‹ Sainte ThérèseChapitre 51 sur 146 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

OlTic à ce vieux, sans calcul de merci, j'une en ton nom...

^lontrant la pauvresse qui a imploré pour son fils :

et l'autre au nom de celle-ci.

Le riclie homme fait ce qui lui est ordonné. — Un silence. — Don Luis se tourne vers la pauvresse.

Ion enfant est guéri.

Il se tourne vers le riche homme.

Ta fille est délivrée.

]nr l'aumône, du pauvre au Seigneur transférée, \st la pierre que Dieu jette au Mauvais Esprit ! Va, maintenant, allez en paix dans Jésus-Christ.

Ils se retirent en des saluls de respect. Don Luis de Cynilio, qu'observent, du fond à gauche, \imeira, Balhan, Frcol, se dirige vers le couvent de 1 Incarnation. Tout à coup, rapide, alfairé, furtif, le Père Andrcs .\lmadcira, venant de droite, s'approche do don Luis.

LE PÈRE A >• D R È S

à voix basse

Monseigneur!

Qu'est-ce? Vous, Père Andrès. Les saints Anges Vous bénissent!

LE PÈRE AXDRÈS

Qu'au ciel ils chantent vos louanges!

Retournez sur vos pas. Un piège est préparé Contre vous. Ecoutant, là-haut, sur le degré. J'ai surpris le complot rpic Fargès vous fait tendre.

i)oy LUIS

Mif'ux eut valu ne pas écouter ni surprendre. D'ailleurs, seul, sans défense, et bien faible en effet Par le péché tenace et le zèle imparfait. Que puis-je redouter, d'oîi que l'enfer sévisse. Lorsque je viens, avec mon Dieu, pour son service?

LE PÈRE A>'DRÈS

Dès l'heure que je fus par la Grâce inondé, Je votis suis humblement docile! Perinde Ac cadaoer. Voici le bas-fond, — et lu cime !

L'aigle! — et le ver. Pourtant, 6 révérendissime.

Croyez-moi. L'on peut, oui, par des proj)os taquins,

Piquer l'inquisiteur et ses dominicains.

— Je m'y complais — mais non les défier en face.

Leur bon ami le diable est très fort, quoi qu'on fasse!

Embusquons-nous, il faut ruser avec Satan,

Et par une glissante obliquité...

Va-t'en.

Le Père veut insister. Don Luis le chasse d'un geste

En sommes-nous donc là, Sainte Eglise! qu'il faille Que Jésus soit servi par cette valetaille?

Il songe. C'est presque tout à fait la nuit.

Mais un ange est venu, la grâce dans la main.

Il va vers le couvent. Quatre hommes vêtus d'étolTe sombre, — sortes d'estafiers, aux gages du Saint-Office, — sortent de l'église, se placent devant la porte de l'Incarnation. Don Luis s'arrête, les regarde, se souvient de l'avertissement donné par le Père Andrès. Il parle avec une excessive politesse, même humblement.

Senors, vous plairait-il de laisser le chemin Plus libre?

Personne ne répond.

Je voudrais heurter à cette porte, Senors.

Très doucement :

Je ne suis rien qu'un doux prêtre. J'apporte Les consolations divines à la sœur Thérèse qui m'allend.

De même :

Je parle avec douceur, Bons senors.

De même :

Remarquez qu'afm de vous complaire, J.* ne mets dans ma voix ni hauteur ni colère. Daignez...

Plus doux encore :

Je suis Don Luis. Oui, c'est mon humble nom

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