CHAPITRE y
00EF0RAT10N8 BT eONFHÉKIES.
LA corporation des toiliers do la paroisse de Saint- Gervais était la plus ancienne des corporations de • Rouen. Elle avait pour patron saint Jean-Baptiste, et pour patronne sainte Barbe, sans doute parce que la martyre de Nicomédie avait occupé sa captivité à filer et à faire de la toile.
Malgré de patientes recherches, nous n'avons pu trouver les statuts et ordonnances de la confirérie.
La corporation dès toiliers de Saint^rvaîs était soumise aux mêmes règlements que celle de Rouen, seulement elle était régie par ses gardes particuliers. Elle tenta souvent, comme on peut le voir aux pièces justificatives, de se soustraire k la juridiction de la corporation de Rouen, mais ce fut toujours en vain, « témoin le procès de Doutreleau, en 1775, membre de la corporation de Saint-Gervais, qui fut forcé, par arrêt du Parlement, de se soumettre aux gardes rouennais, dont il avait méconnu l'autorité »
Nous avons dessiné deux jetons des corporations des toiliers de Rouen ; ils sont k peu près semblables. Nous emprun- • ferons à M. Ch. Ouin-Lacroix la description de celui dont la
* Cb. Oain-Lacroix, « Histoire des anciennes corporations d'arts et métiers et des confréries religieases, » p. Jltf.
eompositioD nom parait pré£ôrable. c Le jeton des toilien
rappelle leur origine par cette Inscription : Eêablitiemewt én Marehmâi foiUert cb itoicm. Van II 00. Quatre petites navettes, formées en croix, figurentrindostrieda tissage; aneeoaromie repose entre deux petits dcossons sontenos par deux palmes entrelacées : un des écussons porte les armes de la ville, un mouton à guidon; l'autre les armes du roi, trois fleurs de lis. Le patron des toiliers, saint Matliurin, prêtre du diocèse de Sens, mort en 388, occupe le centre du médaillon ; son attitude respire un calme plein de dignité; revêtu des habits sacerdotaux, accompagné d'un acolyte, il étend sa main droite sur les pages ouvertes da rituel, par les paroles duquel il chasse le démon d'une femme qui en était possédée; Teau bénite tombe sur le sein de la femn^e, et an8sit6t| laissant après lui une obscure traînée de fumée, le diable, sous une figure presqu*humaine aTOC ailes et queue, s'enfuit avec effiroi, tandis que le saint le poursuit de ses regards avec un air de commandement irrésistible » Le revers des jetons présente l'effigie de Louis XV, avec ces mots : « Luo. xv. Rbx christuniss. »
Presque tous les corps de métiers avaient des maîtres et gardes de corporations. Voici un relevé des gardes de métiers de la paroisse de Saini-Genrais, en I7il :
' « Histoire des aDGieones corporaUons d'arts et métiers et des conTréries raligienses delà capitale de la NormaDdie, >» par Ch. Onio-Lacroix, p. 541.
S gardes barbiera-peiruquiwt.
chirimftfln.
saffe-femme.
boulanger.
toiliers.
éoiciers
vinftiffriprs.
■Mm
VilullVlCI ICI 9 •
maréchaux.
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cordier.
cloulier.
ebaoelier*
DaBiters-Do urreiiers .
bas-d^estamiera.
tonnelier.
cabaretiers.
charron.
revendeurs.
cordonnier.
tapissier.
savetier.
serrurier.
On trouvera» aux pièces justificatives, les statuts et ordonnances de la dévote association en Vbonnenr des glorieux saint Pbocas et saint Fiacre, fondée par les maîtres jardiniers en la paroisse de Saint-Gervais.
H ne nous reste plus parler, pour en finir avec les corporations et les côiifiéries, que de deux confréries dont les pancartes suivantes, copiées textuellement, suffiront à les ûiro connaître.
« La confraine de la très-sainte et glorieuse Trinité fondée
— Sien réglise de SainMSèrrais-lës^Rouefl. Les haufes messes se diseDt tons les premiers dimaDches des mois et tous les mercredis de chaque semaine.
» Eu rhonneur de la très-sainte et très-auguste Trinité.
ACaOSTIGBE.
Imnianiité niprénie, auguste Triuité,
A vouloir vous comprendre on devient immobile,
Car quand on veut sooder votre sainte unité.
Qui est si adorable ; cela est impossible ;
Un Diw mq] éfomcl, Fili, Stinl-Eiprit et Père,
Bmeoibto ne féal qa^Uii, comment w pent4l Mn,
Sans lui nom m ponvoiit eatrar dedane la ^lit.
Puisqu'il est très-réel que ce n'est qu'un seul Dieu, Implorons son cecours en tout temps et tout lieu. Exaltons le saint nom de ce i>icu du tonnèr^ If ons qui smounei UâAêâ liabllants &€ la tene, Olfrimi-Ini BOtn ooenr ai rat angmte Jour, Unissons-nous en lui et d'esprit et d'amour, Ënflâmons notre ardeur, afin que dans la vie, Lai rendions à jamais des louanges iolinies.
» n y a indulgence plenière en entrant dans la confrairie, et à l'artide de la mort, et le jour de la fSte de la Trinité. Il y a indulgence de sept ans et de sept quarantaines le lundy de Pasques, la féte de la Pentecôte, la fête de Noël, et la fôte de tous les Saints.
» Jacques Pudioiibl, maitre m etiorgê m faumée f 724. »
« La confrérie de Charité fondée k Saint-Gervais sous le patronage de saint Protès, saint Gervais, saint Nicollas, saint MailoUj sainte Norande, saint Antoinne, saint Tibaus {tic)*
» En rhonneur des glorieux martyrs saint Gerrais et saint Prothats, frères jumeaux.