CHAPITRE HUITIÈME
et aride, dans laquelle les arbres font exception, et on ne rencontre plus (pie quelques oasis dans les environs de Longp¥ood.
Tout en suivant le sommet des pentes du Bol de punch, la route est presque sur la crête ellemême ; il ne reste sur la droite qu'un bourrelet plus ou moins élevé, qui abrite tant bien que mal le voyageur des rafales du sud-est. Il voit passer par-dessus sa téte les bouffées de nuages que le vent balaye devant lui, et qui rebondissent à gauche dans les profondeui^s de f abîme.
Bientôt ce masque protecteur s*a£Paisse et permet de revoir Longwood une seconde fois.
On se trouve alors sur la crête entre les deux vallées, précisément au point pai*-dessus lequel on a aperçu pour la première fois ce qui fait le but du voyage; on n a gagné que la largeur du Bol de punchs Huit cents mètres à peine, comptés à vol d'oiseau , séparent encore le touriste de la dernière résidence de FEmpereur. On la voit établie au sommet d'un petit soulèvement du contre-fort qui fîiit au loin vers Thorizon ; les tons frais encore des murailles et des toitures
trompent d*abord Tattente du visiteur; mais en
songeant à Tétat dans lequel cette demeuie se trouvait il y a quelques mois à peine, on com* prend que les travaux tout récents qui viennent d*être terminés n*ont pu être encore estompés par le vent et la pluie. A gauche, et se rapprochant du spectateur, on remarque une longue plantation de pins inclinés d'une manière uniforme par Tinfluence du vent. Des ajoncs rabougris occupent presque tout Farrondissement qui relie Longwood au point où Fou se trouve en ce moment. Plus bas, en s'enfonçant dans la vallée, ainsi que sur le versant opposé, on ne voit quune herbe rare et fanée. Plus loin encore, toutes les pentes s*affaissent, des centaines de crevasses irréguUères, fouillées sur les versants par -les pluies, déchirent le sol, et portent au dernier degré Taspect de désolation de la contrée. L^herbe paraît avoir totalement disparu , du moins ne voit- on à distance que des tons gris ou roug^es, variés seulement par les teintes diverses des couches argileuses mises à nu dans les firadillements du terrain. Le nombre consi-