‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 283 sur 339 · V. — Le Christ et la Vierge · texte numérisé non relu

V. — Le Christ et la Vierge

Le sommeil de la Sulamite rêvant de son époux inspire à saint François de Sales ces charmantes et édifiantes paroles :

' Traité de V amour de Dieu, 1. VI, c. viii.

« C'était là, dit-il, le sommeil d'amour de la sainte Vierge : Oh! gardez -vous bien, dit Jésus son époux, d'éveiller ma bien -aimée jusqu'à ce qu'elle le veuille. Car cette reine céleste ne s'endormait jamais que d'amour , puisqu'elle ne donnait aucun repos à son précieux corps que pour le revigorer, afin qu'il servît mieux son Dieu par après : acte , certes , très excellent de charité. Hé! doux Jésus, qu'est-ce que devait songer votre très sainte mère , lorsqu'elle dormait et que son cœur veillait! Ne songeait- elle point de vous voir pendant à ses mamelles et pressant doucement son sein virginal? Peut-être aussi songeait-elle que, comme Notre -Seigneur avait jadis souvent dormi sur sa poitrine , ainsi qu'un petit agnelet sur le flanc mollet de sa mère, de même aussi elle dormait dans son côté percé, comme une blanche colombe dans le trou d'un rocher assuré. Son sommeil était une extase : que de colloques avec son cher enfant! que de suavités de toutes parts M »

Saint Bonaventure a longuement écrit sur la douceur de ces divins colloques. « Gomme Marie, dit-il, était pleine de douceur dans ses paroles! que c'est bien d'elle que chante le saint Cantique : Ma colombe, fais-moi entendre ta voix; car ta voix est douce, et ton visage est beau. Quelle grâc#, en effet, découlait des lèvres de Marie dans ses saintes prières! quelle grâce dans ses entretiens toujours pleins d'utilité! quelle grâce auprès des hommes! quelle grâce auprès de Dieu! Quelle douce parole d'innocence et de pureté que celle-ci : Comment cela se fera-t-il, car je ne connais point d'homme?

' Op. cit., 1. III, c. VIII*

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