ACTE III. iSg
Et, si tu n'en veux pas agréer la caresse. Foule du moins, malgré les bonheurs expiés. Mes doux cheveux sous la colère de tes pieds! r. u V A X X
après une rêverie
Mon propre repentir attendrit ma colère. Pauvre femme!
XIMEIRA
dans un cri de joie
Il m'absout!
EUVAXN
Mais réponds.
XIMEIRA
Il tolère
Que je l'adore !
Dis que celle que tu hais Ce n'est pas elle! Dis qu'en tes affreux souhaits Ce n'est pas elle, esprit, que lu poursuis, femelle! Dis cjne ce n'est pas, dis que ce n'est pas...
X 1 M E Ili A redressée comme une bête furieuse
C'est elle!
Elle qui vint, un soir, de son doux geste bleu Précipiter l'enfer où je t'aurais fait Dieu ! Elle vers qui, cinq ans, comme à l'astre qui monte Un crapaud, j'ai pleuré du marais de ma honte! Elle, que, seule, après l'absence, après le temps, Ton cœur adore, espère, attend! — Car, tu l'attends! Sinon, pour quel motif serais-tu là:' Sans doute, Comme moi, tu la vis qui prenait cette route. Et tu l'attends pour aspirer, comme tu dois. Ce que garde de ciel l'air qu'ont signé ses doigts! Moi! Que suis-je! la chair, le sang, l'amour, la vie Inassouvie encor d'être plus assouvie.
L'instinct superbe où l'homme en l'imbécillité De la peur eut besoin de voir un révolté. Tu préfères, pâlie et mourante de plainte.
l4o SAINTE THKRÈSE.
L'extase, en l'autre Rien, d'une âme! Ah! cette sainte! Je la tiens 1 Et ce dont il faut se réjouir Pour elle, c'est qu'elle ait de la joie à souffrir. vAWxyy
Monstre! Mais non, vouée aux saintes récompenses, Rien de toi ne la peut atteindre.
XIMEIRA
Tu le penses;' Penses-tu, toi, Balban, qu'ils me reconnaîtront Sous la mitre que met cette torche à mon front?
Elle a arraché du socle la torche de résine, se rue, se hisse sur la hauteur, vers le sabbat, elle crie :
Peuple d'ombre, cohue oii l'enfer humain vibre De rancune lâchée et de blasphème libre. Tournez-vous, ô vaincus! vers qui vous vengera!
Alors des voix d'en bas crient vers elle, tandis qu'apparaissent, se hissant, des têtes sombres et
horribles.
DES voix
Ximeira!
Ximeira !