‹ Salariat et SalairesChapitre 60 sur 111 · FIXÉES EN · texte numérisé non relu

FIXÉES EN

(le kilogramme)

fr.

Toile de lin ou de chanvre unie blanche

fr.

fr.

fr.

fr.

fr.

ou mi-blanche. .

Calicots , coutils ,

iâ

toiles, écrus ou blancs Calicots , coutils ,

4,ip

toiles, imprimes .

Draps

Etoiles de soie unie.

Bonneterie de laine.

Depuis 1890, la hausse sur beaucoup d'articles,

1. Bulletin of tlie Bureau of lubor, march igo5. La relation exprimée par le graphique (p. 298) pour les années 1890-1907 est même très étroite. En général, les variations des matières premières ont été plus amples que celles des produits manufacturés. Quand les matières ont été au plus bas (en 189G), les produits manufacturés n'ont pas baissé dans uno aussi forte proportion ; quand les matières ont très rapidement haussé, oomnie en 1902, les produits manufacturés n'ont pas suivi immédiatement ce mouvement.

vêtements, matières premières, produits manufacturés1, est incontestable. Ainsi les renseignements fournis par une grande manufacture de lingerie sont les suivants :

francs francs

Filés de coton (chaîne, 28; trame, 27), le kilogr. 1 ,70 2,89

Calicot renforcé, le mètre o,3o o,45

Belle flanelle, le mètre o,3i o,5i

Chemises hommes blanches, la douzaine. . . 36 » 43 »

Malgré cette augmentation, le prix de beaucoup d'articles fabriqués a plutôt baissé, soit que la qualité des matières premières soit devenue inférieure, soit que la machine ait réduit le coût de la façon, soit enfin que la concurrence et la réclame aient pesé sur les cours '.

Le vêtement a d'autant plus ressenti l'influence du prix de l'étoffe que depuis une cinquantaine d'années il a été beaucoup plus souvent fabriqué en grand par des confectionneurs et vendu au détail par de grands magasins 2.

La chaussure en cuir est devenue aussi l'objet de grandes entreprises. Elle était cotée 33 francs le kilogramme en 1874, première année où elle figure spécialement dans le tableau de la commission des valeurs de douane ; elle était à 18 francs en io,o5.

1. Cependant le prix des étoffes achetées par l'Assistance publique paraît avoir augmenté de 26 p. 100 de 1905 à 1908.

2. En Angleterre, une enemète sur le prix des vêtements vendus au détail a donné les coefficients suivants :

i88i-85 .... io5,2 1896-1900 ... 98

1886-90. . . . ioi,5 1901-190/» . . . 100,6

2l8 SALAKIAT ET SALAIRES

On objecte que, si les vêtements faits avec les étoffes susmentionnées sont moins chers, ils sont, d'autre part, moins solides et de moindre durée. C'est possible. Mais ils satisfont mieux le besoin de nouveauté, lequel est une forme du luxe.

Quand on examine en détail l'importation et l'exportation françaises, on s'aperçoit que ce sont les articles à bon marché dont le commerce a le plus augmenté * : ce qui est encore un indice de l'accroissement de la puissance d'achat dans les classes peu fortunées.

Les autres chapitres du budget ouvrier. — La comparaison des prix des consommations et services relatifs à la santé, à l'instruction, aux distractions n'est guère possible. C'est d'ailleurs le chapitre du budget ouvrier dont le coefficient, très variable, dépend le plus du degré d'aisance de la famille.

Si les Visites du médecin coûtent plus qu'autrefois, c'est que le prix des services a généralement renchéri dans les professions libérales. Toutefois, le nombre des membres des sociétés de secours mutuels étant devenu beaucoup plus considérable, une partie de la classe ouvrière n'a pas directement à payer les visites, non plus que les médicaments.

On dépense en France beaucoup plus pour l'instruction populaire qu'il y a trois quarts de siècle. Mais la famille ouvrière ne porte pas, directement du moins, le poids de l'augmentation, puisque l'école primaire publique est gratuite à tous les degrés. Les enfants pauvres qui la fréquentent reçoivent même dans beau-

i. Pour ce changement dans la nature du commerce français, voir Questions ouvrières et industrielles sous la troisième République, p. i65.

coup d'écoles une assistance en nature, aliment ou vêtement, qui soulage les parents.

Le journal était inabordable autrefois à l'ouvrier ; il coûte maintenant i sou et tout le monde l'achète. Les livres à bon marché se sont multipliés.

Les transports sont à meilleur marché qu'autrefois. V Paris, l'impériale des omnibus date seulement de la seconde moitié du xix° siècle ; les bateaux-omnibus datent de 1867. Le transport autrefois coûtait beaucoup plus par diligence qu'il ne coûte aujourd'hui par chemin de fer. Par exemple, de Paris à Bordeaux le prix de la diligence dans la rotonde, la place la moins chère, était de 70 francs et, le voyage durant trois jours, le voyageur avait à payer en outre sa nourriture ; aujourd'hui le prix en troisième est de 28 fr. 55 et le trajet par train direct n'est que de \[\ h. 1/4. '.

Si les plaisirs coûtent plus, ce n'est pas tant que le prix des distractions anciennes, café et cabaret, baraques de foire, etc., ait augmenté, c'est qu'on recherche des distractions nouvelles. Le prix des places a augmenté dans les théâtres de Paris ; mais les cafés-concerts à bon marché se sont multipliés.

1 . Les facilités données aux voyageurs en troisième classe en ont augmenté la proportion. Ainsi, sur la ligne internationale Paris- Belgique- Allemagne la proportion, entre les années 1899 et 1907, a diminué pour la première classe de 12.1 p 100, et a augmenté pour la seconde classe de 6.2 et pour la troisième de 3,9 p. 100. Dans le réseau intérieur du Nord, la diminution a été de 3,3 en première et de 4.9 en seconde, et l'augmentation de 8,2 en troisième.

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