‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 307 sur 339 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

amour elle anime les autres à une semblable recherche ^ . »

Ecoutons encore Bossuet expliquer ces éloignements multipliés de TEpoux. « Si les entretiens de l'Epoux, dit-il, étaient aussi durables qu'ils sont agréables à l'Epouse , elle serait trop satisfaite ; mais quoiqu'il ne l'abandonne jamais, si elle ne l'y oblige par quelque offense mortelle , il ne laisse pas de lui soustraire souvent le sentiment de sa présence par un effet tout particulier de sa bonté, que nous avons coutume d'exprimer par ces noms d'éloignement, de fuite et d'absence. C'est une mer qui a son flux et son reflux, ses mouvements réguliers et irréguliers qui surprennent.

« Cette conduite est propre à l'état où nous vivons en cet exil, état de changement, sujet aux vicissitudes. Dieu s'approche de vous comme s'il voulait se donner à vous ; et, lorsque vous pensez le saisir, il se retire à l'instant. Il se présente à notre cœur; il lui jette un rayon de lumière, il l'invite, il l'attire, il pique son désir. Mais parce que le cœur ne sent qu'à demi cette saveur délicieuse , qui n'a rien de commun avec les douceurs de la chair, il demeure ravi d'étonnement : son désir est suivi de la jouissance. Bientôt après suit la privation qui, par la renaissance des désirs qu'elle rallume , fait un cercle de notre vie, qui passe continuellement du désir à la jouissance, de la jouissance à l'absence, de l'absence au désir.

«. L'Époux n'est-il point léger et volage? D'où peut venir et où peut aller celui qui remplit toutes choses de son immense grandeur? S'il se retire,

Cantique des cantiques.

c'est pour que son Epouse le rappelle avec plus de ferveur et qu'elle l'arrête avec plus de fermeté. Il se plaît à se faire chercher afin de réveiller nos soins et d'embraser notre cœur, de le purifier, de le faire se déifier par la familiarité que nous contractons avec Dieu dans cette aimable privante. L'Epouse s'emporte alors par l'ardeur de son zèle , et se laisse aller à la violence de ses désirs. Elle ne considère pas ses mérites; elle n'a pas égard à la majesté de Dieu; elle ferme les yeux à sa grandeur. Elle rappelle l'Époux avec une sainte liberté , lui disant amoureusement : Retournez , mon bien - aimé ; révenez promptement; égalez la vitesse des chevreuils et des daims ^ . »

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