‹ Sainte ThérèseChapitre 77 sur 146 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Si l'âme encore hélas ! captive Doit sans jamais te voir râler de te chérir, Fais-moi mourir pour que je vive, Je me meurs de ne pas mourir!

XIMEIRA

Lumineuse, on dirait qu'elle ne fait pas d'ombre Sur la colhne. Si, c'est moi, son reflet sombre.

s'élevant davantage

Mais il m'a dit : « Tu dois au monde un très long jour Et puisque ton amour me touche

Je descendrai vers la maison de ton amour Et je visiterai ta couche! » Maître! en mon sein qui s'effarouche.

Mets le pain de la Force et le vin du Désir, Pour que, d'un baiser de ta bouche, Je me meure, sans en mourir!

XIMEIRA

Sur ma couche claustrale, après l'hymen étrange, L'époux, hélas! n'était pas même un mauvais ange!

THÉRÈSE

Comme il tarde! Pourtant, fiancé des douleurs,

J'ai pour les seules noces vraies Mis à mes yeux du sang-rubis, des perles-pleurs,

A mon cou des colhers de plaies.

Toi qui de mes tourments te paies.

Cher Bourreau ! je suis belle assez pour t'acquérir

Puisque j'endure sur tes claies

L'âpre mort de ne pas mourir.

XIMEIRA

Puisque d'aflre et de sang il sied qu'on vous décore, Ah! coquette, je vous ferai plus belle encore!

THÉRÈSE

Il ne vient pas ! Quelque autre a mieux souffert pour lui D'un amour aux plus durs cilices !

Infidèle ! du moins, de ce cœur, ton ennui, Ne détourne que les délices,

Il8 s. VI ME TIIKUESE.

Mets plus de fiel dans mes calices.

Qu'encor mon mal s'accroisse à l'espoir d'en guérir Et redouble tant mes supplices Qu'enfin je meure d'en mourir !

Par ta sublime faim toujours inapaisée.

Oui, souflre autant que j'ai soulTert de la nausée !

— Mais tu vivras puisqu'il le veut, et puisqu'il faut

Qu'oiselet pantelant aux ongles d'un gerfaut.

Tu raies, des dix doigts de ma bainc écharpée.

Lorsque Ervann . . .

Une éloile lilante a Iraversù le ciel au-dessus de la croix. THÉRÈSE

Ail : I

Qu'a-t-ellc ?

THÉRÈSE

Se dressant dans une angoisse d'exlase.

Ah! frappée! oui, frappé] D'un glaive irrésistible, en un geste d'éclair. L'ange annonciateur m'a traversé la cbair. La blessure s'acharne, et s'espace, infinie. Épouvantable extase ! Adorable agonie !

C'est que tu viens ! C'est que tu viens ! Et je comprends. Comme un époux parmi l'escorte des parents Fait remettre à l'épouse, avant qu'il ne l'embrasse. Quelque illustre joyau, relique de sa race. Tu m'as mis en présent nuptial, ô vainqueur! L'un des Sept Glaives de ta Mère, dans le cœur. Mais, à présent, le fer plus large et plus acerbe Se meut comme une faux tranchant l'ivraie et l'herbe. Tout ce qui fut en moi le monde et le péché Meurt, tombe et, hors de moi, se disperse, fauché. Car il faut au Seigneur vers la demeure offerte Un chemin libre et pur ! Ma plaie est grande ouverte ! Entre ! Oh ! tu viens j Voici mon cœur! marche dessus.

A ce moment, une forme, d'une part rougie par la fumée du Quemadero (c'est ce côté que voit

Qu'est-ce donc quelle voit, là-haut

Elle resrarde et hurle

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