PROLOGUE
Que le Seigneur m'éprouve avec tant de iDonté! »
Il s'est tourné vers le lit. Il continue :
On parlait d'une femme, empirique célèbre;
Je conduisis ma fille à Bécèdas sur l'Ebre,
Avec sa sœur de voile au Garmel d'Avila,
Juana Suarez, et la servante que voilà.
Et les valets. — La route est longue, Apre, escarpée,
Sans chapelle...
Montrant la gartle de son estoc :
On priait vers la croix de l'épée, Les genoux sur le roc ardent qui les brûlait; Mais, tintât la clarine au harnois d'un mulet, Thérèse, que son mal mordait sans fin ni cesse, Disait tout bas : « C'est la clochette de la -messe! » Et de rire! Déjà sainte, elle s'avouait Fillette; et le martyre était son cher jouet. Hélas! la guérisseuse accrut la maladie. Il fallut remporter blême et toute roidie Ma pauvre enfant sur un grabat presque cercueil. Nous allions comme la procession d'un deuil. ' Vivait-elle? Les soirs d'azur d'or, sous le voile. Son œil s'ouvrait parfois comme un écho d'étoile, Et si des mendiants vers son mouvant chevet Tendaient la main, son bras inerte retrouvait Assez de force pour le geste de l'aumône. Ce soir, sous le lourd ciel, comme la foudre au cône Des sombres monts crevait, elle pria! levant Un front qui défiait le tonnerre et le vent. Nous cherchions quelque asile, une auberge, une grange... Dressée, elle affrontait, vierge au courroux d'archange, Les yeux pleins de victoire et de compassions, Le démon de l'orage et des tentations; Et son signe de croix faisait contre l'Adverse De l'eau bénite avec les gouttes de l'averse! L'orage s'apaisant, nous sommes arrivés Jusqu'à la ville où dans le Seigneur vous vivez; De son geste d'aumône aux pauvres de la route
Thérèse a désigne votre seuil. Dici sans doute L'a voulu. Puissiez-vous, par sa bénignité. N'avoir pas à la mort fait l'hospitalité!
L I s O A II D A
Elle dort, doucement.
vos s AN CHEZ
Se réveillera-l-elle?
11 s'accoude au chevet. Lisoarcla,qui vient tl'étendre un manteau sur Thérèse, se relourne à demi vers Ervann qui s'approche.