‹ SaintGervais de Rouen Église et paroisseChapitre 5 sur 27 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

18 abbés de Fécamp, barons haats-justiciars de SaiDt-

Gemis, y BYSient leur grand-vieaire, leur officiai,

•M^ leur promoteur, leur greffier, leur appariteur, leurs prisons et autres marques de juridiction et de pouvoir féodal. Que de discussions, que de procès paraissaient

chaque jour devant cette juridiction sans cesse en lutte avec celle de Rouen ! Les courts résumés de procès que nous produisons aux pièces justificatives ne peuvent donner qu'une bien faible i loe des luttes que cette redoutable justice eut îi soutenir contre tous. C'était un signe de décadence ; car, c depuis longtemps» les vilains, unis en commune, maîtres des portes et des remparts de leur ville, nommant leurs magistrats, sayaient apprécier à sa juste valeur toutes les pompes de la féodalité. Les abus de ce système, les malheurs qu'A ayait attirés sur la France pendant la guerre contre les Anglais et réeemment encore à la bataille d'Azîncourt, la balne contre les hommes de guerre ipii exerçaient d'horribles ruTages dans le pays de Ceux, avaient exaspéré le peuple contre les nobles. Les divisions de ces derniers contribuaient encore à ruiner leur autorité ^. »

* ChéraSI, « HMaliade Boom mms la *MBjMliMi taglalt^ » p. M.

Notons, avant d'arriver au mémorable siège de Rouen par Henri V, quelques faits relatifs à Saiot-Gervais, tel qu'un arrêt (décembre 4368} de l'Échiquier < par lequel il est dict que les bois de Saint-Gervais ne sont point sujets aux droits de tiers et danger. »

Nous voyons, vers la même époque, des procédures indécises touchant la démolition des halles de Saint-Gervais, démolition ordonnée par le vicomte de Rouen (1 376). La ville, par suite des dilapidations de finances et du luxe effréné du duc de Buuigui^nc durant la démence de Charles VI, était grevée de charges énormes ; elle demanda au duc quelque diminution sur la seconde taille qu'on lui avait imposée Le duc donna une réponse arrogante et négative; mais les Rouennais profitèrent d'un instant de lucidité du roi pour obtenir une ordonnance royale qui les exemptait de toute redevance à la foire de Saint-Gervais (4395), et deux ans plus tard, ils forcèrent les habitants de Saint-Gervais à contribuer aux aides et autres impôts que payait la ville (4397) ^.

Vexés de ne pouvoir lutter avec avantage contre la commune de Rouen, les abbés de Fécamp harcelaient, par tous les moyens en leur pouvoir, le clergé, avec lequel ils pouvaient être supérieurs. Ils firent défense à Guillaume de Vienne, qui était archevêque de Rouen, de porter sa croix et de donner sa bénédiction dans l'église Saint-Gervais et sur les terres ([ui en relevaient. De là un diflerend sur lequel un arrêt fut donné, le 28 d'août 4400, au Parlement de Paris contre Fécamp, et mit fin ainsi k de nombreux abus 3.

Cette défense avait été faite parce que « rarchevèque de Rouen, avec quelques-uns de ses sufiragants, avait proposé, n dans un concile , provincial, de traiter de Vekemption du monastère de Fécamp, moyennant une somme d'argent, dont

* Chéruel, « Commonale de Aouen, » t. ii, p. ttl4.

' Cbéruel, ibid.

* Min, t. II, p. ffiS. — L. Froland, 1. 1.

une partie serait allée Lëe au traitement de certains officiers de l'église, et l'autre k la propajj;ation de l'unité catholique. » Mais l'abbé de Fécarup « refuse de se prêter à cet arrangement contraire au privilé^'e de sa communauté, et fait dresser acte de ses motifs par le ministère de Pierre Barillet» notaire public et juré de la cour épiscopale. Cette pièce est souscrite à Paris, dans le manoir de Fécamp, rue Serpente ^. »

JLes Anglais, profitant des troubles qui désolaient la France, résolurent de débarquer en Normandie. Alors une lettre de Charles, roi de France, donnée à Paris, le 6* jour de février 444 4 , enjoignit au clergé de Rouen de contribuer aux finis de la défense de la ville ^, et le S3 de juillet de la même année, on décide qu'on mettra en réquisition les charrettes de Saint- Ouen , de la Madeleine, de Saint-Lô, de Saint Amand , de Saint-Gervais , du Mout-aux-Malades , <!r (ir iinmont , du prieuré de Bonne-Nouvelle et Je^ autt rs ai bayes < t prieurés, qui « araient charettes en la dicte ville ei banlieue, pour cbarier la pierre qui fault sur les murs et autres choses, pour deffence de la ville. »

Sur les entrefaites, man demen t (1 8 août 4 44 6) de Charles VI pour procéder, devant le bailly de Rouen, sur les oppositions faites aux droits de la foire de Saint-Gervais

Plaçons ici la note suivante, qui n*a aucune importance pour notre récit, mais que nous ne devons pas omettre, notre devoir dliistorien consciencieux nous forçant à la mentionner comme simple fait local.

Après le meurtre de Raoul de Gaucourt, bailli de Kuuen,

' Léon Falloe, « Histoire de la ville et de l'abbaye de Fécamp, » p. 241. ComiDe tontw l«s grandes abiwyes da France, Féctmp aValt un MtH k ' Paris. Sa posilion est encore bien connue des andriuaires parisiens. Von»

en avons vu remplacement trî-s-bicn marqué chez M Albrri Lr-nnir. dans cp merveilIcuT plan du vieux Paris que ce savant prépare pour compléter sa belle Slalùlique monumentale de la capitale.

> Gbémel, « Hisloirade Ronen an iv« siècle. » Notas, p. 7.

« Pfèees Joitlftcatives.

Cbftrles VTI, alors dauphin de France ^ Tint rétablir Tordre

dans Rouen. Il passa toute la journée du mercredi 24 juillet un à Saint-Maur, avant d'entrer dans sa bonne ville de

Rouen

Les Anglais, vainqueurs k Azincourt (Hi5), remportèrent bientôt de nouveaux et grands avantages ; ils avançaient dans notre beau pays portant, comme de coutume, le ravage et la désolation partout où ils passaient, et s'emparant, par des moyens peu loyaux, des places qu'ils ne pouvaient prendre par la seule force des armes. Enfin ils approchèrent de Rouen, dont les habitants avaient changé en désert les faubourgs et les environs de leur cité

n y avait longtemps que Ton avait pris les précautions nécessaires pour rapproche de Tennemi. Nous savons qu'en 4364 , l'église de Saint-Crervais avait été en partie détruite par la bourgeoisie; plus tard, une lettre d Isabeau de Bavière, qui fut exécutée de point en point, contribua à la dévastation complète du quartier Saint-Gervais.

« Lettre d'ïsabel, rayne de France, aient pour roccupation du roy le gouvernement et administration du royaulme,donnée à Troyes, le zxx* jour de janvier Tau mil quatre cens dix sept, adressant aux capitaines et bailly de Rouen :

» Comme il leur estoit mandé appeller le procureur du roy et des plus notables gens d'église, conseillers et habitants de ladicte ville, eulx transporter et veoir les faulxbourgs, églises, maisons fortes estans h Tenviron d'icelle, et s'ils trouvoient à Tenviron d'icelles aucuns lieux, églises, chasteaulXt maisons fortes et autres estre préjudiciables à icelles, faire démolir, abatre et arraser, en telle manière qu'ils ne

• La présence d'un prince, du sang royal, même enfant il n avait que 14 «ns alors), suffisait pour apaiser ces émeutes 6i fréqueoiËS a cette époque.

* « Chfooi<|mi lUNnnmdM, » de P. Cochoa. Ptrii, A. IMahaff» f^S^ p. 432.

» Cbéniel, p. 39.

peussent nuire à ladicte ville an siège que Ton diaoit que les ennemis se préparoient y mettre, semblablement se deux

galees qui estoient devant ladicte ville se trouvoient iiuii ft à icelle ville, que les ennemis s'en peussent aider à faire puiis ou autrement, qu'ils eussent icelles h mettre h lieu sauf se faire se povoit, synon qu'ils les feissent enfondrer ou autrement, en ordonner comme ils trouveroient bon estre ^ . »

c Tout autour de la ville ils avaient même coupé les arbres et les haies de leurs jardins ; ils avaient même brûlé les herbes et les brayères, de telle sorte que la terre était entièrement nue »

Le due de Clarence, frère de Henri Y, campa ' sur les ruines de Saintp^^ervais, brûlé par les Français * ; non loin de lui se trouvait de Gornouailles, un peu plus rapproché de la porte Cauchoise.

And at tbe Port Causes downe thcy drewe A chyrche that vas of Synt Âadreve ; And «Iflo sbbcy thtt itm «f Syot Gerrali, Fbr ikere Uie d«wke of Clenmee loogyde irai *.

Oui ne connaît pas les txch dliéroïsme 6 que firent les Rouennais durant ce siège mémorable. Les poètes, les chroniqueurs et les historiens, se sont plu à raconter cette lutte terrible qui dura cinq mois et demi. La guerre terminée, le vainqueur fiit obligé de soulager la misère du vaincu ; le clergé se soumit et obtint des privilèges.

Gomme on a pu remarquer, la seigneurie de St^rvais avait été bien dévastée. Quand les choses commencèrent à moins mal aller, les religieux de Fécamp firent des réclamations à Henri Y, qui nomma alors le vicomte de TEan, Roger Ilutel et

' Cbéniel, ibid. RotM, p. 3. Arebim municipale», rqjiitee V, f 79, veno.

* « Archsologia, » t. XXI, cité par Chérael.

' Le 29 jaillet 1418.

* « CbroDiqufls de Normandie, » c. 2^iu.

* « Sicge of Bamo, » poème angiiii. « Aidiaelogia, » p. 80, t. txi.

* Vollahv.

Jacques d'Orléans, pour la vérification dn tableau des dépenses et recettes. Etaient présents: Jean Bouesqae, anm6nier de l'abbaye ; Guillanme Etienne, chantre, et Adam Onfroy, prieur de Sain^Gervais, tous religieux délégués par la communauté t. Mais rien ne fut décidé, et nous trouvons le mot de l i nigme dans l'honorabln fierté de 1 abbé d'Eslouteville, qui ne fut jamais du parti anglais. Ce misérable Gilles de Durement, qui lui plus tard un des juges de l'infâme et inique tribunal devant lequel comparut Jeanne-d'Arc, pour le prix de ses vifs services, alors que le cruel Henry VI d'Angleterre était maître de Paris , se 0t renouveler la possession du prieuré de Saint-Genrais, par arrêt du parlement de Paris (4427). C'est alors ^ue nous trouvons un acte de l'officialîté de Saint-Ger?ais, par lequel il est dit que si les religieux de Fécamp font réparer et rebâtir la nef de l'église Saint- Genrais» par principe et piété, cela ne doit aucunement les confirmer dans les prétentions qu'ils ont d'obliger les paroissiens h ladite réédification , et que d'autre côté ladite répai\iLiuii ne pourra préjudicier les paroissiens dans leurs prétentions, par lesquelles ils soutiennent que les religieux sont seuls sujets à la réparation (19 juillet H28). L'année précédente, il y avait eu un acte de ce même parlement qui adjugeait la récréauce du prieuré au profit de l'abbaye (6 juin Uâ7).

Nous ayons trouvé mentionné dans le catalogue des titres de la baronnie de Saint-Gerrais, fonds de Fécamp, nn marebé pour la réédification de Téglise de Salnt^ervais ; nous avona chercbé yainement cette pièce importante. Ce précieux document nous aurait foit connaître quelles proportions aTait l'église au jy* siècle.

La copie d'une permission accordée aux abbé et religieux de Fécamp, par le bailli de la ville de Rouen, de faire tenir la foire de Saint-Gervais dans la ville, à cause de la guerre

t Léon Ftllw^ p. 870.

fU38), nous montre de quels droits exorbitants les moines

étaient privilégiés. Telle étuit alors l i liberté du commerce

Pendant la foire, depuis quatre heures après noue, vigile (le saint Gervais et saint Protais, jusqu'au londemain à pareille heure, les religieux-seigneurs percevaieot les acquits et coutumes payés à la vicomté de TEau; en revanche, ils devaient un dtner anx officiers de la vicomté 3.

Nous allons rapporter tout au long un document qui pourra nous faire voir la population de la paroisse quinze ans après le siège de Henri V, oài 50,000 personnes périrent par la famine *.

< Cy-ensuîvent les noms et surnoms des personnes de la paroisse Sainct-Gervais près Rouen, puissants et subjets, de paier le fouage ou monneafje esclieu au terme Sainct- Jehan-Baptiste mil cccc xxxnn. Jure êt riomnié par Oudln Piques, Jehan Loquette, Cari et Bote, Guillaume Lehoy et Jehan Baudartde la dicte paroisse.

{SuiterU cerit cinquante nom»,)

» Somme : sept livres dix sols tournois, sorquoy est i rabatre pour les collecteurs, ui deniers tournois, reste pour le Roy, sept livres nef soubz {rie) tournois.

» I«*an de grAce mil nu^ xxxuii, le huictiesme jour d*aoust, devant Raoullet Maufillastre, clerc commis soubi Robert Le Vigneron, tabellion <\ Rouen pourle Roy nostre sire, furent présents lesdiz Oudin Piques, Jehan Loquette, Carlet Bote, Guillaume Lehoy el Jehan Baudart, qui jurèrent par leurs serments que, en ladite paroisse, ne savoieut aucune personne que les dessus nommés qui lussent puissans et subgez à paier ledit fouage ou monneage escheu audit terme Saines Jehan-Baptiste dernier passe, et oultre dierent que les personnes dessus nommées au doz de ce présent roulle en de-

' Voyez pièces ju&liûcalives V.

* Ch. de Benmpiln, Vicomté de VEm, p. 131 «t 341

* Momlnlet, llv. i, cliap. 906.

f oient eslre eiemi» pour les cames deselairés à» Tsutre part.

» Signé MÂonLUkTaa.

{Au revers du rôie.)

» Cy suivent les noms et surnoms des personnes de la dicte parroisse de Sainct-Genrais» quittes et exemps de poicr le dict fouage ou monneage escheu an dîct terme Saintlehan-Baptiste mil cggc xxxiiii, pour les causes cy-après deselairés, selon ce quil a esté tesmoigné et reporté par les jurés desnommés de Tautre part.

» Tous ceux qui sont oy scellés sont restans et remourans en lieu de Brethieul et sont quictes ainsy quils ont acoutume comme dient les jurés denoiiitnés de l'autre part, parce que ils ont baillié cliacun une faucille.

(5tt»v6»< vingt noms,)

» Tous povres meudîans. »

[Suimmt vingt~quatre noiiM.}

Les dernières années du xv* siècle furent marquées par une querelle de préséance entre les monastères de Fécarop et de Saint-Onen ; cdui-ci mettait en avant sa fondation

par un roi des Francs , l'autre sa dépendance directe de Rome. Il fallut que l'Echiquier de ^'oi'mandie, pour faire cesser un motif à contestations souvent fort bien écrites, donnât, en 1497, appui h Vnbhé de Saint-Ouen, « à cause de la localité et de l'ancienneté du lieu »

€ Cet arrêt avait indisposé la communauté de Fécamp, et elle ne laissait passer aucune occasion de le faire apercevoir è sa rivale. En voici une qui trouve natureUemest sa place ici. : C'était l'époque où Ton élevait, avec beaucoup de travaux, la nef de l'église actuelle de Saint-Ouen ; le pape avait ordonné des indulgences générales pour ceux qui contribueraient de leur fortune à cet effort gigantesque de la foi du ' moyen-âge ; l'Echiquier de Normandie lui-même, pour mé-

' « Ncastria pia. » Léon Falloe, p. 30K.

nager les roMoarces, avait prohibé toute autre publication d'indulgences dans la ville de Rouen.

» Malgré cette défense, Jeban Bourgeans, officiai de Saint- Gémis, permit à des émissaires de Fabbaye de Loches, de s'établir dans sa paroisse et de distribuer des indulgences pour le compte de leur monastère, où se faisaient aussi de grands travaux.

» Les moines de Saint-Oaen, instruits de ce fait et irrités contre le pneur de Fécamp, déléguèrent, envers les religieux étrangers, Robert Le Ber, sergent k masse, qui les trouva logés h l'hôtellerie du Signol» près la porte Grand-Pont. Ce sergent les cita à comparoir devant le bailly (ie Uouen, fit arrêt sur un cheval, de poil gris, appartenant à Tun d'eux, nommé Bernard Jouhault, et sur les autres biens qu'ils pouvaient avoir dans ladite hôtellerie * . »

Ii'histoire de Saint-Gervais, pendant le xvi* siècle, offre peu de ikits bien remarquables. Pour arriver au principal événement, celui de 4 56S, notons en passant Tlntervention du cardinal de Lorraine (1535), en faisant reconnaître les droits et privilèges du monastère de Fécamp, méconnus par rofficial de Rouen qui avait accusé le curé et le vicaire de Saint-Gervais d'avoir fait des mariages contrairement aux canons de l'église, et qui de plus avait tait mettre en prison le vicaire et fulminé des censures contre lotlicial de ce prieuré 2.

— Lettres accordées par le cardinal de Lorraine, archevêque de Narbonne, abbé de Fécamp, datées à Paris, le 4 mars 4543, et dûment scellées du sceau de ses armes, par lesquelles il a donné aux paroissiens de Saint-Gervais le revenu de la vente des herbes et arbres du cimetière, de plus trois petites pièces de terre contenant ensemble dtm aem «ne dmiê wrgiê di» perthes <w moiron, è la charge par lesdits paroissiens de

' Léon Fallue, p 305 306. • * Léop F«Uae, p. 3tâ.

faire agrandir rét^îisc ( t i entretenir à leurs dépens, et fournir le luminaire qu'étaient tenus de fournir les abbés de Fécamp. — Ces lettres furent ratifiées, le 5 mai 4544, par le prieur claustral et couvent de Fécamp.

C'est, pensons^ous, à partir de la signature de ces lettres que disparaissent les noms de prieur $t dê primré d» Sl-Gervait, car nous ne les voyons plus mentionnés dans les. actes administrati& de date postérieure.

L'archevêque deThessalonique, en 4556, conféra les saints ordres dans Téglise de Saint^Gervais par la permission du grand-vicaire du cardinal de Lorraine, abbé de Fécamp. Il y eut trente-cinq personnes ordonnées: dix prêtres, quatre diacres, trois sous-diacres, cinq acolytes et onze tonsurés ^

Nous extrayons des registres de fabrique les quelques chiffres suivants, qui ont quelque intérêt.

4546. — « Pour six fiches de fer pour mettre au pupitre des orgues, payé la s** de mj sols.

» Pour avoir £ûct plastrer le pupitre, payé au plastrier la s* de XI sols.

» Pour avoir feict faire un pupitre pour mettre les orgues, payé à Gufll* Taurin, hucher, la s« de xuv livres.

» Pour la ferrure, la serrure et la clef des orgues, payé la somme de xvn sols vi deniers.

» Âu dict Taurin pour le revers de hucherie de dessus les orgues, la s*' de xxx livres.

» Aux organistes, payé d'av ance la s* de xxvi livres v sols. »

Charles IX n'avait que dix ans quand François II mourut. La reine-mère se fit déclarer régente , « et les huguenots ' crurent que celte minorité et le gouvernement d'une femme étaientdes conjonctures dont ils devaient profiter. Us prirent les armes ^ » et s'emparèrent de beaucoup de villes. Le 45 avril 4563, à minuit, ils s'emparèrent de Rouen et y commi-

* L. Froland.

' MaMsrllIe, v p. tSO.

rent mille horreurs; le jour de mai ils abattirent toutes l€8 images de Sainl^ervais, et le dimanche 3* jour de mai, ils abattirent, rompirent, brûlèrent et brisferant tout dans les églises et monastères ; mais, la nuit du S3 octobre de la même année, la Tille de Rouen étant au pouvoir de Charles IX, on rechercha les coupables, et les archives départementales possèdent des pièces du procès extraordinaire 2k rencontre des nommés Glande Faullain, Georges Mauger et autres prévenus de larcins, pilleries, saccagement et brûkmenl dau» l'éj^lisc et paroisse de Saint-Gcrvais, etc. Les coupables furent condamnés, par ju^'cnient presidial de Rouen, le 2 juillet 1563 : Mauger, aux p;alères pour cinq ans ; Faullain et Mauger, au payement de la somme de 12,000 livres, à laquelle les pertes ont été évaluées, et à S50 livres d'intérêts envers les trésoriers, etc.

n follttt refaire la tour et le beffroi, qui furent terminés en 4566 par BamUi» Thorel, earpHUitr, Mais le comble restait à &ire, et ce ne fut que plus tard, en 4583, que l'on rebâtit

le comble de l'église au moyen d'une souscription qui s'était montée à 341 livres 5 sous 7 deniers. Mais d autres malheurs suivirent ce désastre : après les guerres de religion, les guerres de parti !

Henri IV vint mettre le siège devant Rouen le 11" jour du mois de novembre 1 594 .

Monsieur de Villars, qui commandait dans Rouen, avait ftit de grands préparatifs de défense ; entr'antres mesures, il avait fait abattre dans les foubourgs tout ce qui aurait pu servir anx assiégeants. Nous ne faisons pas rhistoire de la ville de Rouen, et tous les détails de ce siège ne nous appartiennent pas ; seulement, on nous permettra de répéter ce que le consciencieux Millot dit de ce siège : Qu'il n'y a pas d'exemple dam l'histoire d'une pareille défense i.

* Millol, t. 111, p. 127.

Nous nous boulerons k copier Yaldory eu ce qui concerna notre église pendant la guerre.

« Les ennemys, le lundi 44 novembre 4594, occupàieiit la fiaboarg Saint-Gervais ; (corps-de-garde à Yonville).

» 83 mars 4592. — Sur las haict heures du soir, les senti- Belles, posées sur les murs de Cauchoise, entondirent comme les ennemis traTsilloîent ayec houôs et piquois vers les ruynes de Sainct-Genrais : et nonobstant que le canon enst esté tiré pour les empescber, si est-il que le lendemain mardy, vingtquatriesme à la diane, fut appercene une petite levée de terre en forme de bastion cairé, ilancque de toutes parts, et un fosse aucievant, pour empescber qu'il ne fust forcé par les oostres, faisans quelques sorties.

» Ce mesme jour, depuis le matin jusques au soir, il y eut de ce coté contiouelle escarmouche, ayans les ennemis posé jusques à quarante ou cinquante mousquetaires derrière un mur de pierre percé, regardant droit la ruyne ou brèche advenue ceste part en la muraille de la ville, dont a esté cydessas parlé, pour empescber les nôtres d'y travailler, ce qui ne fut en leur puissance : et de tous les coups par eux tirés, ne fut atainct qa*un valet qui receut un coup de mousquet au travers du mollet de la jambe. Il est vrai que depuis midy ils tirent porter un grand nombre de fascines au fort par eux encommencé à Sainct-Gervais, jusques à la uuict qu'ils furent entendus jouer du piquois.

» Ce mesme jour, trois soldats des ennemis jetoyent des pierres contre une croix ou estoit la remembrance de Notre- Seigneur Jésus-Christ, et laquelle jusques k ce jour estoit demeurée entière au cimetière de Saintr^rvais ce que apercevant Tun des capitaines des bourgeois de la ville, il chargea un mousquet de fonte, duquel il tua Tun de ceux qui jetoient ces pierres ; chose difficile à &ire, veu la distance du lieu qui est de plus de cinq cens pas.

» Sur le soir ils posèrent en garde, au mesme lieu, quatre

«Dsdgnefl de leurs nooTeanx voiiii sur lesqneli on tira, du boule?ert de Cauchoise et vieux palais, quelques coups de canon qui ne les offensèrent beaucoup. La nuict ils continuèrent leur ouvrage encommencé.

» S5^ jour de mars, mercredi. — ta nuict, ceux de St-Oerrais continuèrent lenr fortification et mirent jusques au nombre de neuf gabions au front de leur bastion et autres endroits, le relevant de ffiscînes et de terre ; tellement qu'il estoit presqu irapossible de leur faire aucun mal avec nostre canon.

» La nuict (du jeudi 26 mars) l'ennemy continua h se fortifier à Sainct-Gervais, à l'endroit du ciisucel et chœur de l'église et vers le Hont-aux-Malades, y ayant (ait quelques embrszures pour y planter du canon.

» Le samedi» uingt-buîctième de mars, ils continuèrent à se fortifier comme auparavent, tirant journellement force coups de mousquet et harquebouse sans offenser aucun.

» Le dimencbe, jour de Pasques, yingt^ieufiesme, ils abattirent de nuict la croix, de laquelle a esté cy-4e?ant parlé, et nonobstant que ce fut un jour très-solennel, ils ne laissèrent à travailer à leurs fortilicalions, et de nuict amenèrent deux longues couleuvrines dedans leur fort.

» Ils ne cessèrent depuis de fortifier et de faire de profonds fossés sans cesser de tirer le canon.

» La nuict (du 18 au 19 d'avril) fut assez douce et fut le canon enlevé du fort de Sainct-6er?ais et remis dedaot les navires ennemis.

» La nuict (du 49 d'avril) se passa en tout silence.. Et le dimanche, dix-neufiesme, il y eut apparence^ vers Sainct- Gervais, que les ennemis vouloient lever le siège pour Tenlevement des aiz, ayant servi à leurs plateformes, poudres, ponsons et autres bagages.

» Ceux de Sainct-^enrais, sur les huict heures du matin (20* d'avnlj, tirent le semblable et sortirent six enseignes estant pour lors en garde au fort tous rangés en bataille, qui

estoîent sonbstemiB par deux antres gros hocs de esTslerie ou estoit le roi de Nayarre en personne ayec sa cornette blanche, pour fidre la retraicte» et preindrent le chemin de Damestal. »

Âpres la guerre, dont le peuple avait supporté les corvées,

le peuple paya les dégâts. Le quartier Saint-Gervais se peuplait lentement, et ce ne tut qu . m I.j'J^j qu'uiie collection et plusieurs dons faits à l'église coiUribuèrent à sa réparation. Les registres des comptes du trésor de la paroisse nuu» lournissent, sur les réparations, quelques détails trop curieux pour que nous ne les consignions pas ici ;

1 Payé à François Lachausse, masson, pour avoir vidé la cave et faict la couverture du degrés.

» Payé pour une croix, à mettre au cymetière, xv sols.

» Payé à Romain Sellye, plombier, pour avoir couvert les fonds de Téglise, la somme de lxxvii sols.

» Payé à un brouettier, pour avoir porté et rapporté plusieurs hardes le jour que ladicte église Ait dedyée, la somme de m sols.

» Payé pour deux gonds, à pendre l'huys de l'église, x sols.

» Payé à ung charetier, pour avoir aporté une pierre k faire le maistre-autel, prinse près l'église Sainct-Godard et porter de l'hostel de Fescamp, et pour en avoir prins une autre de Fescamp, xxx sols.

» Payé à un porteur, pour le portage d'une trille de fer, VII sous 6 deniers.

» Payé à un charetier, qui a aporté une pièce de boys de six sommiera, vin sols.

» Plus il est deu au dict de Sahurs, pour le marché faict avec lui par le curé et trésorier de Sainctp-€iervais, pour faire le comble de ladicte église, jouxte le marché en dabte du 4" jour de mai 1595, la somme de mil vnfi l livres.

» Plus il est deu audict de Sahurs, pour autre marché faict avec lui par ledict curé et trésorier de la dicte église, pour

paraehever lediot comble, en date du 6* jour de juin mil cinq cent quatre vingt dix sept, la somme de quatre vingt six livres.

» Comme de la mise faicte par Loys de Sahurs, comprenant la somme de deux mil six vingt livres, pour le bastiraent par luy faict pour finir le comble de la dicte église Sainct-Gervais, la charpenterie se trouve montée à deux, mil trois cents quarante unu livres ung sol dix deniers.

T> Payé aux macbons quy estoient présents quand la machonneric fut tenue en rabais et pour le denyer-adieu, la somme de xxxii sols.

» Payé aux clercs du sécrétaire de monsieur l'Admirai, pour avoir escrit sur le doz de la requête pour avoir permyssion de* rebastir Téglise, d*avoir fiiict signer la requeste an- ^ct sieur Admirai, pour ce la somme de x sols.

» Payé à H* Martin Gousture, pour le devyS de la charpenterie de réglise et en avoir baillé le pourtraict, pour ce xx sols.

> Payé pour une brouette xxvi sols.

» Payé pour deux clez à passer le sablon xx sols.

» Payé pour une serrure neufre, pour mettre a l'huas de la cave de deux clets ncufves, pour ce xx sols.

» Payé pour une joumez de manœuvre x sols.

» Payé pour le vin du marché de la charpenterie, en présence de tous les trésoriers, vi livres x sols.

» Payé pour deux joumez d*uu manœuvre, pour vuyder le porche de l'église le jour de la Pentecouste, xx sols.

» Payé le mercredy des festes de Pentecouste à deux pauvres hommes, pour leur peyne d'avoir aidé à remplir les fossés de Vaitre, xx sols. ^

» Payé pourleschemineaulx quandon leva Téglise, xii sols.

» Payé à Jacques Tourmente; H* masson, pour avoir faict la machonnerie de réglise, le tout jouxte ses quittances sinez de lui, la somme de vi^^ xix escus.

» Payé k deux massons, pour avoir dressé la mackunnerie

de régUse du costé des champs et ayoir 'fiûct les vues et lettres dudict eoté, pour œ m escni ua sols vi deniers.

> Payé à Loys de Sahurs sur ce qui lui est deu et resté pour la charpeuterie, ix escns.

» Payé à Loys de Sahurs sur ce qui lui est du pour la cliarpenterie» ui escus.

> Payé à Jehanne Jonen» pour la chaux qu'il a fidiu à la machonnerie jouxte ses quittances, la somme de ini escus.

» 4599. — Uciii payé à Renay Rogerie, M® charpentier, pour avoir îaict la charpenterie des clochers jouxte sa quittance, la somme de xxiiu livres.

» Payé aux raenuissiers, pour avoir faict Thuys des clochers, la somme de xx sols.

» Payé à Jacob Sauvage, pour avoir ferré Thuys des do* ehers, la somme de xxx sols.

» Payé à Denis Fuchot, M« plastrier, pour avoir £yet la douison des elocbors jouxte sa quittance, la somme de xxim livres, »

Les chiffres parlent' et nous disent que les dégâts furent énormes. D'aprfes les réparations, nous pourrions, je pense, nous faire une idée de Téglise servant de fort pour les assié*

géants.

On voit que le mur méridional fat peu endommagé; il en fut de même de Tabside que les huguenots lurent obligés de fortifier; mais le mur septentrional fut arrasé.

Les terres amassées dans l'église, et soutenues par le mur méridional, formaient terrasse et contrescarpe.

On avait creusé, au pied de ce mur, des fossés que nous Tqgrons remplir par ks gens de l'église et • deux pauvres hommes qui furent payés zz sols

Digitizod by G<.jv.' .ic

CHAPITRB IV.

DBPOu le commencement da itii* siècle jusqu'à nos jours, rëglise de Saint-Gemis a subi bien des désastres ; le souffle des vents a détruit plus d*uoe fois 'le beupray, notamment aux fêtes de Pâques 1606 et au commencement de l'année 1613 ; en 1673, on était encore obligé de bâtir un bcufray neuf. Puis dans la terrible tempête du mois de juin 1683. Nous avons trouvé une relation des dégâts occasionnés dans cette malheureuse année, et nous nous empressons de transcrire ce qui nous intéresse :

25<> jour de juin 4683. — «A Saint-Gervais hors la ville, outre le dommage arrivé au clocher, à la couverture de réglise et aux vitres, il y avait grand nombre de noyers dans le cimetière qui est très-grand : et bien qu*il y en eut d*une extrême grosseur, ils ont été déracines et renversez par terre, les brâches brisées et rompuês en morceaux, n*y en ayant pas un exempt, en estant néanmoins resté debout quelques petits nouveaux plantes.

» Les maisons de la Santé, au mesme fauxbourg, en ont été aussi grandement endommagées aux. couvertures et autres réparations.

» La vallée de Dévillc audit fauxbfjurg de Cauciioise, et une autre vallée hors le fauxbourg Martainville, entre les

rivières de Robec et d'Âubette, d'où Ton apporte à la ville la pluspart des légunies, salades, iierbea potagères, et autres nécessités jardinières, sont entièrement raynée». Ce qai est d'on notable préjndîce aux bourgeois et babltants de la ville >. »

Nous retrouvons toujours des procès, des altercatiotts. Il serait fiutidieax de les reproduire, et nous prions le lecteur

de parcourir les pièces justificatives.

Nous devons iiit;aliui)ner ici rorJouaaiice du 16 novembre . 161 1, des commissaires (]»'putés par le roi, pour Veiécution de l'édit de Nantes, de délivrer à ceux de la religion prétendue réformée : Quatre perches de terre d'une seule pièce, appartenant à la fabrique de Saint-Gervais et attenant au cimetière, pour être employées à faire un cimetière de ceux de ladite religion réforinée.

Notons, en passant, un arrêt du parlement de Normandie cassant tous les actes de Tofficial de Rouen, qui avait entrepris sur la juridiction deFécamp, dans la baronniede Saint- Gervais 2 (4622).

Après l'introduction dans le monastère de Fécamp des Bénédictins reiormés de la congrégation de Saint-Maur, il se fit un partage de biens entre l'abbé et les religieux, et par acte passé en 4649, Henri de Bourbon, duc de Yemeuîl et abbé de Fécamp, céda à ses religieux, entre autres terres,, la baronnie de Saint-Gervais.

l'union de la léproserie de Saint-Kîervais avec THospice- Général eut lieu vers la même époque (1651), au moyen d'un

accord entre les religieux, abbé du couvent de Fécamp et les religieuses de THotel-Dieu de Rouen, par lequel il est dit que

* c Bliation OT iccit Teritable des désordres arrim en It ville et fliix-

boargs de RoUen, el lieux adjacents ; par le tonnerre, les vents et la gresle, le 2:5<ne jonr de juin 1683. » ~ A Rooeii, diei Jean Ttenoelin, près Saint» hà. Avec permîMion.

' Léon mine, < BIstoire de Tabbaye de Fécamp, » p* Stt.

lesdiles religieaBeB ne pourront faire i>fttir un clocher ni avoir de doches dans la cha|tjBUe; que lesdiCs religieux de Fécamp de ladite abbaye de Fécamp leur ont permis de fiûre bâtir dans le jardin qui leur a été donné par les administrateurs de TR^td-Dieu ; que leurs fermiers et domestiques seront obligés d*aller à Saint^Gerïaîs il la messe de paroisse, y foire le paia bénit à leur tour; que le curé de Saint-Gervais administrera les sacrciueuls, en cas de maladie, aux fermiers et domestiques et môme auK religieuses , s'il s'y rencontrait qu'il y eût quelqu'une de malade, et s'il arrivait quil en mourût, que ce serait au curé ii faire la levée du corps.

Le Parlement avait ordooou, en 1537» que les malades de la peste seraient portés dans la férme de Launay (Lieu-de- Santé) en attendant qu'on eût pu trouver quelque lieu plus conmiode pour eux. Avec qudques acquisitions, en 4567- 1569 et 4616, on agrandit considérablement les dépendances de rhôpital. Trente-huit années après (1654), on élevait deux grands corps de bâtiment, et c'est pour bâtir une chapelle que l'accord ci-dessus mentionné fut fait. Sur les entrefoites, l'abbaye de Fécamp eut pour 36" abbé, Jean-Casimir, roi du Pologne, et Louis XIV coniirma alors tous les privilèges de l'abbaye (septembre i653}.

Nous avons vu avec quelle jalouse inquiétude les moines de Fécamp savaient garder les privilèges de leur juridiction. Nous allons raconter un fait qui prouve leur continuelle surveillance rie leurs droits : Le 26 août 4696, larchevéque de Rouen ftttobligé, àl'occasion d'une simple procession d'actions de grâces à Dieu, pour l'heureux succès du roi, et sa santé et ' prospérité, rarchevéque fat obligé, disons-nous, de foire une déclaration par laquelle 11 ne prétendait en aucune manière préjudicier aux droits de l'abbaye, et qu'il n'avait seulement l'intention que de foire une simple visite dans l'église.

Quatre ans plus tard, mêmes précautions d'un côté, même

déclaration de l'autre : « Nous, soubzsigné, archevt^que de

Rouen, avons déclaré et déclarons par ces présentes, qu'en officiant cy-après ponttficalement dans l'égliM des religieux, prieur et couvent de l'abbaye de Fécamp, y donnant la béné» diction des indulgences et y ftlsant porter la croix lon^ noua les irons Yoir en faisant ta Tisite de nostre diocèse on en passant chonin, tontes ces fonctions ne pourront nntre ni préjadîcier à rexemption, juridiction spirituelle, droits et privilèges appartenant à ladite ab&ye de Fescamp. Bn foi de quoy nous avons signé ces présentes ioeiles, fidet sceller dn scean ordinaire de nos armes et fiiict contresigner par nostre secrétaire, ce trentiesme jour d auusL mil six ceub soixante. »

Le XVII'' siècle devait se terminer par une foule de laits curieux, si différents les uns des autres, que nous nous contenterons de les classer chronologiquement.

D'abord une déclaration royale, du 42 août 1675, par laquelle la baronnio de Saint-Gervais appartient à l'abbaye de Fécamp ; elle confère de plein droit la cure de Saint-Genrais; elle a droit de présenter à celles de Barentin, Saint-Jean-du- Cardonnay, Pissi et Sidetot ; elle avait aliéné le patronage de celles de Haromme et de Saiot-Hartin-aux-Ârbres

Ensuite, nous voyons que les abbés de Fécamp conseil vaient avec fermeté leur baute justice k Saint-Gervais et qu'ils avaient des prisons pour punir ceux qu'ils condamnaient; car, le 2 juin 1082, le procureur fiscal de Saint-Gervais fit une réquisition pour la réédification du prétoire et de la prison qui tombaient en ruine.

Nous omettons à placer ici nombre de documents que le lecteur trouvera dans nos pièces justificatives, à la fin du volume.

Enfin nous voici arrivé au dernier £uit du xvn** siècle ; il repose de ces interminables procto et discussions ; il devait aussi marquer une ère paisible, car le commencement dn

* Ârchi\i s (Je la cbambre des comptes de Hoaen. — Pommeraie, « Deseription géo^^iaphiqneet Uttoriqm d» ta BaatftHohMadit, « t. u, p. 74S.

xvHi" siècle ti*eot pas d*éT6ntraent remarquable ; il n*y eut point tant de procès, mais si peu qu*fl y en eut, ils forent terribles ; c'est ce que nous verrons, quand nous parlerons

de la corporation des Toiliers.

Mais revenons a notre tait. Le sieur Lecanu, curé de Saiiit- Gervais, versa la somme de i ,000 livres dans les mains du trésorier administrateur de l'hôpital général de Rouen, k charge pour l'hôpital de fair.e une rente de 50 livres pour aider à fonder une école gratuite pour les filles pauvres de Saint-Gervais.

C'était le pitancier de Féeamp qui était chargé des revenus de la baronnie de Saintp^rvais, dont tdutes les charges étaient louées pour une somme flie par an.

Yoici un tableau de la fin du xvu* siècle qui peut indiquer, pour les statisticiens, les revenus de la seigneurie :

« Deniers seigneuriaux, reliefs et terres afiiermées à Jean Regnauld, pour 220 livres par an.

» Dismes vertes et seiches de la paroisse de Saint-Gervais, y compris un petit traict de disme sur le champ à Toisel, affermées h Nicolas Tillais, pour <,2<7 livres.

» Prairies et terres, dépendant de ladicte paroisse, affermées audictTiUais, pour 300 livres par an.

» Dismes et terres, des costes du Boisguillaume, affermées è Charles Viret, pour S20 livres par an, 4/2 cent de cousins, 4/1 cent de bottes de vesehes, S gerbes de paille, une mine de blé froment aux Roys, mesure des costes bon loyal et marchant, I chapons, un pot de cresme et 3 fromages par chacun an y salement.

• La jauge affermée à Jean Dieuretin pour 95 livres par an.

» Tabellionnage affermé à M^' Thomas Lebourgeois, pour 80 livres par an.

» Les bois taillis affermés à Jean du Rosey, moiennant o5 livres pour cbacuu an. »

Nous avons aussi trouvé, aux archives du département,

une pancarte pour les années 4734 , 4733 et 4733 des droits de la foire de Saint-Oervais :

ToliL Aida. hmiSan. ScigiMBr.

Powr

me viebe et boraf .

9 sols.

fi

un poulata

DU Aneetnittlel. . .

Pendant que nous nous oeeupons de cliiffires, nous dirons

quelques mots sur la population de la paroisse Saint-Gervais

dans la première moitié liu xviii " siècle. Ainsi uùus trciuvous, de 4694 à 4764, la statistique suivante * :

2,117 naissances.

453 mariages.

4,408 décès.

Un acte curieux, qui fut fait presqa'à la fin du dernier siècle, nous donne l'étendue de la paroisse de Saint-Gervais ; c'est d'abord une c sentence rendue au bailliage de Rouen, le

46 avril 4779, sur la poursuite des sieurs curé et trésoriers de la paroisse de Saint- André hors Cauchoise, touchant les maisons construites et généralement tout ce qui se trouvait sur la môme li^ne, le long du boulevart, depuis la corderie cauchoise (rue Stanislas Girardin) jusques et y compris l'auberge où est pour enseigne la rdlle de Poitiers ; par laquelle sentence sur le provisoire, le curé de Saint-André fut autorisé de faire ses fonctions curiales sur cette étendue de terrein. » Mais cette sentence ne faisait pas l'affaire de ceux de Saint- Gervais ; c'est pourquoi il se fit, le 5 août 4 779, une transaction, sous signatures privées et quadruple, pour terminer le procès entre le curé et les trésoriers de Sainl-André et le curé et les trésoriers de la paroisse de Saint-4>er?ais, touchant la paroissialité ; par laquelle transaction ils convin-

' « Tabletu de Rouen, » p. 1779.

rent : 1« que les maisons construites sur le bord du boulevart, depuis la cordene de Cauchoise jusqu'à la rue de Crosne , tendaut au Lieu-de-Santé , seraient et dépendraieDt en totalité de la paroisse de Saint-André ; 2*> que les maisons que Ton construisait alors snr la même ligne, de Vautre côté de la rue de Crosne, l'auberge ayant pour enseigne la tiWê d» PoUien et tout œ qui est au-dessous du même e6té serait et dépendrait de la paroisse de Sainte Gerrais.

Un peu plus tard, nous trouvons h mentionner un autre acte de paroissialité. C'est un arrêt du Parlement, en date du

40 août 1787, rendu entre les habitants de Saint-Gervais et ceux de Saint- Godard, par lequel il est jugé que le territoire nommé le Champ-des-Oiseaux, contenant onze acres de terre, est de la paroisse de Saiot-Gervais et non de celle de i^int-Godard.

Arrivons de suite en 1789, "k cette époque où les événements changèrent complètement le caractère physique et moral de la nation.

Aussi, dans Tîntervalle de cinq années, voyons-nous, même dans l'histoire d'une modeste église de faubourg, le passage de cette époque, mélangée de faits héroïques et de crimes odieux ; ces cmq années se résument en trois faits relatifs à Saint-Gervais.

20 et 23 mai Suppression dos privilèges, suppression

des dîmes, abolition des justices seigneuriales; donc plus de baronnie de Saint-Gervais, plus de moines-seigneurs, plus de hautes justices.

1791. Atteinte à l'autorité ecclésiastique en poursuivant les distributions d'un bref du pape, en réduisant, par un arrêté du département, en date do S8 avril, confirmé par un décret de VastmbUe nationale, en réduisant, disons-nous, à dix-huit le nombre incroyable des trente-sept églises paroissiales que possédait Rouen ; savoir : k treize églises pa-

roissialcs et à cinq succursales; parmi Cëb dernières était Saiiit-Gervais.

Le 4" mai suivant, les curés assermentés, et nouvellement nommés par les électeurs du district, roiifoniiéraent aux décrets de l'assemblée constituante, forenl installés dans leurs fonctions.

Décembre 4793. On vit fermer les églises et défendre l'exercice du colle. On était en pleine terreur.

ReposbnsHious un peu de cette cbronologie de Ikifs en empruntant an /oumai de Bmm de Tannée 47f1 deax passages qui caractérisent parfidtement cette année de trembles et d'exaltation quelquefois ridicule. Nous laissons le lecteur apprécier, comme il le voudra, ces deux emprunts faits à un journal de l'époque, et qui le distrairont de la monotonie des statistiques que nous avons cru devoir faire passer sous ses yeux. ^

Extrait du registre des délibérations, du jeudi 46 juit» 4794 .

€ Est entrée une députation des dames citoyennes habitant la paroisse de Saînt-Gervais. On a vu, arec le plus yi£ intérêt, une jeune personne, âgée de huit ans, nommée Rose Renaut, monter à la tribone. Elle y a prononcé un discours auquel M. le président a &it une réponse digne de son patriotisme connu, etc. »

IHteoun prononcé par Rose Rbnadt, âgée de huit ans, Ion de la é^^ukUion des domei ciloyeititef de Saint-Gervaii.

Messieurs,

« Le bientait de la Constitution se fait sentir h tous les âges ; quoique jeune encore, et que je n'en connaisse pas tout le mérite, je sais néanmoins, et tous les bons citoyens de Saint- Gervais et de Sainte-Madeleine le savent encore mieux que moi, combien son achèvement est désirable : c'est pourquoi nous venons vous prier do vouloir bien assister k une messe

solenneUe que noos fercma célébrer mardi prochain à Saint- Gervaisy en rhonnenr du Saint'Espril, pour le remercier des

lumières qu'il a inspirées H nos sagee législateurs pour le recouvrement des droits de Thomme et de sa liberté, et le

conjurer de nouveau de leur accorder celles dont ils ont encore besoin pour perfectionner cette bienfaisante Constitution, afin de voir renaître la fraternité, la paix et la séré* nité dans ce vaste empire.

» Car, puis-je y penser sans frémir ? Quelle sei'ait ma cruelle doaleur si je voyais mon cher petit papa, ma tendre petite maman, mes parents, mes amis, mes voisins tomber sous les èonps des méchants, ou sous leur tyrannie I Ah 1 si Taristocratie me réservait on si terrible malheur, que j*en sois la première victime, que sa rage se porte contre moi seule I Hais, non ; loin de moi de semblables craintes ; vous combattrez, s'il le ihut, vrais amis de la liberté, généreux défenseurs de la patrie ; votre zèle infatigable nous en est un sûr garant, et nous, nous élèverons nos faibles mains vers la divinité et l'encens de nos innocentes prières ira chercher dans les cieux le suçcës et la victoire ^ »

l^siraiU ^nm UUm de M. Coosm, d-dfmml vicaire de Saint' GerwU, à Vautewr du journal (M. Hilcbut.)

lioosieur,

'€ Permettez avant tout que j'unisse mes éloges k ceux dont vous comblez M. Tabbé Ferment. Je saisis avec avidité l'oc^ casion de lai rendre publiquement la justice que je loi ai rendue en particulier. Il s*est conduit, dans cette circonstance, de la manière la plus noble et la plus généreuse, et je me suis hit un devoir de lui témoigner au plus tôt toute ma recoiinaissuiice.

» Je n'insisterai point sur le titre de réfractairc que vous me

■ « Joamal de BooeD, etc«, n mardi 21 juin tTHI.

donnei : je sais ^'on nous le prodigua de toutes perCs, à nous prêtres noD-^ssermentéa. Je m'étonne cependant qu'il écliappe àYotre plnme. Voue n'ignorez pas qu'an réfiraetaire est celui qui désobéit h la loi. Où est done la loi qui exige de nous le sennentT Les décrets ont laissé Toption entre le serinent ou la perte de nos places En préférant ce deriiier parti nous ne désobéissons pas; nous ne sommes donc pas des réfractaires. Vous pourriez, vous devriez nous épargner cette épithète odieuse : ne sommes-nous pas assez infortunés?

» Vous parlez du peuple, qui, rendu furieux, se disposait à me pendre. Vous employez, Monsieur, une expression trop génér^ile. Vos lecteurs abusés pourraient croire que tous les habitants de Saint-Oervais auraknt juré ma mort. Vous les induiriez dans une erreur des plus flétrissantes pour ce peuple ; erreur contre laquelle il réclamerait de toutes ses forces. Vous ne le connaissez pas. Monsieur, et j'ai appris en douze années k le connaître : le dois le dire, et je le dis avec délices, il est infiniment loin de se porter contre moi h. aucun excès. Combien je souffre que d'un seul mot vous transformiez un |trirple que j'aime en autant de. lâches assassins et de sacrilèges rnourtriers. Ce prétendu peuple, devenu furieux, • se réduit à une trentaine, tant hommes que femmes, jeunes gens et enfants. Je n'en ai point remarqué un plus grand nombre, et sur ce nombre encore, de l'aveu de mon libérateur, il y en avait autant de disposés k me défendre, que de prêts à m'attaquer.

» Vous dites que M. Ferment, parlant au nom de la loi et de la religion, est parvenu à faire tomber le fetal cordeau à mes pieds. Cette phrase foit image ; mais elle manque d'une condition essentielle, la vérité. Non, Monsieur, le fatal cordeau n'est point tombé k mes pieds, il n'a point été placé h luoii col ; il n'a pas même été offert à mes regards. Ne rendez pas mes agresseurs plus coupables qu'ils ne le soat.

» Vous ajoutez que le peuple m'a conduit lui-même à la

municipalité ; vous saurez que nous sommes descendus seuls, M. Ferment et moi; que seuls nous avons traversé les bataillons nationaux, rassemblés à leur place d'armes. M. Ferment a eu l'honnêteté de m'accompagner jusque bien avant dans la ville. Nous nous sommes séparés. U est retourné dans sa maison» et moi j'ai cherché tranquillement un abri, dans une maison étrangère.

» le touche maintenant à Tendroit de votre narration qui m'intéresse le plus. Vous imprimes que Tordre n'aurait point été troublé un seul instant sans la coupable Imprudence d*un ecclésiastique, qui, s'étant permis des propos indiscrets et olïensants pour la douleur publique, a manqué d'en être la victime. Non, Monsieur, et je Tallirme sur ma tète, et je le soutiendrai envers et contre tous ; non, je n'ai point tenu de propos indiscrets et offensants pour la douleur publique ; cette accusation est une véritable calomnie.

• Absent depuis le dimanche précédent, je revenais mercredi de campagne, sans savoir un mot, un seul mot du départ du roi, sans m'en douter même : Sur ma route je ne me suis arrêté à personne, absolument à personne, le n'ai prononcé que ces deux mots, bon jour, et encore une seule fois; c'était en rendant le salut à une personne connue. Ce n'est qu'en entrant chez moi que j'ai appris la nouvelle dont la vîîle était affligée ; encore ai-je eu de la peine à la croire. De ma luuiôùu à l'église je . n'ai pas articulé une parole. Le bedeau qui u servi ma messe peut attester si je lui ai parlé d'affaii rs (lu temps ; j'ai répondu en quati h mots à une femme qui m'a tait deux demandes très-éloignées de la nou-

« velle du jour. Âprès mon action de grâces je suis sorti de l'église, et j'en suis sorti seul ; et c'est en ce moment qu'a commencé l'attaque.

» Voilk, Konsieur, et dans la plus exacte vérité, tonte mon histoire : voilà tous mes griefs i. »

* « Joanul de .Rimmii, «te., » 39 Jvfn 1791.

Les conquêtes des armées de la République occupent tons les esprits et par conséquent le calme renaît. Plusieurs sages décrets c étaient certes plus qu'une espérance ; c'était aussi

une révolution, mais qui procédait avec calme ^ » Le 3 ventôse an III (22 février 1795;, tut promulgué le décret sur la liberté des cultes et la réouverture des églises.

Le cardinal Cambacérès organisa les paroisses de la ville conformément au concordat signé à Paris le 26 messidor an IX (15 juillet 1801) et au décret exécutorial sanctiooné par le cardinal Caprara, légat a latere m France. Il rendit donc» le 6 messidor de Tan X (25 juillet 4802), un décret exécutorial, sanctionné le 44 messidor suivant, par lequel il partageait les églises de Rouen en six paroisses et en six succursales. Saint-Gferrais restait fermé.

Le SS frimaire an Y, les babitants de Saint-Gervais s'étaient opposés à la vente de leur église, qui leur appartenait depuis le premier jour de l'an II.

Rien n'échappa au vandalisme révolutionnaire que le peu d'objets que nous décrirons dans la description de Tétat actuel de l'église.

L'an TV, on avait formé dans l'égiise un dépôt d'artillerie.

Les pavages et autres objets enlevés ont servi h la restauration des autres édifices consacrés au culte catholique.

Le germinal an XI , l'architecte de la municipalité donna au curé et aux principaux habitants de Garville, quatre tableaux; le premier, sur toile, non encadré et cintré par le haut, représentant saint Joseph tenant l'enfant Jésus par la main ; le deuxième, la Présentation ; le troisième» samte Hélène avec sa croix ; lè quatrième, Jésus en contemplation.

Enfin, le 40 brumaire an XD, un nommé Renault, qui habitait sur la place de Saînt-Ctomtis, fat chargé de garder, jusqu'en 1807, les clefs de l'église; ou lui délivra alors un certificat constatant qu'il n'avait rien enlevé.

' Homl, « AiinalM des GtickoU, s t. m, p. 403.

La paroisse de Sain t-Ger vais, suivant la délimitation de 1 806, qui existe encore, comprend : Les deu\ cUcs du pavé do DoTille ou rue du Renard, depuis les limites de Canteieu et du Mont-aux~Malades jusqnes et compris le cul-de>sac de la Madeleine ; les habitations des deux c6tés du boulevart, depuii le earrefoar Ganchoite jusqa'à la me Saint-lf aiur ; le , côlé gaucbe en montant la me Saînt-Haur jns^'aux limttei dn Hontaux-Malades. Toutes les mes et plaees qui se troavent dans eet arrondissement sont de la sucenrsale de Saint* Gemus 1.

Depuis que Fhonorable H. Motte est curé de Sahit-Genrais,

que de changements faits à notre modeste église! Quelle activité persévérante a-t-il dépensée pour la mettre dans un état convenable! En 4836 on bâtit l'aile septentrionale, et dans les fondations on découvrait les restes de vieil les constructions qui venaient se lier h l'église. Quelques iragments sculptés se trouvent au Musée des antiquités.

Lorsqu'on 1 846 on agrandit l'église du côté méridional, on avait mis à décoaTert» du côté du portail, dans la direction dn mur extérieur du bas c6té méridional, une muraille qu'on n*a pu examiner qu*à une profondeur de trois mètres du sol actuel, sous lequel elle s'enfonce davantage et sur une bngueur de sept mètres. Elle était en pierres de petit appacml, dont plusieurs en tuf avec une cïiatne horizontale en briques sur un seul rang. Ces briques ont généralement 25 centimètres de longueur sur 3 ou 4 centimètres d'épaisseur 2.

L'église de Saint-Gervais, on le sait, n'était que succursale. En 1838 on demanda pour qu'elle iùt érigée ea cure. Nouvelle demande en 1842, cette fois il fut répondu, par le ministre des cultes, que le budget des cures était limité, mais que, de nouveaux fonds lui étant remis, il s'mpmteraU de se rappeler l'église de Saint-Gervais.

* p. Périttu, a DicUoniiaire dci mei de Romn» » lviu.

' A. DeviUe^ « Mémoirci de l* Académie de IkNNii, iSIS, » p. âl4.

Bofin, une orilonoance ro^nide, endate du SI octobre •4846, érigea lasuecanale de St-Gemis en cure de deuxième classe. En mai 4859 on terminait les travanx néemaiTêt à la crypte.

Deux cents francs avaient été alloués !

Sur les entrefaites, il se passa un fait qui n'eut point malheureusement Tiraportance qu'on voulait lui donner. C'est la pose de l'inscription commémorativc de la mort de Guillaume.

A l'aile septentrionale de l'église, sur un plaque de marbre blanc et tracée en lettres d'or, on lit l'inscription suivante :

idétaii le prleoié de Saint Gflrrais, on mounit Guil laone-le-Conqaéniat le IX septembre

MLIULTII.

Academia Aothoroagensis posait anoo mdcccilvi.

D18CKIPTI0N.

Extérieurement l'église de Saint-Genrais n'offre rien de remarquablci si ce n'est l'abside que nous ayons décrite au premier chapitre. Intérieurement l'édifice est trop large pour sa longueur ; la courbe que présente le plafond de la nef est on ne peut plus défectueuse, et la hauteur de réglise» du sol h la Toûte, est trop petite, eu égard h ta largear de la nef ; elle n'est point aussi en proportion de hauteur avec le plafond ciiilré des bas côtés.

Nous avons à visite^ dans la nef le magnifique lambris corinthien, à la dépense duquel a contribué un curé de la paroisse, ainsi que l'atteste l'inscription suivante placée derrière le mattre^utel.

Messire Pierre Benard, pire caré de celle paroisse, a contribua' h la décoration de cet autel, li mourut eo 1779.

De chaque côté dn mattre-autel sont deux reliquaire!, achetés en octobre 4 838, poar déposer des reliques de saint

Gervais et de saint Protais que M. le curé s'était procurées.

Le jeudi-saint, 21 avril 1859, on plaça sur k maître-autel un Tabernacle et une Exposition en bronze ciselé et doré, dont le style rappelle celui du xn« siècle. Les dessins ont été donnés par M. Courtonne» architecte et membre de la Fabrique. Le travail, qui nous a paru remarquable» eut lieu à Paris, et la dépense s'éleva à 3,ô00 fr.

Notre église ressemble beaucoup à une église de cam* pagne, car nous ne trouvons dans notre visite rien qui soit capable d'attirer les regards des visiteurs, si ce n'est deux croisées, dont nous avons essayé un dessin à Peau-forte. La première croisée se trouve dans la chapelle de la très-sainte Vierge, au bas côté méridional ; elle représente un portique sous lequel nous voyons saint Jean-Baptiste présentant à sainte Barbe les statuts de la confrérie des maîtres toiliers de Saint-Gervais. Les figures portent les costumes du xvi" siècle. Celle de sainte Barbe surtout est d'un dessin pur et graôieux ; les vêtements sont fort bien drapés. Dans le tympan du portique nous distinguons sainte Barbe qui tient un livre à la main et sa tour traditionnelle. Ce vitrail est charmant de composition et de coloris.

Dans un petit médaillon, placé au-dessous dn portique, nous lisons :

Cette Titre a été donnée par les maîtres' et les tisserands de Canchoissa dépendants da It i^aroisse Saint-Gcnrais, en 1584, prio Diem poar enx.

BMtufé par Bmurd «t Sdiwoob pciotres Terriers. Rouen, an 18f6.

Ls vitnîl de la croisée de la chapette de SainirJoseph est moins betn, mais œpendaiit il méiite d*étm décrit.

Au milieu d*an très-beau portique corinthien, on yoît saint

Nicolas avec un vêtement d'archevêque du ivi'^ siècle. A bes pieds trois petits enfants dans le baquet traditionnel.

Âu-dêSâou6 du portique, et dans un médaillon, sout les donateurs.

Cette vitre a été donnée

par ^iicolas et Denise $a femnw.

Priés Oiea pour eux.

KcsLaaré par Bernard et Schwoob, peintres verriers.

Rouen y an 1846.

n existait, ayant la première révolution, trois cloclies dans le clocher de Féglise; elles furent descendues en 4793 et placées sons un hangar dans ravenne de la Uadèlehie. Deux furent brisées pour la fonte des canons, et la troisième, qui porte la date de 1618, montée en 1802 dans le petit clocher do l'église de la Madeleine, est la seule qui appelle aujourd'hui les fidèles de cette paroisse aux ofBces divins.

Maintenant parlons des cloches actuelles de l'église. Leurs inscriptions, que nous devons à Tobligeance de M. Lemanissier, maître de cérémonies attaché à la paroisse, seront pour nous toute leur histoire.

ItueripHons placées mr chacune de» trois eîochet de VégUse

de Saint-Gervais de Rouen, bénies le 19 jum 1813, jour de la fête des saints GervaU et Protais, frmrùyrs, patrons de ia paroisse.

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