CHAPITRE SEPTIÈME
du cercueil par le prince de JoinviUe. Elle n*a-
vait pas été réparée depuis cette époque, et la tombe était restée ouverte. Une échelle de meunier avait été disposée de manière à permettre de descendre jusqu'au fond, et une tofle goudronnée , soutenue par une légère balustrade en bois, avait été tendue aurdessus de la fosse pour en écarter les eaux pluviales.
Le 20 décembre 1859, la mission française se trouva réunie devant le tombeau, avec l'agent faisant fonctions de vice-consul de France et le consul des États-Unis d'Amérique. Celui-ci venait recevoir officiellement, au nom de sa nation , une pierre prise au fond du tombeau de l'Empereur, et accordée tout spécialement par la France sur la demande expresse du gouvernement américain. Cette pierre, détachée de sa place par Fauteur de la présente notice , fut immédiatement enfermée dans une caisse ^ scellée , et expédiée en Amérique pour trouver place dans le monument élevé à Washington par ses concitoyens avec des pierres provenant de toutes les contrées du globe.
Les parois du caveau avaient également souffert ; tout fut remis en état, et le 20 juillet 1860 le cénotaphe fut définilivement clos ; des barreaux identiques avec ceux brisés jadis vinrent les remplacer et reconstituer la grille. Un fossé de drainage fut pratiqué tout à Tentour, pour mieux isoler les murs du caveau de toutes les infiltrations du sol, et Fenceinte en bois, qui tombait en pourriture, iiit relevée sur la même place, suivant les mêmes dispositions qu'elle présentait autrefois. U en fut de même pour la guérite du factionnaire, de même aussi pour les baraques en arrière. Toute tentative pour perfectionner ou embellir Fancien ordre de choses eût inévitablement échoué; il n'était pas possible de se tromper en' se tenant exclusivement à ce qui exista jadis ; c'est là, en eftét, ce qui fut donné comme règle unique à suivre, et Ton ne s*est pas un instant départi de ces instructions.
Pendant vingt ans aussi , quiconque en eut eiH vie put cueillir à sa guise des branches du saule qui abritait le tombeau. Les ordres sévères donnés par M. le gardien conservateur dès le jour