‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 26 sur 339 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ces collines, dominant au loin l'horizon, semblaient parler de Dieu : à l'âme pieuse il paraissait que Jéhovah descendait sur ces montagnes , comme pour entendre mieux les voix de la prière et présider aux sacrifices offerts à son nom.

Car les sacrifices sur les hauts lieux n'étaient point, comme l'ont affirmé MM. Kuenen et Wellhausen, contraires à la loi de Moïse : « Tu me feras, est -il écrit dans l'Exode, tu me feras un autel de pierre , et tu immoleras sur cet autel , dans tous les lieux où j'ai fait adorer mon nom ^ »

Avant la construction du temple, les sacrifices sur les hauteurs étaient donc permis, pourvu qu'ils fussent offerts à Jéhovah, et que le passage d'un grand prophète ou le souvenir d'un bienfait consacrât le lieu. D'ailleurs les termes du Deutéronome* ne semblent point prohiber absolument, même après la construction du temple, les sacrifices sur des autels érigés au vrai Dieu dans les lieux de pèlerinage désignés par lui ou ses prophètes ^.

Du temps de Salomon, le plus considérable et le

* Ex. XX , 24-25.

2 Deut. XI, 31-32; xii, 2-6, 13-16.

^ On lit aux livres des Rois : Attamen populus immolabat in excelsis;... Dilexit Salomon Dominus excepto quod in excelsis immolabat (III Reg. m, 2, 3). Le texte latin semble présenter une restriction défavorable à Salomon. Mais le texte hébreu ne renferme point nécessairement un blâme ni la prohibition absolue des sacrifices sur les hauts lieux. Il faut expliquer la Vulgatè par le texte hébreu. L'expression hébraïque p"i , raq, dit dom Galmet, n'exprime pas ici une restriction à l'éloge qui la précède. Elle y joue le rôle d'une particule copulative. En sorte, ajoute dom Galmet, que ce ne serait pas une restriction à l'éloge de la piété de Salomon , mais une louange qu'exprimerait le texte sacré. (Cf. M. l'abbé de Broglie, V Unité du sanctuaire dans la religion d'Israël.)

plus fréquenté des hauts lieux était Gabaon ^ Là se trouvaient Tautel d'airain construit par Bézéléel , au désert du Sinaï, et le tabernacle construit par Moïse ^ La Bible ne nous apprend point à quelle époque l'arche avait été transportée en cet endroit. Nous savons seulement que David, après la construction d'un nouveau tabernacle à Sion , j transféra l'arche, laissant à Gabaon l'ancien tabernacle et l'autel d'airain, sur lequel Salomon allait maintenant offrir ses sacrifices ^.

Tous les chefs de l'armée , les princes des tribus, les juges dlsraël, comme nous l'avons dit, avaient été convoqués. Une multitude immense entourant les grands corps de l'État, avec les prêtres et les lévites, Zadoc à leur tête ^, et, nous pouvons ajouter, au chant des cantiques de David, accompagnés par les instruments de musique, le nouveau roi offrit des sacrifices au Seigneur. Mille victimes furent immolées pour appeler les bénédictions célestes sur le fils de David ^

Chacun louant Dieu, rempli d'enthousiasme et d'espérance pour le nouveau règne, regagna ses foyers, racontant à ceux qui n'en avaient point été les témoins les détails et la belle ordonnance de cette fête splendide, dont la religion avait fait tout l'éclat.

* m Reg. III , 4.

2 Ex. XXVII ; XXXI, 2.

^ I ParaL xxi, 29. II Parai, i, 3. — Gabaon, aujourd'hui Gib ou el-Djib, à dix kilomètres au nord de Jérusalem, dans la tribu de Benjamin, était bâtie sur une haute colline, près de la route de Jaffa à Jérusalem. (Guérin, Description de la Palestine, 1868, t. I, p. 285.)

4 I Parai, xxix, 22.

MI Parai. I, 4-6.

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