmes déchaussés, des Bourgeois, des Montagnards,

DES Pauvres, des Pèlerins, des Infirnies.

LE PÈLERIN haletant, qui se soutient à peine

Pauvre de ce parvis!'

Pauvre de la grand 'route !'

LE PÈLERIN

Est-ce enfin le lointain Carmel d'Albe i*

LE PAUVRE

Sans doute.

Ici, l'église. Là, le cloître.

Joveui, le pèlerin prend de l'eau bénite, se signe en baisant le rebord du bénitier. Cependant il s'inquiète.

LE PÈLERIN

Mais je suis Si vieux, j'ai tant marché sous tant de ciels depuis Mon gîte de pierraille aux âpres Pyrénées, Que j'ai grand'peur d'avoir mal nombre les journées; Frère, le quart d'octobre est-il passé déjà. Pendant que mon bâton pèlerin voyagea ?

LE PAUVRE

C'est aujourd'hui le quart jour d'octobre, mon frère. L'an mil cinq cent quatre-vingt-deuxième de l'Ere Dominicale.

LE PÈLERIN élevant la croix de son bâton

Gloire à la sainte Merci !

Il s'est assis en face du pauvre.

LE PAUVRE

Que veux-tu donc, ce jour, dans ce Carmel ?

LE PÈLERIN

Voici.

Je fus un grand pécheur ! Aux forêts, aux monts chauves. Compagnon des bandits embusqués et des fauves, Mon jeune âge pillait, tuait en blasphémant. Et quand, vieilli, d'un air humble et piteux qui ment Je gueusais après messe ou vêpres, le dimanche, Mon bras qui tremble avait un couteau dans la manche. Je tombais à l'enfer d'un poids de fruit pourri. Une fois que j'avais d'aventure guéri Dans ma hutte un chamois qui saigne, avec des herbes. L'ange de Dieu, vêtu de pourpre et d'ors superbes Visita mon sommeil et dit : « Vois-tu, pécheur. Se lever au couchant du monde une blancheur? » Puis, vers le jour du temps et le lieu de l'espace : « Va ! c'est là qu'une vierge aux mains pleines de grâce

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