‹ Sainte Thérèse; drame. Édition conforme au texte originalChapitre 46 sur 137 · EU COL · texte numérisé non relu

EU COL

Reviens à nous! Là-bas. au vallon des Viornes

Où croule encor l'autel d'un dieu bouc par les cornes,

C'est le Sabbat, ce soir! Certe, il est bien déchu :

Pour Diable, un sacristain qui chausse un pied fourchu,

Mais c'est encor très bien, en tant qu'ignominie;

Et lu rallumeras de ton sombre génie

«iti SAINTE THÉRÈSE.

Les noces d'épouvante et d'orgueil, d'ombre et d'or, De la duchesse Hécate et du roi Belphégor! Viens.

XIMEIRA

Non.

Elle s'assied.

Vous, retournez dans la libre aventure.

Que la hart vous épargne! et mourez sur la dure Dans quelque duel contre les dieux, pauvres Titans!

BALBAN

Pourquoi restes-tu là?

XIMEIRA

en un sursaut

Parce que je l'attends !

Oui, lui, ce prêtre, Ervann. Toute une nuit, rampante, Dans le sable ou les rocs, sur la côte ovi la pente, Je l'ai suivi, criant son nom, reconnaissant Sur le chemin sa trace aux gouttes de son sang. Puis, plus rien. Où, comment le rejoindre? Alors, lasse. Mi-morte, je me suis traînée à cette place, Et je l'attends.

BALBAN

Eh! quoi? tu l'aimes, Ximeira?

XIMEIRA

Comme l'on hait! avec l'espoir qu'il saignera En des tourments toujours parfaits! avec l'envie D'entendre râle à râle agoniser sa vie Sans fm mourante, morte, et renaissante pour, Après l'avoir refait, faire encore le tour, Sous ma fureur ruée en lanières d'asphaltes, D'un clique de torture aux déchirantes haltes! Ou bien j'inventerai, folle de son dédain, Quelque supplice énorme, inattendu, soudain, Unique, oii toutes les douleurs, âpres crieuses. S'assembleront ainsi que des sœurs furieuses, Afin que, renîments, abandon, trahison.

Solitude et misère au seuil de la maison, Mauvais destin qui gagne à l'espoir leurs gageures.

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