‹ Sainte ThérèseChapitre 88 sur 146 · XI ME IRA · texte numérisé non relu

XI ME IRA

C'est bien lui. Je le retrouve!

Je le vois! Je l'entends! Je le touche!

ERVANN

plus brul<il encore.

l>ail(-

J'ai pleuré, crié, râlé, langui Tant d'heures d'un si long désespoir vers cette heure! l]t je languis, je râle, et je cric, et je pleure De délice, à présent! Mon cœur était pareil A de l'éternité d'ombre, — c'est le soleil!

Qui veux-tu déchirer, ô bète hérissée!

X I M E 1 R \ sans vouloir répondre, loule à sa propre exaltation

Aulrctois, je t'aimais, et tu m'as repoussée.

Tu fis bien. Le péché, bien que j'aimasse tant,

Allumait dans mes yeux le rire impénitent.

Mais, le mépris, la faim, la soif, tout le martyre,

Je l'ai subi. Cinq ans. (ils peuvent te le dire.)

J'ai mendié, quêtant à- chaque bruit de pas

La désillusion que tu ne reviens pas!

0 mon Dieu! Madeleine était superbe, et pleine

De fautes, quand son Dieu fit grâce à Madeleine ;

C'est après le pardon qu'elle se repentit ;

Moi. j'ai soulïert, d'abord, plus qu'elle ne pàtil;

Et tu peux bien fléchir ta justice cruelle.

Même moins doux que lui. pour moi, meilleure qu'elle.

— Eh bien! non. Qu'un amour trop vil pour ta pitié

Soit de sa pénitence même châtié;

Inexorable Dieu que la prière irrite,

Sois d'autant plus cruel que moins je le mérite;

Mais soulïre, plus fervente encor que je ne fus,

La servante à genoux de tes divins refus!

Que j'endure par toi. mais près de toi sans cesse!

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