‹ Sainte Thérèse; drame. Édition conforme au texte originalChapitre 23 sur 137 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Dans Avila-dcs-Chevaliers, sur une place, ou plutôt au confluent de plusieurs rues et ruelles. Le carrefour — portes défendues par d'étroites fenêtres, fenêtres étroitement grillées — n'est pas très spacieux.

A gauche et à droite, tout à fait au premier plan, une ruelle, sans doute très peu large, dont les deux tronçons se font face; à gaucho, une statue de saint; à droite, une fontaine.

Plus haut, à gauche, le portique de la petite église de l'Incarnalion, précédé de marches en biais. Au delà, un peu en arrière, l'entrée du couvent; entre la porte de l'église et celle du couvent, une petite hauteur de pierre formée de deux escaliers, sous une image de Saint-Joseph. Plus haut qne le couvent, une rue qui monte vers le Quemadero invisible, et vers le chemin de la Croix, dont on distingue dans le bleu intense du ciel la dernière chapelle et le grand crucifix..

Au fond, en face, des maisons à l'avancement inégal, et qui se tassent l'une à l'autre. Elles s'écartent pour laisser voir, au loin, la moitié d'un vaste mur blanc, où des jeunes hommes jouent à la pelote.

Une rue montante, faisant pendant à celle qui mène au Quemadero et au Chemin de la Croix, conduit à la Plaza Mayor, où ont lieu les <( duelos n — combats avec les taureaux.

Plus bas, et débordant sur le tronçon de ruelle, une boutique de barbier, pleine de gens qu'on accommode, et qui répand sur la place la plus grande partie de sa clientèle, debout, allant, venant, ou assise sur des escabelles, attendant le tour de barbe en jouant au bilboquet,

'|(1 SAINTE THKKESE.

— d'énormes bilboquets de buis peinture, — en pinçant de la guitare. I.à sont des étudiants fort dépenaillés, des gens de la campagne, venus à Avilapourla double fête, des bourgeois de la ville, de ces bravaches que Cervantes appelle les « bravos de la liampa » et qui portent « la moustache cirée, le feutre à larges bords, le justaucorps de buffle, les bas de couleur, le nœud de rubans à la jarretière, la longue rapière » ; des '< Cuabreros », des « Frainets », des u Taragotes )>. Et partout, grouille une foule de tous cùlés harcelée de mendiants cyniquement loqueteux, de vendeurs, de vendeuses de fruits et d'eau fraîche ; foule parmi laquelle abondent les ruffians et les pellejas; mais l'on y voit aussi de fort élégants cavaliers et des dames, très voilées, que suivent leurs écuyers, ou leurs duègnes, et que saluent leurs galants. C'est surtout du couvent de l'Incarnation, que viennent les personnes de bon rang; elles s'arrêtent sur le seuil, pour causer avec des nonnes carmélites qui les ont accompagnées jusque-là, — et traversent le populaire. Au fond, un amant, devant la giille du rez-de-chaussée, et sa belle, derrière la grille, « plument la pavane )). Le gros de la multitude est vêtu, mal vêtu, d'intenses couleurs foncées, où éclatent violemment de l'écarlatc et du jaune. Les personnes élégantes portent les toilettes absurdement jolies, exagérées jusqu'à la bouffonnerie, du temps de Piiilippe II. Çà et là, surtout près de l'église, des Béates, sorte de Béguines espagnoles, — et deux Familiers du Saint-Office, rodant et observant.

Mais au lever du rideau, beaucoup de gens forment, presque à l'avant-scène, une longue file, venant de gauche, en demi-cercle, marchant à petits pas vers l'église qui paraît déjà pleine. Les cloches sonnent à toute volée. C'est sous le plein soleil.

XIMEIRA.

Une vieille Béate. — Une jeune Béate.

Une autre vieille Béate. — Une autre jeune Béate.

Une Bourgeoise. — Une Pelleja. — Une vieille Femme.

l NE Petite. — UtfE autre Petite. — Une jeune Demoiselle.

Une Vendeuse de fruits. — Une belle Fille.

La Sceur Tourière.

DON LUIS DE CYNTIIO, provincial de la Compagnie de Jésus.

BALBAN,

bravache, voleur, ruffian.

ERCOL, ruffian, voleur, bravache.

ANDRES ALMADEIRA, de la Compagnie de Jésus. FRA QUIROGA, dominicain. — Un Familier du Saint-Office. Un autre Familier. — RUY, frère lai, servant de fra Quiroga.

Un Hidalgo. — Un vieux Cavalier. — Un jeune Cavalier. Un Barbier. — Un nouveau Chrétien. — Un vieux Licencié.

Foule : passants, cavaliers, dames, demoiselles, nonnes, duègnes, ÉcuTERS. — Spadassins, cavaliers, toréadors, « pones >> (Piqueurs qui excitent le taureau), muletiers, voleurs, mendiants, marchands et marchandes de CHATAIGNES, CUABRER03, FRAINETS, TARA- GOTES, ETC., ETC.

Dans riiiiiversel brouhatia :

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