CHAPITRE SEIZIÈME
le plateau de Francis -Plain, où la milice vient trois ou quatre fois par an faire quelques exercices militaires, et tiier quelques salves d aitillerie. La route que Ton a suivie pour parvenir eu cet endroit, et qui a été habilement ménagée dans les rochers, porte le nom du major fiâmes, qui Ta tracée et exécutée en 1849 j elle n'est pas accessible aux voitures.
Si ou prend au contraii'e F autre route quaud on est au point de bifurcation ci^essus , on ne irancbit pas le ponceau, mais on se retourne au-dessus de la première partie de la route , et Ton monte en contournant un contre-fort arrondi; on passe devant les maisons de Briars, et on finit par rejoindre la route de Lon^ood par laquelle on est sorti de la ville la première fois. A ce carrefour on peut redescendre par un sentier fort roidc dans le fond de la vallée, et on est bientôt sur la route qui fait suite à la ville; un instant après on se reti'ouve dans la me Haute.
Quand on a dépassé le débouché de la route par laquelle on est descendu de Ladder-
iSO SAfNTE-HÉLÉME.
Hill, on a devant soi une construction large et
basse, sans aucune prétention architecturale, dont la destination est annoncée par un écriteau. C est le marché, ou des agjcnts subalternes des notables négociants vendent en détail, trois fois par semaine , à la population de toute rile, les morceaux de second choix des anir maux les moins maigres de leurs troupeaux. On y trouve aussi quelques légumes, si les ua villes en rade n'ont pas ramassé d'avance tous les envois des jardiniers. £a avant du marché la circulation est de temps en temps embarrassée par quelques fagots de branches d'ajoncs , mis en vente pour les besoins de la cuisine. Telles sont les ressources qu oilre le marché de James- Town. Une grande partie de la population , les nè^^res, les mulâtres, et un certain nombre d'ouvriers blancs ne vivent que de riz pendant toute Tannée. D'un autre côté les principaux négociants pour eux-mêmes, et l'administration miUtaiie poui' la tioupe et les officiers, retiennent d'avance tout ce qui leur est nécessaire, et ce n'est plus que l'excédant de ces premières