‹ Saints et saintes de DieuChapitre 54 sur 68 · LE MAUTYRE DU CŒUR · texte numérisé non relu

LE MAUTYRE DU CŒUR

soi-même, comme une libation sacrée distillée goutte à goutte. C'est le sacrilice perpétuel et le martyre du cœur : ce inartyre-là est la meilleure préparation deTautre.

Pour être complet, mes Frères, je ne séparerai pas l'un de Fautre. Et je vous montrerai successivem.ent l'un et l'autre dans la vie crucifiée et dans la mort sanglante de François-Régis Clet, prêtre de la Congrégation de la Mission, martyrisé en Chine pour le nom de Jésus, et porté sur les autels, au mois de mai dernier, par le Souverain Pontife Léon XIII, quem sospitet Deus!

Le martyre du cœur, u la circoncision du cœur », comme s'exprime saint Paul, qu'est-ce à dire? Le professeur du Grand Séuiinaire d'Annecy devait Favoir lu. Messieurs, dans ces excellentes paroles de saint François de Sales : « Il faut, cher Théotime, qu'ainsy que Jésus-Christ fust devestu de tous ses habits, Fun après Faultre, avant d'estre mis en croix, de mesme nous nous devestions de nos attaches à ce monde, afin de mourir en croix dépouillés comme lui, pour après ressusciter en ung nouvel homme avec lui. » Et il ajoute : (( L'amour est fort comme la mort pour nous faire tout quitter; il est magnifique comme la résurrection pour nous parer de gloire et d'honneur. »

Voilà la doctrine, mes Frères, et voilà le divin modèle. Maintenant, regardez la grande àme de

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Fraïu-ois Clet, ardente dans ses adections, et pour cela soufl'rant de ces mêmes affections, mais les transfigurant toutes, en les immolant à Dieu sur Tautel de l'unique amour. Telle vous la reconnaîtrez à chacune des stations du chemin de la croix par lequel riiomme de Dieu s'achemine, durant trente ans, vers son sanglant Calvaire.

D'abord François-Régis aime son pays, la France. Qui n'aimeiaitla France? CVst, à l'époque de son départ, une France en démence, démontée, démantelée. Mais qui ne sait que plus elle souffre, celte mère, et plus on l'aime? Le fils qui va la quitter sent que les larmes lui montent au cœur, mais il les refoule pour en faire une offrande intérieure à la volonté de Dieu. Et, du port de Lorient, son port d'embarquement, écrivant à sa sœur : « Ce n'est pas que la nature ne réclame en moi bien des droits, et que mon éloignement ne me fasse éprouver quelque sensibilité. Mais Dieu le veut : voilà ma devise. La Providence a parlé : j'obéis à ses ordres. » Vous l'avez entendu : Le sacrifice est fait, et c'est Dieu qui en reçoit Ihommage.

Il aime l'Église, l'Église de France, une Église opprimée, proscrite, ensanglantée par des forfaits dont frémit la terre entière. Entendez comme de là-bas, de la Chine, le prêtre pleure sur la ruine de nos temples et de nos autels : « Il n'y aura donc plus en France un seul asile pour la religion? gémit le missionnaire. Vous faudra-t-il en chercher un dans les antres et dans les forêts? » Il a appris au loin l'enlèvement de Pie VI et la

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