ACTE III
JNon loin d'Avila. Dans la Sierra de Malagon. Montagnes aux cimes neigeuses. Une sauvagerie noire et rude, avec des sommets blancs.
La scène est lormée d"un carrefour de sentiers, de lits de torrents à sec. — A gauche, au premier plan, sous des broussailles de viornes aux fruits rouges, une ouverture de rocher, par oîi l'on débouche de quelque ravin profond; à droite, au même plan, la ruine d'un autel de Bacchus, qui s'écroule vers le gouflVe qu'on ne voit pas : il ne subsiste sur la scène, parmi des grimpements de viornes, que de basses colonnades brisées, avec des tètes de dieux cornus; un peu isolé, le socle d "une statue écroulée, avec, devant, des fragments de la statue, par grands blocs. — Plus haut, à gauche, une rampe pierreuse, encombrée de troncs renversés et de viornes grimpantes et retombantes; mais le chemin continue vers la droite, marqué par une croix de bois penchante, et, plus loin, par une toute petite chapelle de bois, où l'on distingue une image de sainte, et qui est suspendue à un arbre ; de la droite, se déroule, à demicachépar la descente de gauche et par les ruines écroulées du temple, un autre chemin qui vient des hauteurs.
Toute la scène, au bord surélevé du côté du lointain, longe un précipice invisible, très vaste sans doute, au delà duquel s'érige la montée vers les cimes de neige.
C'est la nuit, dans une bourrasque par intervalles.
Au lever du rideau, les disciples de l'Advenu sont assis ou covichés dans les débris de l'autel, lis sont douze, hommes et femmes. Les hommes — moines défroqués, docteurs illuminés, vagabonds des
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cultes et de la chimère, — éveillent l'idée d'un banditisme sacerdotal ; ils ont, à des bâtons, des croix de fer, armes redoutables; mais le sacerdoce domine. Il y a, parmi eux, avec des Espagnols, des Italiens, des Allemands. — Les femmes ont, les unes, une audace de révolte ou, encore, une soumission de cloître. — Une toute jeune personne, délicate et faible, et tendre, se serre contre un jeune homme; elle a été novice, lui, postulant.
L'ADVENU. — BALBAN. — ERGOL.
Le Berger. — Les Hommes Disciples d'Ervann.
Ceux qui vo.nt au Sabbat.
THÉRÈSE. — XIMEIRA. — .lUANA.
La Sorcièbe.
Les Femmes disciples d'Ervans. — Celles qui vont au Sibbat.
Les Carmélites qui accompagnent Thérèse.
LA NOVICE tremblante sous le vent et le froid
Qu'il fait sombre!
l'ancien des disciples
à l'une des femmes
Attisez la torche de résine.
A un jeune servant :
Toi, lis.
UN DISCIPLE
Ervann s'attarde à la ville voisine.
Qu'y fait-il, seul ?
LA NOVICE à son ami
Pourquoi nous laisse-t-il ainsi?
l'ancien DES DISCIPLES
Le Maître sait et veut.
le servant
qui ouvre un livre
OÙ dois-je lire?
l'ancien
désignant du doigt un chapitre
LE DISCIPLE
Près d'abjurer le froc, les Bernardins d'Olmède Nous attendent.
LA NOVICE
J'ai peur, le Maître absent!
Un son rauque et déchirant, au loin, dans la sierra.
Dieu m'aide!