LES POINTS D^ATTAGHE DE LA CHRONOLOGIE
choDia. Il avait donc, lui aussi, eu son fils à Tâge juvénile de 17 ans.
De tout cela, il semble ressortir :
Ou'Âmon a eu son fils Josia à 15 ans;
Que Josia a eu son fils Joakim déjà à Tâge de 13 ans.
Le duc de Bourbon-Condé eut 16 ans d'âge, quand son flls, le duc d'Enghien, lui fut né.
Mais être père à 13 ans pourrait sembler assez prématuré,
Il se pourrait d^autre part que :
Amon eût atteint l'âge de 42 ans au lieu de 32 ans ;
Hais il ne se pourrait pas que Josia ait été âgé de 18 ans au ' lieu de 8 ans, lors de son règne, car les Chr. ii, 34, 3 disent qu'il était alors complètement enfant.
En prolongeant l'âge d'Amon on s'accorderait mieux à la donnée relative à Manassé ; dans celte supposition, celui-ci serait seulement de 25 ans plus âgé que le fils. Gela est une pure hypothèse ; mais il est certain, d'autre part, que la durée du règne de Josia ne peut pas même être changée de plus d'un demi an à peu près. En voici la preuve mathématique :
Jérémie dit (xxv, 1, 3), dans la 4'' année de Joakim, qu'il avait prophétisé 23 ans, depuis la 13® année de Josias. Nous obtiendrions donc pour l'intervalle :
Après Favénèment de Josia: 12 + x
Durée de la prophétie : 23
Depuis Josia jusqu'à la 4» année de Joakim : 35 -f- x
D où il faut déduire :
Le règne de Joachaz : 1/4 Règne de Joakim : 3 + ^
31/4 + X; reste: 313/4 + (x— X;;
On peut admettre X = x + 1/4, en sorte que l'expression se réduise à son maximum, à savoir à 31 1/2, pour le temps de la royauté de Josia.
Nous verrons, par la suite, l'utilité de l'appréciation de l'âge des rois.
Gomme nous l'avons dit, il est toujours précaire de changer les chiffres d'après sa propre inspiration : nous aimons plutôt
aO SALOHON ET SES StCCESSEtJRS.
indiquer les difficultés, peu nombreuses du reste, que proposer une émendation des quelques chiffres bibliques qui devront être modifiés dans leur forme actuelle.
CHAPlTBi: ¥11.
Les points d'attache de la chronologie biblique et de
■ l'histoire extra-biblique.
Après a\oir examiné les dit/érents éléments delà chronologie biblique, avec Texaçlitude arithmétique qu'ils comportent, il nous reste à rattacher ces faits à des époques fixes^ et à trouver un point de repère qui satisfasse aux exigences les plus sévères de la science.
Chronologie veut dire ecience du temps, calcul du temps. On ne peut faire ce calcul qu'avec cotte unité toujours égale qu'on appelle jour. Si Ton ne compte pas le temps à partir d'un jour fixe, on ne peut pas faire de la chronologie. S'il y a plusieurs points d'attache concordants, la base n'en devient que plus sûre.
Ces points fixes devront être dégagés par des événements astronomiques seuls; parmi ceux-ci, les éclipses se placent au premier rang. L'éclipsé lunaire du mois de Boédromion (septembre) arrivée dans la onzième nuit avant la bataille de Gaugamèles, le 19 septembre 331, a seule pu mettre fin à la controverse sur la mort d'Alexandre, qui arriva au mois de iuin 9,67&, 323 avant Jésus-Christ, et non pas en 324, comn-e d'autres savants l'avaient prétendu. Ainsi l'éclipsé de soleil du 2 octobre 9,321, 480 avant Jesus-Christ, prouve qu'à cette époque Xerxès devait déjà être de retour en Asie. Nous n'avons pas besoin d'énumérer la série des éclipses célèbres,'pour démontrer rimpoitance capitale de ces phénomènes dans l'établissement de la chronologie générale.
L'épigraphift assyrienne nous a légué quelques dates qui ont, et qui auront toujours, pour la chronologie biblique une valeur durable. Dans deux exemplaires, il nous est conservé une inscription qui nous renseigne sur une éclipse de soleil,
LES POINTS D^ATTACHE DE LA CHRONOLOGIE. îi
arrivée sous réponymfe de Pour-el-salkhè, à la fin de Sivan (Juin), quatre-vingt-onze ans avant la mort d'Achab,
En outre, il y a des notices, sur l'élévation de Sargon : celleci a coïncidé avec une éclipse, que nous avons identifiée avec la célèbre éclipse totale de lune du 18 mars 9,280, 721 avant Jésus-Christ.
Nous avons exposé ailleurs ces recherches *, d'où il résulte
mathématiquement, que :
!• 91 ans moins trois mois avant cette éclipse Achab mourut,
2° 78 ans plus trois mois^ Jéhu fut déjà sur le trône de Samarie,
Il n'y a pas de doute sur Tinterprétation de ce texte, mais il peut y avoir une divergence sur l'application qu'on peut en faire. On demandera :
» Quelle éclipse de soleil est désignée par la liste épony-mique ? »
Il n'y a que deux réponses j>ossibles :
Ou celle du vendredi, 13 juin 9,192, 809 av. J.-C.
Ou celle du jeudi, 15 juin 9,238, 763 av. J.-C.
La dernière hypothèse avait l'avaniage de n'avoir pas besoin d'admettre une lacune dans les éponymies. En adoptant cette théorie, le commencement du règne de Sargon tombe en 9,279, 722 av. J.-C. mais alors l'avènement de Jéhu ne serait qu'en 9,152, 841 av. J.-C.
Il faut donc compter, pour l'intervalle entre Jéhu et la fin d'Osée, 119 années seulement, ce qui est absolument contraire à la chronologie biblique.
Un autre obstacle invincible s'élève, le roi Phul d'Assyrie est ont simplement supprimé.
Celte date de 763 av. J.-C. a été adoptée par différents savants, qui ne se sont pas rendu compte, à un degré quelconque, des impossibilités chronologiques qu'ils créaient. Nous n'avons pas pu ne pas la rejeter. On a répondu à nos arguments par quelques points incidents, mais jamais, et pour une très-bonne raison, on n'a voulu entrer dans la question même*
* La Chronologie biblique, dans les Annales, t. xix, p. "25 (5« série).
Si SALOMON ET SES StJGGESSEURS.
Peut-on admettre, oui ou non, les textes d'éponymes sans inérruptioD.
Nous répondrons: non.
Premièrement, par la non-interruption des^éponymes, le roi Phul est rayé de la liste des rois assyriens. Nous avons suffisamment prouvé qu'aucun des autres rois^ que ni Asuredil-el, ni Asur-nirar, le Sardanapaie des Grecs, ne peut être ce Phul. 11 estd'aberd inadmissible de vouloir toujours identifier une personne avec une autre. Phul^ cité par la Bible et ps^f Bérose, s'appelait en assyrien Pul, lequel nom se ren-contre appliqué à d'autres personnages, et aussi Jongtemps qu'on ne trouve pas un roi ainsi nommé, aussi longtemps la question n'est pas résolue.
Voici la liste telle qu'elle existe dans les tables d'éponymes: Salmanasar lil 35 ans.
Dans sa 6* année, la mort d'Achab.
Dans sa 18" année, avènement de Jéhu.
Samas-Bin ]3innirar IV Salmanasar IV
Asur-edil-el (éclipse dans sa 10« année) Asurnirar Teglathpbalasar Salmanasar V, ennemi d'Osée
Ou bien depuis la mort d'Achab 27 ans de moins que les règnes d'Israël, 47 ans de moins que les règnes de Juda.
On n'y voit pas le moindre Phul. On s'est donc donné loute la peine imaginable pour écarter ce monarque mal commode pour les antagonistes de la chronologie biblique, et disons aussi, de l'historien cbaldéen, Bérose. Mais le roi Phul est là, et demande qu'on le place.
Nous ferons justice de tous les expédients qu'on a inventés,' et nous pouvons dire que nous n'en éprouvons aucune satisaction d*amour-propre, puisqu'il n'est nullement malaisé d'écarter ces objections.
ans.
ans,
tes POINTS d'attaché de la chronologie. 53
Encore^ si c'était là la seule difficulté. Mais il n'y manque pas seulement un nom d'homme, qu'on pourrait supprimer : il y manque aussi des chiffres au total de l'addition, et cela est bien plus grave.
Car secondement: Uintervalle entre Vaivénement deJéhu et la prise de Samarie est réduit à 1 19 ans, en retranchant 47 ans du calcul biblique.
La chronologie judaïque fixe cet intervalle à 166, le calcul israélite à 143 ans. 11 faut donc, pour l'amour de l'éclipsé de 763, retrancher 47 ans, ou 24 de la chronologie biblique !
La chronologie de cette époque de l'histoire des Roi» repose sur des synchronismes, c'est-à-dire sur les bases les plus respectables ; une telle réduction n'est donc qu'une mutilation d'un texte historique que rien n'excuse.
On peut répondre aux savants défenseurs de l'éclipsé du 15 juin 763, qui mutilent ainsi des documents :
1* Montrez le roi Phul, que vous ne pouvez supprimer.
2® Retranchez de Vintervalle entre Jéhu et Osée quarante-sept ans.
Personne * n'a encore répondu à ces deux demandes trèsjusteS; et quixlécident la question : le mutisme des savants très-recommandables, qui croient suivre les textes assyriens, se comprn d à merveille.
Mais comme l'éclipsé de soleil de Pour-el-Salkhe ne peut être celle de 763, la solution du problème est celle-ci :
L'éclipsé solaire en question est l'éclipsé annulaire du 13 juin 9,192, 809 av. J.-C.
Donc: Entre Asumirar, le Sardanapale de' Ctésias, et Téglathphalasar, il y a une lacune de 47 ans, pendant lesquels régna entre autres Phul, le Chaldéen.
Les rois chaldéens comptaient le temps d'après les années de leur règne ; de là la cessation des éponymes.
1 M. Lepsias qjii a publié ud traTail sar les éponymes a passé sous silence ces deux points. H aurait été à désirer que le savant égyptologue eût examiné la question avec un peu plus de rigueur. Ainsi il m'a attribué Tidée de placer dans la 28"« année d'Ezéchia l'expédition de Sennachérib. Je suis en accord avec Rawlinson qui lon^emps avant moi a exposé cette m^me idée,
Autre fait : La prise de Samarie ne tombe pas en 722, ce qui résulterait de la théorie de nos adversaires ; mais en 721 avant Jésus-Christ, en coïncideace avec l'éclipsede lune du 18 mars 721, époque de ravénement de Sargon.
Ce détail a une égale gravité.
Examinons ces données en les appliquant :
La mort d'Acliab tombe 91 ans moins 3 mois avant réclipse^ doue : vers octobre 9,101,900 av. J.-G.
Jéhu et Athalie montent sur le trône 78 ans plus 3 mois ayant Téclipse, donc: vers mars 9,11^4» 887 av. J.-G.
Samarie succombe vers juin 9,280, 721 av. J.-G.
Entre les deux événements se sont donc écoulés 166 ans.
Cent soixante-six ans est juste le nombre qui résulte de l'addition simple des nombres d'années des règnes judaïques, et où les fractions en plus et en moins se compensent. On trquve en effet :
Athalie 6 ans.
Joas 40 »
Amasia 29 »
Ozia 52 »
Jotham 16 »
Achaz 16 »
Ezéchia 7 »
En tout 166 ans.
Nous n'avons pas créé le synchronisme, qui place Jéhu 78 ans avant l'éclipsé assyrienne: les érudits qui admettent l'autre date pour le phénomène, l'emploient également. La fixation précise de l'éclipsé de 809 av. J.-C. n'est pas non plus notre œuvre, mais ceQe des astronomes. Si la date de l'éclipsé avait été établie autrement, nous aurions dû accepter cette donnée différente de celle que nous avons adoptée ^
Le synchronisme ainsi créé est irréfragable. En le signalant, nous avons donné à la chronologie de ces temps reculés une base qui leur manquait jusqu'à présent.
^ Elle a été établie par le P. Plngré,