‹ Sainte Thérèse; drame. Édition conforme au texte originalChapitre 20 sur 137 · E R V A IN N · texte numérisé non relu

E R V A IN N

Je passerai.

THÉRÈSE

Si, haletante.

Elle vous frappe et rit au sang, d'nn rire fou, Vous la repousserez...

Elle licsile, comme tout à l'heure.

...en lui serrant le cou (Car l'Ange piétina Lucifer, et Saint George A fait rendre l'Enfer au Dragon par la gorge!) Et passerez.

ERVANN

Je passerai.

Mais dans la chair Vous garderez jusqu'au plus proche autel le fer Et l'oli-irez avec le sang qui s'en égoutte.

J'ofl'rirai ma hlessure et je suivrai ma route.

THÉRÈSE

Pieds nus, ayant troque votre robe aux haillons

D'un mendiant; brûlé des torrides rayons

Ou cinglé par la neige aux blafardes iurics;

Chassé des bourgs, logeant dans les léproseries

Près des hideux grabats oii votre charité

Ne prendra point le mal pas encor mérité;

Du pain qu'on vous jeta pour vous seul économe.

Vous marcherez dans les opprobres jusqu'à Rome

Afin que le Saint-Père à vos pieux desseins

Accorde le congé du voyage aux Lieux Saints.

Si, pour payer votre passage en Palestine,

A bord d'une tartane ou d'une brigantine,

Une aumône vous est olïerte, acceptez-la,

Mais, comme fit don Inigo de Loyola,

Sur un jDavé du port laissez tomber la somme

Dont se réjouira la misère d'un homme,

Et montez sur la nef, pèlerin indigent.

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