‹ Sainte ThérèseChapitre 7 sur 146 · X I -AI E I R A · texte numérisé non relu

X I -AI E I R A

Pour l'orgueil De vivre que la peur n'éteint plus dans ton œil! Pour ton refus débile et ton rémords précaire, Pour l'impudeur de tes chastetés de naguère, Et pour l'inquiétude obscure de ton front faite d'humilités qui se révolteront!

Avoc une Icndre^^c cajoleuse, en le conduisant vers VEcce honto :

Mais surtout, —viens, ton dieu, contemplons-le, — je t'aime,

Prélrc déjà coupable et bientôt anathcme,

Parce que, triste et pâle et non moins beau que lui,

Kogards où la ferveur du martyre avait lui.

Mais qu'à présent l'espoir d'une autre joie embrase.

Tu semblés, toujours plein d'amour, et tout le vase

De ma chair odorante à tes pieds incliné.

Un Christ encor, par sa Madeleine damné!

ERVAXX

Sacrilège !

lO SAINTE THERESE.

XIMEIRA

De la colère?

Elle passe devant lui, coquette, parle à mi-voix.

Je t'assure Qu'à ta perdition suffisait la luxure.

Il tombe assis devant la table, accablé de bonté. Elle hausse l'épaule, gahnent. Elle va vers une espèce d'armoire, au fond, à droite, elle l'ouvre.

Du pain, de Teau.

Moqueuse :

C'est jour de jeûne?

Elle redescend vers la table, où elle pl.ice un plat — poterie grossière, — des fonrcbcttes de bois, des assiettes de grès, qu'elle a pris dans l'armoire ; s'epprocbe du petit sac tombé à terre.

Heureusement

J'ai mieux.

Du sac elle tire des vivres.

Cette perdrix fut dorée au sarment Dans un vignoble en fou I

Elle la met sur l'une des assiettes.

D'autres fois on cuisine Sur un brasier d'écorce attisé de résine; Et tout le vaste bois en est incendié!

ERVA>X

Hein?

XIMEIRA

Je ris.

ERVA>>'

D'où te vient cela?

J'ai mendié.

Elle tire du sac un flacon.

Du vin !

ERVAXN

Dans un flacon d'argent?

D'argent très fin.

jNIème, je pense,

FKOLOGLE. 11

En tirant du sac un hanap, — une sorte de calice

Je l'eus peut-être en récompense De n'avoir pas bu seule au hanap ciselé.

Perfide !

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