ADOLESCENCE DE SA.LOMON. — IL EST SACRE ROI
Nous voudrions pouvoir offrir au lecteur quelques renseignements sur l'adolescence de Salomon; mais la sainte Ecriture ne nous dit rien de ce fils de David jusqu'au moment où il monta sur le trône. Toutefois on ne peut douter que le roi son père ne l'ait fait initier à toutes les connaissances de son temps.
On lui enseigna la crainte de Dieu avant toutes choses \ et de l'histoire de la religion tout ce que le Pentateuque nous en raconte.
La science de la vie , la morale , qui fut la première philosophie des Grecs , avait un nom en Israël : on l'appelait la Sagesse. Etait-elle dès lors résumée dans des sentences, dans des proverbes, dans d'ingénieuses formules rythmées^ à peu près comme ce qui, chez les Grecs, sous le nom de gnome, est attribué à Hésiode, ou mieux encore comme les proverbes populaires des Arabes? M. Munk le pense: « On lui enseigna, dit -il, tout ce qu'on comprenait alors sous le nom de science ou de sagesse , les lois , la poésie, et cette certaine philosophie populaire qui consistait à présenter des doctrines, des règles de conduite , des réflexions sur les différentes situations
Prov.
de la vie, sous une forme parabolique et par de courtes sentences qui se gravaient facilement dans la mémoire * . »
« C'était, dit M. Lenormant, dans l'Egypte pharaonique, la forme consacrée pour l'enseignement de la morale pratique , et les traités de ce genre tenaient une place considérable dans la littérature*. »
On ne manqua pas non plus d'initier le jeune prince à tout ce que l'on pouvait savoir en fait de géographie , d'ethnographie , d'astronomie , de cosmogonie et même de médecine : cela ressort de plusieurs textes des livres des Rois, des Proverbes et de l'Ecclésiaste^. Gomme il nous l'apprend luimême, il prit de bonne heure l'habitude d'observer toute chose et de tout interrogera
A plus forte raison appela -t- on son attention sur ce qui se rapportait aux lois, aux mœurs, à la religion des peuples environnants, qu'il avait un si grand intérêt à bien connaître. On l'entretint de la Ghaldée, d'où son peuple et sa famille tiraient leur origine ; de l'Egypte , ce second berceau de sa nation , ce vieux peuple qui avait vu tant de choses; dont la constitution, la religion, devaient avoir un si grand intérêt pour Israël; peuple avec lequel les relations étaient si faciles et devaient devenir, par le mariage de Salomon, des relations de famille à famille.
* Munk, Palestine, p. 285.
2 Lenormant, op. cit., t. III, p. 141. On a trouvé des recueils de sagesse remontant, suivant cet auteur, jusqu'à l'âge des pyramides : ce seraient par conséquent les plus anciens livres du monde. Nous en reparlerons dans la suite de cet ouvrage.
3 m Reg. IV, 33. Eccle. i, 5, 6, 7; xi, 3-8. Prov. viii, 24-29; XIV, 30; XX, 30.
^ Eccle. II , 5 et viii , 9.