CHAPITRE SEIZIÈME
vaux étaient évalués, il était forcé de metti^e eu vente le navire lui-inême plutôt que de s'exposer à uu naufrage sur la haute mer. Bientôt après ce même navire , acheté à bas prix , sans concui'rence sérieuse, et réparé à peu de Irais par les ouvriers ordinaires de Tacheteor, s*en allait par delà les mers, avec uu équipage de rencontre , grossir la flotte des correspondants de Sainte-Hélène.
Le voyageur restant encore sous les mêmes arbres, mais bornant ses re^jards à la rue même où il se trouve , a devant lui deux rangées de maisons simples, propres et peu élevées , où demeurent les principaux négociants , et ceux des habitants aisés qui n*ont pas de résidence hors de la ville. Les magasins sont dans des arrière-cours, et sont desservis par des ruelles en arrière au pied de chaque versant du ravin. Des mâts de pavillon indiquent les bureaux des Consulats, qui sont répartis entre quatre maisons de commerce; on y hisse les pavillons nationaux des navii^es présents en rade.
m SAINTE-HÉLÈNE.
Les deux premières maisons de la rue à droite et à gauche ont sur leurs façades des verandahs ou galeries formant à la fois terrasses et balcons à chaque étage. Celle de gauche , en regardant la mer, est occupée par la mess des officiers, c*estràrdire le cercle où ils se réunissent, et où les officiers non mariés prennent leui*s repas. La maison qui lui fait face appartient à la maison Salomon et Moss, dont les bureaux sont un peu plus bas, du même côté de la rue. M. G. Moss fait fonction de vice-consul de France. Cette maison est ce que l'on pom*rait appeler la maison des hôtes. Les propriétaires y tiennent tous les jours et deux fois par jour table ouverte pour tous ceux qui sont en relation avec eux, marins ou passagers, pom* les principaux employés de leurs bureaux, et pour ceux de leurs amis qu'ils rencontient dans la rue aù moment du repas.
Les chambres des étages sont consacrées par les mêmes négociants à tous les passagers notables qui sont à même d*en profiter. Cette hospitalité, toute gratuite de leur pait, na de
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compensation que dans les bénéfices résultant de leurs opérations commerciales et financières avec ceux qui viennent les trouver.
On sait déjà que la rue du Prince Alired s'élargit à sa partie inférieure et forme une petite place dont T entrée est occupée à gauche par une église, avec un clocher terminé par une pyramide carrée. Cette construction, qui n'offre rien de remarquable, est déjà ancienne ; en face est une maison particulière dans laquelle on montre la chambre où FEmpereur passa la première nuit qui suivit son débarquement. Sous les fenêtres de cette maison est un petit jardin public où la musique du régiment vient une fois par semaine distraire les habitants. Plus bas une rangée d'arbres ombrage la façade du Palais de justice; c'est un petit rez-de-chaussée composé de quelques pièces , où certains habitants de la rue Haute sont fréquemment cités pour des scènes de désordre et de dispute. A la suite du tribunal on voit un massif assez considérable de consti'uctions diverses appelé (e Château, entouré d'un mur crénelé , et où sont
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placés les buicaux des diverses administrations, la poste et les magasms militaires. Sur le côté opposé de la place on aperçoit le bâtiment de la douane et ses magasins, puis un hôtel où les passagers fatigués d'une lon^jue traversée viennent passer les nuits que leur navire passe en rade. Entre cette auberge et Féglise une petite maison basse contient les bureaux de Tartilierie du génie et du commandant de place. Deux pièces de canon placées sur leurs aÛûtâ devant ce petit édifice en relèvent Timportance ; et cependant ces bouches à feu sont en quelque $orte hors de service, parce que leurs afïbts sont complètement rongés à rintérieui* et tomberaient en poussière au premier choc. G*est le résultat du travail des fourmis blanclies, qui ont jusqu'ici borné le cercle de leurs opérations à la ville même de .Tamcs-Town, sans atteindi'e ni Ladder-Hill ni Briars. Ces petits insectes rongent le bois avec une rapidité extraordinau*e et y creusent de longues galeries dans le sens des fibres, sansjamais dégrader la sm*fiice extérieure, jusqu'à ce que tout à coup la