‹ Salomon et ses successeurs: solution d'un problème chronologiqueChapitre 33 sur 35 · FIXATION DE QUELQUES DATES ANTÉRIEURES · texte numérisé non relu

FIXATION DE QUELQUES DATES ANTÉRIEURES

qui nous engage à jeler un regard rétrospectif sur cette grande époque de la délivrance d'Israël. Selon le livre des Rois (T, 6, 1), depuis l'Exode jusqu'au commencement de la construction salomonienue, il y eut juste 480 ans. Au lieu de ce chiffre^ les Septante ont admis celui de 440. Le calcul du livre des Juges donnerait un intervalle beaucoup plus considérable ; mais la différence s'explique par la simultanéité de quelques chefs qui^ satis doute, régnaient en même temps sur Israël..

Des recherches modernes entreprises sur le domaine de l'Egyptologie ont, il est vrai, amené des résultats qui abrègent de beaucoup l'intervalle déjà raccourci par la donnée des livres des Rois, et le réduisent à 300 ans. Les raisons que des savants éminents ont fournies pour rendre plausible l'opinion qui approche de nous l'époque du législateur juif, ne me paraissent pas inattaquables. La chronologie égyptienne au-delà de la 22*dynastie, estloin d'être établie, et les identifications des Pharaons des listes hiéroglyphiques avec le roi d'Egypte, cité dans l'Exode, n'est appuyée jusqu'ici par aucun monument égyptien.

J'ai examiné la question^ mais j'ai pu me convaincre qu'aucune preuve d'une autorité indiscutable ne peut être administrée en faveur de l'opinion précitée. En même temps, il nous est permis de nous étonner d'une erreur prétendue de deux siècles, dont les Juifs se seraient rendus coupables dans leur propre histoire. Je ne puis permettre aux assyriologues de subordonner les données bibliques à des documents cunéiformes mal interprétés, et de rejeter celles-là avec une suffisance scientifiquement insuffisante : mais je ne suivrai pas davantage les égyptologues qui demandent un vote de méfiance contre des traditions directes et précises, sans fournir des données certaines, sans indiquer des documents originaux ou autres pièces de conviction nécessaires.

Non que je me refuserais à diminuer de deux siècles la donnée des Uvres des Rois, s'il existait une preuve décisive : mais cette preuve même, dans une forme vraisemblable, nous fait encore défaut. L'assertion qui voit dans le chiffre 480 un chiffre rond, une douzaine de cycles de 40 ans, n'est pas discu-

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table. Nous nous sommes déjà expliqués à cet égard. Voulaiton un comput cyclique, on n^avait pas besoin d*admettre un chiffre si grand, car 280 ans, 7 cycles, ou 300 ans auraient suffi. Il n'est nullement prouvé que la tradition voulût imposer au lecteur un pensum arithmétique. A4-on jam>ais pensé à douze cycles quarantenaires, quand on calculait Tintervalle entre Codrus et Solon, entre le premier dictateur Sylla et le dernier empereur Théodose, entre le régîfuge et Actium, entre Aclium et le combat des Champs Catalauniens? A-t-on jamais révoqué en doute les 480 ans des Arsacides, par la raison qu'ils fournissent douze fois quarante ans? Quatre cent-quatre- vingts ans après la mort noire, le choléra sévit en Europe, et ce chiffre n'a pas plus de signification mystique que celle que la durée de la république romaine veut indiquer.

Josèphe admet un intervalle plus long encore, 592 ans; nous n'avons aucune raison de ne pas regarder une tradition juive daus ce chiffre de 480 ans du texte hébraïque maintenu par les Septante. Selon cette donnée TExode d'Egypte aurait eu lieu :

en avril 8,508, 1,493 av. J.-G.

Donc la mon de Moïse 8,548, i ,453 '

L'entrée en Egypte des enfants

d'Israël aurait eu lieu en 8,078, 1 ,923

Il faut d'autres prauves que les puérilités de quelques savants pour faire récuser ces dates.

Mais il est temps que je finisse, car je m'approche d'une époque dépourvue de tout synchronisme. Le roi Kedarlaomer, si important pour la fixation de la période d'Abraham, n'est pas encore trouvé dans les inscriptions ; l'identification d'un Kudurlagamar avec un autre Elamite repose sur une hypothèse que rien n'appuie. Il y a un roi d'Elam, Kudur-Namkhumti, qui prit Babylone 1635 ans avant que Sardanapale VI soumit Suse. Ce dernier événement eut lieu en 648 av. J.-C, donc l'autre en 2283 av. J.-C. On a voulu identifier ce roiKudur-Nam-khumtî avec Kedor-Lagamar, lequel n'est pasencore trouvé. Mais si le nom de Kedorlaomer représente le nom susien de Kudur-Lagamar, et cela est probable, ces deux noms d'hommes, composés chacun avec un nom divin, seraient tout aussi identiques que le serait Théodore et Isidore. Rien

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