CHAPITRE VIII
Discussion et réfutation des objections soulevées contre,
la chronologie biblique.
Nous avons parlé déjà de différentes objectioF7s contre la réalité des données bibliques, objections qui proviennent presque toutes de Texamen des textes assyriens interprétés, selon une ceirtaine niéthode. Nous pouvons démontrer que les conclusions qu'on a voulu tirer dés sens attachés à ces données précieuses entre toutes, sont insoutenables^ el ne peuvent en rien modifier les résultats que nous avons obtenus.
Il n'existe pas de chronologie judaïque, ni de chronologie assyrienne. Il n'y a qu'une chronologie. Si donc on arrive à deux résultats différents pour fixer les mêmes faits, Tua d'eux au moins doit être forcément erroné. Cela est élémentaire.
L'erreur peut provenir, non pas de la qualité de la donnée en elle-même, mais aussi de la manière fautive de l'appliquer ; et c'est le cas dans la question qui nous occupe.
Les synchronismes des rois de Juda et d'Israël présentent un caractère tellement authentique, tellement confirmé par elles-mêmes, tellement établi sur ses bases par dés raisons intrinsèques, que personne n'aurait pensé à en suspecter sérieusement la justesse, sans les conclusions qu'on .croyait devoir tirer des textes assyriens.
^puç devons donc nous poser les (juestioqs suivantes ;
Ces documents assyriens sont-ils bien compris par les antar gonistes de la chronologie juive?
Nous répondrons : Non !
Ce ne sont pas les textes qui commettent Terreur : celle-ci est tout entière dans la fausse interprélation qu'ils subissent.
Au fondj ils confirment la chronologie judaïque de la manière la plus éclatante. Ecoutons d'abord ceux que nous voulons réfuter.
Les Assyriens comptaient les années par des éponymes, et nous possédons une liste de ces fonctionnaires qui donnèrent le nom à l'année. Dans Tannée de Tun de ces éponymcs, il y eut une éclipse de soleil, ainsi que le fixent d'autres textes, au •mois de Sivan ou de juin, et cette éclipse eut lieu, 91 après la mort d'Achab d'Israël, conséquemment l69 ans avant la mort de Salomon. Or, si Ton compté seulement les éponymes qui ont suivi Téclipse, on peut croire que ce phénomène eut lieu le 15 juin 763 av. J.-C. La mort de Salomon eut donc lieu 922 avant Jésus-Christ, et la chronologie biblique s'est trompée de près d'un siècle.
Car, ajoutait-on, il 'faut bien présumer que les listes des éponymes sont complètes, et que cette institution n'a jamais subi une interruption quelconque.
Voilà Targumenl.
C'est précisément là la pétition de principe. C'est là Terreur qu'on érige en dogme, en article de foi. Nous répondons : Le contrôla que les textes assyriens et ceux de la Bible exercent les uns sur les autres, prouve parfaitement Timpossibihté d'un accord sans cette supposition. Car tes 46 années dont on aura ainsi privé Thistoire biblique, tombent précisément entre Athalie et Ezéchia, c'est-à-dire dans la période qui est juste- 'meût la plus contrôlée par les synchronismes. Tous les textes bibliques sont d'une précision et d'une exposition de détails bien autrement imposantes que celles dont les données assyriennes peuvent se prévaloir. Les additions faites des règnes d'Athalie, Joas, Amasia, Ozia, Jotham et Achaz, d'une part, et la somme des règnes de Jéhu, Joachaz, Joas, Jérobéam II, Zacharie, Ménachem, Pékabia et Pékah, d'autre part, ne dif-