ACTE III. l
Il en affuble un gitano :
Un peu vieille. Quand même Endossez-la. C'est bien porté pour le blasphème.
EKCOL levant une défroque, costume de démon
Béryl, duc des enfers, qu'on adore au Pérou!
A un affreux escogriffe, déguenillé, sordide :
Vous serez de la cour, cher duc.
BALBAN
Un loup-garou!
Sa gueule! et le soufflet qui sait toutes les gammes De l'aboîment! Et l'on mord le mollet des dames.
E II c o L Autre diable : Abbigor, chevaucheur de griffons ! Comme l'infini noir, la culotte est sans fonds.
BALBAN
Juif, prends ce Dieu-le-Père !
Et cette fustanelle Moresque espère un sein doré, qui pointe en elle!
A une fille de qui la chemise est bien tirée sur In gorge.
Le vôtre!
BALBAN
à un jeune garçon, dépenaillé, l'air ahuri
Eh! tournez-vous un peu de ce côté.
Petit!
Après examen :
N'avez-vous pas, tout nu, — c'était l'été! — Dans Albe, ville en fleurs entre ses deux rivières. Reçu sur Aotrc dos sept cents coups d'élrivières, — de Porras ! — pour avoir, jeune et poète cncor, A l'autel de Jésus cueilli quelques lys d'or.*^
Lui offrant un costume de bourreau :
Acceptez donc, senor, ce bourreau fort sortablc; Vous serez habillé d'un souvenir aimable,
l3G SAINTE THÉRÈSE.
Ils jettent le reste des haides à la foule qui les revêt ou les emporte.
Et prenez tout, sorciers de la ville et du val! Nous avons habillé l'Abîme en carnaval.
Les ijruits dans la vallée se sont exaspérés. Des tambours de basque, des guitares, des castagnetles, des libres, blasphèment la messe parmi \in tumulte montant.
Il hurle et rit d'horreur en la ruée éparse
De son épouvantable et médiocre farce
Qui crache au ciel divin les tonnerres d'en bas.
E u c o L Il se tait.
BALBAN
Trêve infâme aux immondes ébats.
La sorcière se penche à la Table, et mastique Le sacré corps du diable en fange eucharistique.
IjCS bruits blaspliémaloires recommencent plus violents.
Mais la tourbe, en sursaut, larves d'affreux levain, S'enfle, et, gorgée encor de stramoine et de vin. Mêle en un tourbillon de rire et de morsures Les rages du servage aux rages des luxures. Vorlcx des instincts fous! Et, par saint Belzébuth, Qu'adviendrait-il, Ercol, si quelqu'un^ à ce rut De haine et de désir, qui danse et se goberge. Jetait un grand seigneur ou jetait une vierge?
ERVANN
Ah! ceux-ci sont hideux.
Un éclat de rire parmi les broussailles, à gauche. BALBAN
Qu'est-ce, fils?
ERCOL
Entends-tu Ce cri joyeux de roche en roche descendu?
LA voix DE XIMEIRA
Balban! Ercol! Balban ! Je suis folle de joie!
ERCOL ET BALBAN