Nous te ferons des colliers pointillés d'argent
l'épouse
12. Pendant que le roi (mon roi) était assis à sa table, le nard qui me parfume a exhalé son odeur ^
envoyé garder leurs vignes, » c'est-à-dire les défendre contre les renards, qui, en Orient, causent aux vignes de grands ravages. « Et, ajoute- 1- elle, je n'ai pas gardé ma propre vigne. » Il faut prendre le mot mD, kerem, vigne, au sens métaphorique : il signifie ici, dans la bouche de la bergère : innocence, beauté. L'Évangile ne compare -t- il pas notre âme à une vigne dont le Père éternel est le vigneron? (Joan. xv, 1.)
* Les nouveaux critiques regardent ces versets (12-d4) comme le point capital et la clef de tout le poème. Leur idée étant que trois personnages sont mis en scène : la bergère , Salomon son ravisseur, et le berger à qui la Sulamite a voué son amour, ils prétendent découvrir ici les trois personnages : « Il n'en peut être autrement , » dit Ewald. Suivant cet auteur, la louange contenue dans les trois versets précédents (9-11) n'est qu'une flatterie par laquelle Salomon essaye de gagner le cœur de la jeune fille qu'il a ravie. Aux versets 12-14, elle méprise ces louanges et proteste de son affection au berger à qui elle a juré sa foi. RosenmuUer répond qu'une telle interprétation est forcée et absolument erronée. « Le sens est clair, dit -il , et le roi ne peut être un autre personnage que l'époux. Celui
13. Mon bien- aimé est pour moi un bouquet de myrrhe, il repose sur ma poitrine.
14. Mon bien -aimé est pour moi comme une branche fleurie de troène, (cueillie) dans les vignes d'Engaddi ^.
l'époux
15. Oui, tu es belle, ma bien-aimée! Oui, tu es belle ! Tes yeux sont comme les yeux de la colombe.
l'épouse
16. Oui, tu es beau, mon bien -aimé! tu es charmant! Notre lit est un lit de gazon fleuri.
l'époux
17. Le toit de nos palais est de cèdre, les lambris sont de cyprès^.
l'épouse Gh. II. — 1. Je suis le narcisse de Saron, le lis des vallées.
l'époux 2. Gomme paraît le lis au milieu des épines, ainsi mon amie au milieu des jeunes filles.
qui voudra se donner la peine de lire ce passage sans idées préconçues n'y trouvera rien de ce qu'y a vu Ewald. »
^ Le troène, cyprus, est un arbuste qui entre encore aujourd'hui dans les artifices de toilette des femmes arabes. Elles en font bouillir les feuilles dans l'eau, puis elles les pulvérisent après les avoir fait sécher au soleil. Elles obtiennent ainsi une poudre d'un jaune -foncé qu'elles font infuser dans l'eau chaude , et avec laquelle elles se teignent les ongles, les paumes des mains et les cheveux.
^ L'époux , se rappelant que la bergère l'a par amour qualifié du titre de roi , répond en acceptant le compliment et en continuant l'image : « Le toit de nos palais est de cèdre. » C'est-à-dire, le toit de nos maisons est aussi magnifique pour nous que les toits de cèdre pour les rois. Des commentateurs pensent que le berger veut exprimer par ces images : toits et lambris , la beauté de la voûte du ciel voilé par les cèdres et les cyprès.