‹ Sainte Thérèse; drame. Édition conforme au texte originalChapitre 22 sur 137 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Que fais-tu làP

Il a pris une corde. Il place le hàlon contre le mur, et la corde sur un escabeau près de la porte. Ximeira le regarde de tout près.

Tu n'as plus l'amulclte au cou?

Tandis qu'il va vers la petite armoire, d'où il emportera un sac, une gourde et du pain :

Voyons, tu n'as pas pris au sérieux, je pense. Le repentir et sa céleste récompense?

Il descend vers la porte.

Pourquoi t'éloignes-tu, sans geste, le front bas, Vers cette porte?

Il lend la main vers la serrure. Ximeira se jclle sur lui.

Ervann! tu ne t'en iras pas!

Je t'ai pris. Je te garde! Allons, c'est une chose Absurde de partir sans raison. Dis la cause!

Il fait un [)as.

Quoi! cette nonne, ingrat, la veux-tu donc d'amour?

Il va l'écarter pour passer. Elle tombe cà gcnouï. Elle l'enlace, elle pleure.

Ah ! reste ! Toi parti, ce serait à mon tour De partir, pour plus loin. J'implore tes sandales. Pitié! Grâce! Demeure! Oh! les morts sous ces dalles S'attendriraient. Es-tu plus sourd que le cercueil?

Il l'écarté, avec plus de résolution; elle se dresse, s'élance vers la table.

Regarde, Ervann.

Elle a saisi un couteau.

Je meurs dès ton pas sur le seuil.

Impassible, il se tourne tout à fait vers la porte et va sortir. Elle le suit. Elle est debout devant l'image de la Sainte Vierge. Avec de l'ironie et de la rage :

Quoi! Chrétien, il te plaît que ton autel s'arrose De mon sang?

Elle a monté une marche.

36 SAI>TE TIIÉUÈSE.

Oui!* telle est la Vertu qu'on t'impose?

Dès qu'il lire le large baUant, elle fond sur lui.

Si tu ne parles pas, lu vas, prêtre têtu, Crier!

Elle l'a frappé au bras, près de l'épaule, assez profondement Sans un sursaut, ij la prend au cou de la main de son bras blessé, et la renverse. Elle tombe avec un cri de douleur et de colère. Il ne s'attarde pas. Sans toucher à sa blessure, il veut achever d'ouvrir la porte. Mais il voit l'autel et se souvient. Il s'agenouille devant l'image de Marie, tire le couteau de sa cliair, le pose, sanglant, sur la nappe du petit autel, dit une courte prière et se signe. Il s'en va lentement, sans un regard en arrière. Le seuil, devant lui, est tout rose de la clarté du matin. Ximeira s'est soulevée, les mains au cou, halelante.

X I M E I il A

Satan ! Satan ! ah ! que n'existes-tu !

Elle retondae, se relève, se traîne vers la porte, pour suivre Ervann...'

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