‹ Saints et saintes de DieuChapitre 11 sur 68 · Journal d)i sii-rjc, 12 hvritrr · texte numérisé non relu

Journal d)i sii-rjc, 12 hvritrr

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>'on, la défaite est complète. Roiivray ne léguera à rhistoire que le nom d'un désastre de plus, avec le surnom dérisoire de « journée des harengs! - Et le Jendemain. 13 lévrier, on voyait, dans cette même église do Sainte-Croix tendue de deuil, les veuves, les orphelins, Jes mères sans enfants, les vieillards sans appui, voiler des lar mes silencieuses sur ce pavé qui s'ouvrait poui recevoir les morts ^ Ils y dorment encore. C'est ici!... Sous votre vaste et belle assemblée des vivants gît la funèbre assemblée de ceux qui ne sont plus. Mais ils vivent ailleurs: et il me semble qu'en ce jour quelque chose de leur souffle a passé dau> vos poitrines, et jusque sur mes pauvres lèvres tremblantes de les nommer, heureuses de les remercier et fières de les bénir.

C'en était donc fait de vous, car de quelle main humaine pouviez-vous encore espérer quelque assistance? De votre roi? " Jl n'avait pas quatre écus dans ses coffres ■■. et La Hire revenait de Chinon en disant (|ue ■ l'on ne pouvait perdre plu-s ûaiment son royaume •■. De votre duc Charles d'Orléans? 11 était depuis treize ans captif en Angleterre. Vous combattiez, il chantait: il prédisait aux Anglais qu'ils déguerpiraient de chez nous :

Dieu a escrit : <( La vie perdrez et terre. Dt^truilz serez, et diront vos voisins : Au temps jadis t'tait «y lAngleterre -I

1. Journal du siège. 13 et 14 février. « Les morts r.ipporles dans la ville sont mis en Si'puHure dan» l'église de Saint-Croix.

2. Charles d'Orlf.ans. Ballades. — V. IMir.uKi.i.r, Histoire dr i'raace. t. IV; de lixuA.NTr, Ducs de Honrrjofjne . t. V, p. S^'S.

Mais c'était tout, et, cela dit d'un assez lier accent, il menait de belles chasses, le faucon suile poing, en compagnie de ceux quïl venait de menacer. Dieu pardonne à l'exilé! Mais ce que je ne lui pardonne point, c'est que, dans ces chants de prison (|u'il envoyait en France, ne se trouve pas un mot pour la ville héroïque qui combattait pour lui, ni pour la jeune et généreuse fille qui avait fait le serment de le racheter un jour.

D'où viendra le secours? De votre garnison? Six jours après Rouvray, deux mille hommes découragés abandonnent la ville qu'ils viennent d'afi'amer plutôt que de servir. De vos remparts, de vos tours? De la rue des Hôtelleries à la porte Bannier, les bombardes ont fait brèche, et même des ouvertures pratiquées nuitamment dans les jnurs de l'Hôtel-Dieu font craindre la main d'un traître. Et les villes de France, vos sœurs? Ah! toutes vous admirent, quelques-unes vous assistent. Bourges, Chàteaudun, Blois, Tours vous ont envoyé des hommes: Angers, Poitiers, Albi, Moulins, Montpellier, Clermont, Tournai vous l'ont passer de lacier, de la poudre, des armes. Mais qu'était-ce que cela contre une armée sans cesse renouvelée par les renforts de la Normandie, de la Bourgogne et de l'Angleterre?

Non, cher peuple de héros, n'attendez plus rien de l'homme. Vous ne voulez pas vous rendre, il vous faudra mourir. Heu! fn'nruis Troes. Les Anglais parlent déjà de noyer la ville dans le sani. Us en sont bien capables. Tout sera donc, perdu.

Tout est désespéré 1... Mais les I.ieures désespérées ne sont-elles pas les heures de Dieu .*

Messieurs, il y a deux choses qui ont la puissance d'incliner sur elles l'œil et Toreille de Dieu; et, qu'il s'agisse d'une à me ou qu'il s'a.iiisse d'un monde, ces choses finissent, tôt ou tard, par venir à bout de tout, par sa ,2Tàce. La première est la lutte : c'est réneri:ie, la force et la vertu de r homme. La seconde est la prière, ou la faiblesse avouée et suppliante de l'homme faisant appel ;i Tomnipotence de ce Dieu. Cet appel, vos pères n'avaient pas cessé de le lui faire entendre par leurs cris et leurs larmes; car vous n'étiez pas seulement la bonne ville du roi, vous étiez pardessus tout la bonne ville de Dieu. Vous n'espériez plus dans vos bastilles, mais vous remplissiez vos églises: vous ne comptiez plus sur vos princes, mais vous attendiez tout de ces patrons célestes de qui Jeanne disait au roi : • Suint Louis et saint Charlemagne sont à aenoux devant Dieu, faisant prière pour vous. » Saint Euverte. saint xVignan, saint Mamert, saint Michel, avaient déjà été vus combattant dans vos ran^s. Notre-Dame de sain^ Paul multipliait ses miracles; le chœur vénérable des mères, le chœur vir.Liinal des filles, comme les suppliantes antiques, embrassaient les autels;

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