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Saints et saintes de Dieu

Le présent volume est nn choix des principaux discours et panégyriques prononcés par moi en l'honneur de ces Saitits et Saintes de Dieu, selon l'expression de l'Église dans sa liturgie, lisse rapportent aux solennités auxquelles ont donné lieu, non seulement leurs fêtes et anniversaires, mais extraordinairement leurs jubilés et centenaires, ou célébration de leurs translations, béatifications et canonisations, dans la période de mon ministère de prédication, à Orléans et surtout à Lille, de Tannée 1868 à l'année 1909.

Imprimés alors, pour la plupart, mais a un petit nombre d'exemplaires, pour être un mémorial intime de ces grandes journées, ils s'étaient ensuite

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naturellement endormis dans le religieux silence d'un profond et de plus en plus lointain souvenir. Aujourd'hui, dans ces années de grâce que le Seigneur accorde à ma vieillesse, il est arrivé que la mélancolique rétrospection et nécessaire sélection qui, presque pour tous, s'y fait des actes et écrits d'un autre âge, m'a ramené en présence de ma parole d'alors, et. par elle, en présence de ces célestes personnages, mes hôtes d'autrefois, mes amis de toujours. Je m'y suis retrouvé moi-même, par toute mon ame, a ces mêmes heures, a cette même fonction. J'ai revécu .' e passé ; et cela , ravouerai-je? avec une émotion , parfois une surprise, et le plus souvent une douceur, a laquelle sans doute la paternité avait une grande part. N'y mèlait-elle pas même une, part d'illusion, lorsqu'à ces pages effacées je prêtais coniplaisamment un feu, un élan, une ardeur et une tlamme de vie qui me les rendaient encore riimahies. mais que recouvre aujourd'hui chez moi la cendre des années? Du moins, par ailleurs, par son sujet et par l'application qui en est faite aux hommes et aux choses de notre temps, cette prédication ne gardait-elle pas encore presque entière l'actualité qui on avait fait autre-

fois lintérèt, et en grande partie le succès? Je me suis demandé dès lors si, reparaissant aujourd'hui en volume devant un autre public, ces discours n'en recevraient pas un accueil sinon égal en faveur, du moins semblable en bonté? A défaut de Fambianced'enthousiasme religieux, qui les avait entourés et soutenus dans ces journées de fête, ne restait-il pas l'impérissable mémoire de ceux et de celles dont ils célébraient le nom, et de qui, aujourd'hui encore, le nimbe n'a pas perdu un seul rayon ni l'autel un seul client? Ainsi, remis en contact avec de telles âmes, ceux qui me liraient, puisqu'on ne m'entendra plus, n'en recevraient-ils pas encore l'impression salutaire, immanente au spectacle de la vertu, celle de la bonté, de la magnanimité, de l'héroïque charité, de la force jusquau martyre? Et. en même temps que ce serait là un bienfait puar tous, ne serait-ce pas pour moi l'exercice suprême — j'allais dire posthume — mais heureux, d'un ministère de prêtre à qui Ton pardonnera de chercher à se survivre de cette sorte?

Sainte-Beuve donne aux écrivains vieillissants ^avertissement suivant : Il ne faut pas aban-

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