‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 316 sur 339 · Ta taille est semblable à la tige d'un palmier · texte numérisé non relu

Ta taille est semblable à la tige d'un palmier

9. J'ai dit : Je monterai sur le palmier, je m'attacherai à ses rameaux. Ton haleine est l'odeur du pommier fleuri ; ta parole , un vin précieux versé pour délier les lèvres à un ami ' .

' Ce morceau est écrit toul^entier avec une liberté orientale. Nous avons dû en atténuer les expressions dans notre traduction. Bien traduire est surtout donner leur vrai sens aux paroles. C'est de la traduction servile qu'il faut dire : Traduttore, traditore. De la liberté des expressions se dégage une vérité : c'est que celui qui adresse la parole à la Sulamite doit la connaître depuis longtemps, puisqu'il vante ses charmes les plus secrets. M. Renan lui-même l'a reconnu. C'est là le langage de deux époux maîtres l'un de l'autre. Or, si Salomon est l'époux, si c'est lui qui prononce ces paroles, que devient la thèse rationaliste qui fait de la Sulamite une jeune fille surprise dans les champs et amenée de force au harem de Salomon, où elle résiste à toutes les séductions du monarque? Que deviennent les triomphes et l'innocence de la jeune fille? Que devient la conclusion du poème? Précisément les critiques modernes ne peuvent éviter de placer la louange de l'épouse sur les lèvres de Salomon. Leur thèse va-t-elle être ruinée? Ils échappent au danger par une invention, « par une hypothèse. » Les versets en question « s'adressent, dit M. Renan, à une bayadère du sérail de Salomon ». Et il a le courage d'appeler une telle audace « de toutes les interprétations la plus naturelle ».

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