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CHAPITRE IV

forte et l'admirable figure qu'il représente, ce tableau a le grand intérêt de nous faire entrer dans l'intérieur d'une maison de riche Israélite au temps de Salomon, et de prouver combien sont mensongères les peintures outrageantes que font des femmes juives à cette époque des écrivains dont l'imagination se porte plus aisément aux harems qu'aux asiles de la vertu. Si, à la suite de l'auteur sacré, nous pénétrons dans une des tranquilles demeures des saintes femmes de la Bible, nous assisterons aux occupations de la femme forte. « Vêtue de bysse et de pourpre, » avec quelle activité. elle circule à travers les pièces de sa maison, « distribuant le pain à ses serviteurs ou leur tâche à ses servantes 1 » Elle donne aux femmes qu'elle surveille l'exemple du travail. Avec un joyeux entrain « elle saisit son fuseau )> y et sous ses doigts agiles s'enroulent les fibres du lin. Tissus par elle, les fils qu'elle tord lui donneront (( les précieuses étoffes qui envelopperont son corps chaste et pudique, les doubles vêtements qui préserveront sa famille du froid de l'hiver, les tapis qui s'étendront sous les pieds de ses hôtes, les voiles et les ceintures qu'elle vendra au Phénicien ». Dans son travail, il j aura aussi « la part des pauvres, car jamais sa main généreuse ne reste fermée ». La nuit n'arrête point son travail. Pendant que « son mari, confiant en la fidélité de son épouse et en sa crainte de Dieu, s'attarde à présider les jugements aux portes de la ville » , elle continue de travailler. (( La lumière du candélabre » à sept branches portant sur le sol^ « éclaire ses veillées occupées ». La der-

* Le candélabre à sept branches du Tabernacle était le type du luminaire des maisons juives. Cf. de Saulcy, Art judaïque; Munk, Palestine.

nière couchée, elle sera la première levée, a dès avant le jour. » Elle prêche d'exemple comme de parole : « pas un de ses pas qui soit inconsidéré , » pas une de ses paroles « qui ne sorte d'une bouche pleine de sagesse et de bonté ».

Qui rencontrera la femme forte?

C'est le trésor qu'il faut chercher aux plus lointains rivages.

Le cœur de son époux se repose sur elle;

Par elle il ne manquera de rien ; Elle sème la joie sur tous les jours de sa vie

Et en écarte tous les chagrins.

Elle cherche le lin et la laine

Que met en œuvre sa main diligente.

Elle est comme le navire du marchand

Qui rapporte de loin l'abondance et le pain. Levée avec l'aurore , elle distribue les aliments ,

Les aliments qu'elle a préparés, aux serviteurs et aux servantes.

Elle a ceint ses reins de force ,

Et le courage arme son bras.

Elle a goûté les fruits de son travail :

Ils sont doux à son cœur. Sa lampe ne s'éteint jamais. Elle a mis la main aux choses fortes ,

Et ne dédaigne point de tourner le fuseau. Elle ouvre ses mains à l'indigence,

Et étend les bras pour recueillir le pauvre. Elle ne craint point pour sa maison ni le froid ni la neige;

Car tous ses serviteurs ont un double vêtement. Elle s'est fait de riches tapisseries ; '

Elle se revêt de lin et de pourpre.

Son mari est illustre dans l'assemblée des juges,

Lorsqu'il est assis avec les grands de la terre. Elle a tissé des toiles fines qu'elle a vendues , Et des cjeintures qu'elle a livrées au marchand chana-

néen.

La force et la grâce sont sa parure, Le sourire brillera sur ses lèvres mourantes.

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