CHAPITRE Xll
sa couche ? C'est bien , répond cet auteur , la nation chérie d'Israël, comblée des faveurs de Jéhovah et l'abandonnant pour se livrer à l'idolâtrie, suivant la prédiction de Moïse : « Quand mon peuple chéri eut été mis en pleine abondance de tous les biens, il abandonna Dieu son créateur, et s'éloigna de Dieu son Sauveur * . »
En vain Dieu lui fit entendre sa voix, la voix des prophètes et des docteurs, vox dilecti; en vain il frappa à la porte de son cœur par les châtiments, pulsantis; en vain il lui prodigua les avertissements les plus bienveillants , sôror mea, et lui rappela ses tendresses passées et les signes de son amour, caput meum plénum rore : Israël demeura dans ses jouissances idolâtriques. « Il m'en coûterait trop , répondait-il, de reprendre mes habitudes premières et de revenir à Jéhovah. »
Et c'est alors que Jéhovah abandonna à son tour Israël, et le livra aux mauvais traitements des gardes qui font la ronde la nuit, c'est-à-dire des peuples qui entouraient Israël et vivaient dans la nuit des superstitions et de l'idolâtrie; mauvais traitements qui rendent si triste l'histoire d'Israël au temps des Juges et des deux royaumes divisés.
Cependant , comme la Sulamite , Israël profita de ses malheurs pour répandre dans les nations étrangères la connaissance de Jéhovah, et c'est en excitant les nations à l'aimer qu'Israël mérita de retrouver Jéhovah son époux. « Le Dominateur du siècle, dit la version chaldaïque, eut enfin pour agréable la prière de sa nation chérie ; après qu'elle eut fait connaître son nom aux sages, elle revint de la cap-
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tivité et reprit possession de sa terre bénie , où elle brûla de nouveau devant FEternel les parfums et les victimes, comme un homme qui cueille dans un jardin des fleurs odorantes. »