CHAPITRE XIII
quer, on a fait intervenir successivement ou simultanément les personnages que le lecteur connaît et même de nouveaux acteurs. On a essayé de les placer sur leurs lèvres et de les appliquer à leurs actes. D'autres ont distribué ces versets dans le cours du poème, aux endroits oii ils leur semblaient convenir. Ces procédés n'ont pas réussi.
Quant à nous, avec des commentateurs très autorisés, nous pensons que les six versets placés après la clausula ont appartenu à d'autres cantiques, à d'autres poèmes perdus, ou à des épisodes absents aujourd'hui du Cantique des cantiques. On les a placés là afin de les conserver comme on conserve de précieuses reliques, ad rei memoriam. Nous n'avons point à nous en occuper autrement; ils ne rentrent pas dans notre sujet.
TEXTE
l'époux Ch. VI. — i. Tu es belle, ma bien-aimée, tu es belle comme Thirsa\ délicieuse comme Jérusa-
11. « Salomon avait une viorne à Baal-Hamon; il l'a donnée à des fermiers dont chacun lui paye mille si clés pour fermage.
12. « Ma vigne à moi est devant moi. Mille sicles pour vous, Salomon , et deux cents sicles pour les fermiers de la vigne.
13. i( Toi qui habites les jardins, les compagnons prêtent l'oreille; fais-moi entendre ta voix.
14. « Fuis, mon bien -aimé; sois semblable au chevreuil et au faon des biches sur les montagnes parfumées. »
' Thirsa, ville du nord de la Palestine, qui, depuis Jéroboam jusqu'à la construction de Samarie sous Omri, fut la capitale du royaume séparé d'Israël. Le mot Thirsa signifie : qui a belle appa-' rence. Salomon l'a nommée dans son poème, comme terme de comparaison , à cause de cette signification et de la beauté de cette ville. On a vu que c'est sur la mention de cette ville supposée ca-
o46 LES ÉCRITS DE SALOMON
lem. Tu es terrible comme une armée déployant ses étendards • .
5. Gesse de fixer sur moi ton regard; il me met hors de moi. Ta chevelure se répand sur tes épaules comme un troupeau de chèvres se suspend aux pentes du Galaad.
6. Tes dents sont blanches comme les brebis sortant du lavoir, desquelles chacune a sa sœur féconde auprès d'elle.
7. Tes joues se dessinent sous ton voile comme des moitiés de grenade.
8. Le nombre des reines est soixante, celui des autres épouses est de quatre-vingts ^; les jeunes filles sont sans nombre.
9. Mais unique est ma colombe, ma sainte, l'unique fille de sa mère, et sans défaut devant elle. Les jeunes filles l'ont vue et l'ont proclamée bienheureuse. Les reines et les autres épouses l'ont vue et l'ont louée.
10. Quelle est celle-ci (ont-elles dit) qui se révèle comme une aurore, belle comme la lune, pure comme le soleil, terrible comme une armée déployant ses étendards?
11. Je suis descendu dans le jardin des noyers, pour voir les fruits de la vallée, pour voir si la
pitale au temps de la rédaction du poème, que M. Renan s'appuie pour fixer à une époque postérieure au règne de Salomon, la composition du Cantique.
* On a demandé comment un aspect terrible pouvait être loué chez une femme. Mercer a répondu que c'est une grande qualité chez elle d'en imposer aux hommes corrompus par la gravité de sa tenue, d'être terrible à tous les hommes et aimable seulement pour son mari. Le verset 5 indique ce par quoi l'épouse est terrible.
^ Allusion aux femmes de premier et second ordre de la cour de Salomon.