‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 18 sur 339 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Samuel le prophète et Nathan avaient composé ces histoires, ainsi que celles de tous les peuples*.

Que lui apprit -on des sciences naturelles? Il est à croire que, sous ce rapport, on eut tout au moins l'art d'éveiller vivement sa curiosité et de faire naître en lui le goût des recherches , des investigations dans le domaine de la nature. Poète, il y trouva des couleurs ; roi , des secrets utiles à son peuple ; adolescent pieux, guidé par David et Nathan, il y trouva Dieu.

Ce qui est certain, c'est qu'il dut, dès le jeune âge et dans son éducation première, recevoir une culture d'esprit qui lui permit plus tard de pousser une étude s'étendant de l'hysope jusqu'au cèdre*. Un prince livré aux affaires n'a plus , pour les travaux de savant, ni l'attrait nécessaire ni les longs loisirs. Le poème du Cantique des cantiques et, à plus faible degré, les autres œuvres de Salomon révèlent son goût, son attrait, son enthousiasme pour la nature.

Bien que son adolescence se soit écoulée au sein d'une paix profonde à l'intérieur du royaume et à l'extérieur, il ne faut pas croire qu'on le laissa grandir sans lui enseigner les industries de la guerre. Tout Israélite était soldat; le roi devait être le premier par son habileté et toutes les connaissances qui se rapportent à l'art militaire. En ce moment on étudiait en Palestine le parti à tirer des chars d'Egypte, comme aujourd'hui on expérimente une poudre ou un canon.

Quoi qu'il en soit de toutes ces conjectures, il est certain qu'au milieu du calme qui régnait en Israël

* I Parai, xxix, 30.

' m Reg. IV, 33. Cf. Eccle. xi, a-8; Prov. vi, 6-8; xxx, 25-31:

rien ne put arrêter ni suspendre l'éducation du jeune prince. Les fils des rois en Israël, ainsi que nous l'indique ce que nous savons d' Absalom , ne restaient pas alors étrangers aux affaires du royaume, même pendant leur jeunesse. Ils apprenaient le métier de roi en regardant leur père régner, administrer, juger et vivre au milieu de son peuple * .

Les grandes choses faites par David, l'heureuse conclusion de son règne, avaient élevé si haut sa maison dans l'estime du peuple, des prêtres et des prophètes, que tout Israël regardait la famille de David comme celle qui devait désormais lui donner ses rois. La seule question qui se posait alors était de savoir quel serait entre les fils de David celui qui régnerait. Serait-ce Adonias, devenu l'aîné de la famille? serait-ce Salomon, pour qui David avait laissé entrevoir une prédilection marquée? L'un et l'autre caressaient l'idée de succéder à leur père; et si l'un des deux n'avait prématurément révélé ses ambitions, il eût été à craindre qu'au lendemain de la mort de David , les marches de son trône n'eussent été ensanglantées. On sait la décision avec laquelle David trancha la question. Jusque-là, par amour de la paix , par faiblesse de vieillard peut-être , il avait détourné les regards des symptômes de plus en plus manifestes de la compétition dangereuse qui existait entre les deux frères. Il était visible pour tous qu'Adonias, né à Hébron dans les dernières années du siège de la royauté dans cette ville et arrivé déjà à plus de trente -quatre ans, intriguait pour devenir le troisième roi d'Israël. Ses agissements ressemblaient beaucoup à ceux d' Absalom, dont il rappelait

* Cf. Eccle. X, 16 et 17. Prov. xvi, 10-15.

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