CHAPITRE
bientôt la jeune épouse dans la campagne, où elle paît les troupeaux en compagnie de son bien -aimé.
Au chapitre ii, elle aperçoit son époux franchissant les montagnes et les collines et arrivant jusqu'à elle, l'épiant à travers les ouvertures de la maison et l'invitant à le suivre dans la campagne.
Au chapitre m, elle se demande, sur sa couche, où peut bien être son époux. Elle veut le savoir; elle n'y parvient pas. Elle se lève, parcourt la cité, interroge les gardes, rencontre enfin celui qu'elle aime, et témoigne le désir de le conduire dans la maison de sa mère.
Le chapitre iv nous offre l'éloge de l'épouse.
Dans les chapitres v , vi et vu , la Sulamite court de nouveau à la recherche de son bien -aimé, qui est venu l'appeler, frissonnant sous la froide rosée de la nuit. Les gardes qu'elle interroge la repoussent et "la blessent cruellement. Touchées de sa peine, les filles de Jérusalem offrent de se mettre avec elle à la recherche du bien -aimé. Elle le trouve enfin; elle loue la beauté du berger, qui loue à son tour la beauté de la bergère. Après que celle-ci a demandé à son amant de ne plus la quitter, tous les deux vont visiter leurs vignes.
Au chapitre viii , on voit la Sulamite soutenue par son bien-aimé, qui l'appelle sa sœur et tient avec elle un dialogue énigmatique. Enfin elle conseille à son époux de s'enfuir avec la vitesse du chevreuil.
Ce simple résumé montre la difficulté de tirer de ces séparations , de ces rencontres , de ces louanges réciproques, sans faire violence au texte sacré, sans rien omettre , sans rien ajouter, ce qu'on appelle un drame avec intrigue et dénouement. La difficulté se complique pour les critiques qui nient la présence
de l'allégorie du Cantique, et ne voient dans le poème qu'une réalité dont Salomon serait le héros. Une foule de traits ne conviennent ni à un roi tel que Salomon , ni à celle qu'il a choisie , non point pour en faire une femme de second ordre, mais l'épouse préférée, la reine. Une simple bergère, obligée par ses frères à garder les troupeaux et hâlée par la chaleur du soleil , qui va elle-même à la vigne et aux champs, qui invite son époux à venir dans la maison de sa mère et lui promet un régal de fruits et de vin savoureux; une femme qui se lève la nuit , qui est rencontrée seule dans la ville , maltraitée par les gardes, dépouillée par eux de son manteau, ne peut être ni une reine ni une princesse au sens littéral et en réalité. A son tour, le monarque oriental, qui ne se montre jamais que dans l'éclat de sa splendeur et environné de gardes, ne se conçoit guère vaguant seul, pendant la nuit, pour rechercher la fille d'un pâtre à travers les collines et les montagnes. Comment supposer à Tamour de Salomon tant d'obstacles et de traverses, comme si, en Orient, tout ne cédait pas à la volonté du souverain, comme s'il avait autre chose à faire qu'à le vouloir pour posséder une jeune fille qui répond à son amour ' ?
* Cf. Hug, cité par Herbst, Historish-Kritische einleit., part. II, sect. II. Selon Hug, tout se passe en songe, et le Cantique est simplement le récit d'un rêve. C'est pendant son sommeil que la fiancée prononce les paroles qui ouvrent le poème; c'est en songe qu'elle assiste et prend part au dialogue qui vient après. La preuve en est, dit Hug, qu'un troisième personnage conjure les filles de Jérusalem de ne pas éveiller la bien-aimée, prière qui se répétera jusqu'à trois fois. Jusqu'à la fin tout se passe durant le sommeil. Ce songe, selon Hug, est allégorique. Sous la figure de la Sulamite se cachent les dix tribus, et, sous celle de Salomon, l'un des successeurs de ce