‹ Sainte Thérèse; drame. Édition conforme au texte originalChapitre 135 sur 137 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

En effet, par le porche de droite, dont elle avait laissé la petite grille ouverte, Sœur Juana s'approche vivement tandis que, à gauche, les Carmélites et tous les autres personnages ont reculé, à peine, toujours inclinés vers l'estrade.

Je l'ai trouvée au lieu fatal !

Le coude au roc, le flanc à l'épinier brutal, Comme la pécheresse au désert pénitente, Et contemplant d'une âpre avidité d'attente Des os blanchis, d'haleine et de larmes usés.

Ximeira, vieille, rompue, Jiaillonneuse, ses maigres bras, ses maigres jambes, brûlés de soleil, écorchés de ronces, paraît à la petite grille ouverte, trébuche, exténuée; ses cheveux gris, où restent des rouilles d'or, sortent de la capuche en lambeaux qui cache à demi le visage.

Vois! ses membres comme à coups de barre brisés Soutiennent mal le corps décharné qui se voûte Dix fois elle a failli succomber sur la route, Glisser au gouffre dans un torrent de cailloux.

Sur un signe de Thérèse, Juana a conduit Ximeira vers l'estrade.

0 ma Sœur d'ombre hélas! me reconnaissez- vous P

XIMEIRA

sans lever la tête, à voix basse :

Oui.

THÉRÈSE

Vous n'attendiez pas dans votre nuit hagarde Mon message.

Souvent j'ai pensé : Gomme il tarde!

THÉRÈSE

Tu sais ce que réclame, au bout de nos chemins, Celle qui parle avec la Grâce dans les mains?

Oui. Pour plus de douceur aux doux instants funèbres Votre jour désira le pardon des ténèbres.

THERESE

Et je voulais aussi hors du mal ténébreux Apaiser de clarté ton grand cœur douloureux.

Page 1