‹ Salariat et SalairesChapitre 34 sur 111 · APERÇUS SUR LE SALARIAT DES TEMPS PASSES IO · texte numérisé non relu

APERÇUS SUR LE SALARIAT DES TEMPS PASSES IO

recevaient que 1.4 à 8 sous, et même moins. Le salaire des ouvriers de métier variait d'ordinaire entre 3o et 00 sous, quelquefois moins, quelquefois plus1. Les ouvriers du bâtiment étaient parmi les mieux partagés : à Paris, le taux ordinaire était de 2 francs à 2 fr. 5o pour les maçons. Il s'élevait pour quelques ouvriers d'élite dans les industries artistiques à 6 et même à 10 francs. Les femmes à Paris gagnaient i5 à i!\ sous, quelques-unes jusqu'à 2 francs.

La récolte de 1789 avait été mauvaise ; le prix du blé <'tait très haut : environ 1 3 livres tournois les 100 livres pesant, soit à peu près 19 fr. 76 l'hectolitre ; le seigle valait environ 9 livres i3 sous le quintal. M. d'Avenel a calculé pour la période 1 776-1 790 une moyenne générale de i5 francs l'hectolitre. Le prix de la livre (453 grammes) de pain, variable d'une région à l'autre, était en moyenne à peu près de 2 sous et demi. Les pommes de terre coûtaient 3 livres tournois à 3 livres 6 sous les 100 livres. La moyenne des prix de la livre de bœuf, de veau, de mouton, ressortait à o fr. 65 le kilogramme, moyenne de la France, et 1 fr. 10 de Paris ; celle du lait à o fr. i5 le litre; celle du prix du beurre à 1 fr. 28 le kilogramme ; celle de la douzaine d'œufs à o fr. 28 ; celle des choux à un peu plus de 1 franc le kilogramme. Une bouteille de vin ordinaire était payée f\ sous et demi. Les épiciers vendaient le sucre en pain 1 livre tournois à 2 livres la livre pesant ; les petites gens ne consommaient guère

i. L'abbé Faucbet estimait alors à 20 sous (dont 12 sous pour la nourriture) la dépense minima d'un homme ; le Comité de mendicité (1790) évaluait à 435 francs au moins la dépense annuelle d'une famille de cin<f personnes.

alors cette denrée. Les draps communs sont tarifés de 2 livres i5 sous à 10 livres1 ; les droguets de 2 livres 10 sous à 7 livres l'aune un quart ou l'aune et demie. Les draps fins le sont à 3o livres et plus ; la toile ordinaire de ménage l'est de 2 livres 3 sous, ce qui met le mètre à 1 fr. 18 et 2 fr. 60.

Avec ces chiffres insérés dans les tableaux du maximum nous n'essaierons pas de calculeria moyenne des salaires, celle des prix et le rapport qui pouvait exister entre les deux 2.

Sous l'Ancien Régime l'organisation des corps de métier était peu favorable à des demandes d'augmentation de salaire. Cependant les salaires, tout en demeurant plus fixes qu'aujourd'hui, ont varié en hausse ou en baisse, suivant l'état économique de la profession et du pays. Il est vrai que l'institution corporative qui tendait à les maintenir au taux coutumier 3 n'existait que dans un certain nombre de villes, et que, dans ces villes, tous les métiers n'étaientpas constitués en corps. D'autre part, dans quelques professions, principale-

1 M. d'Avenel, dans ses tableaux, évalue à U fr. 80 le mètre de drap commun .

~x. M. d Avenel a essayé de calculer le rapport du salaire du manœuvre et du prix du blé ; il a trouvé que ce salaire, sous le règne de Louis XV, équivalait (depuis 1725) à 6 1. 10 de blé et sous le règne de Louis XVI à 5 1. 70, le prix des denrées ayant augmenté alors plus que le salairte. Aujouid hui. la journée moyenne du manœuvre, si on la compte à 3 fr. 5o (moyenne du prix de la journée du terrassier en France dans les villes en 1906), équivaut à 20 litres de blé, d'après le prix moyen du blé en France en l'an 1906.

3. Ce n'étaient pas seulement les statuts et les jurés des corps de métier qui s'opposaient à la hausse des salaires, c était parfois aussi l'administration royale. Nous en avons donné des exemples. Voir Histoire des classes Oivrières et de l'industrie en France avant 1789, t. II, p. 83i.

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