‹ Saints et saintes de DieuChapitre 63 sur 68 · LE MARTYRK DU SANG · texte numérisé non relu

LE MARTYRK DU SANG

de saint Ignace martyr : « Servez Dieu toujours, et restez fermes dans la foi 1 »

Il fut emmené hors de l'enceinte de la ville : lui aussi, comme le Rédempteur, extra potHam passas est. Arrivé là, devant la croix qui lui était destinée, l'homme de Dieu se mit à genoux dans la neige qui couvrait la terre. C'était comme l'offertoire de sonsacrifice. Puis le sublime vieillard, les yeux en haut : « Liez-moi «, dit-il, donnant le signal aux soldats. On lui passa la corde au cou. Son visage était resplendissant. A la troisième étreinte, l'âme partit. La suprême bataille était gagnée, Jésus en était le prix : Mihi virere C/iristus est et mori liicrum.

11 est là, mes Frères, près de ce Jésus, qui n'aura pas rougi devant son Père de celui qui certes n'avait pas rougi de Lui devant les hommes. Vous êtes là, et maintenant c'est là, c'est vers vous que je me tourne, ù bienheureux martyr de Jésus- Christ, pour vous saluer, vous invoquer et vous féliciter d'être entré, par cette belle porte, dans la joie du divin Maître à qui vous avez tout donné I C'est bien maintenant que. transporté dans sa béatitude, ravi de sa beauté, Lui en vous et vous en Lui, vous pouvez redire en vérité que « le Christ est votre vie, et que la mort est un gain »>.

Faites-le nous comprendre à nous-mêmes, prêtres, religieux, fidèles, rassemblés ici, à votre école et sous votre bénédiction. Bénissez, en particulier, votre double et grande famille religieuse,

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celle de saint Vincent de Paul et de la vénérable Louise de Marillacl Ce Père et cette Mère, il me semble les voir aujourd'hui, là-haut, donnant la main à leur tils couronné de ses travaux et de ses souffrances, pour le présenter au Roi des apôtres et des martyrs.

Bénissez cette jeune famille apostolique qui, pendant ces trois jours de fête, vous a fait un si beau triomphe, venant à chaque heure devant vos reliques, pour s'édifier de votre exemple, et s'animer de vos ardeurs. Sïl en était, dans leurs rangs, qui, en vous contemplant sur votre croix, se soient dit la parole de Tapôtre à ses frères : Eamus et nos, et moriamnr ciim illo, bénissezles pour la grâce d'une pareille vie et la gloire d'une pareille mort.

Bénissez aussi particulièrement la Mission de cette immense Chine, qui, depuis vous, hélas! n'a pas discontinué de tuer les apôtres et les prophètes qui lui étaient envoyés. Hier le sang chrétien y coulait à flots, il y coule encore aujourd'hui, et c'est par centaines que, de nos jours, vous avez vu, ô Père, monter là où vous êtes « ceux qui venaient, comme dit saint Jean, de la grande tribulation ».

La grande tribulation! Et nous aussi, hélas! ne la connaissons-nous pas? Est-ce seulement en Chine que l'Eglise sent présentement s'appesantir sur sa tête la rude éternelle main de la persécution, persécution plus cruelle puisqu'elle lui vient de ceux qui sont ses fils ingrats? Voici <juc, comme vous,

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n bienheureux vainqueur, elle est conduite, traînée, cette Église de France, au pied de la croix qu'on lui prépare, et là. comme vous, à genoux elle prie. Elle prie, tandis que les infidèles s'apprêtent à la lier et à lui mettre, à elle aussi, la corde au cou. Mais l'Église ne craint pas la mort, parce que sa vie c'est le Christ, et le Christ ne meurt pas. De la croix où les hommes croiront l'avoir attachée et étranglée, comme son divin Époux elle attirera tout à elle, pour attirer tout à Lui. Ainsi soit-il.

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