‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 320 sur 339 · II. — Le Christ et la nature humaine · texte numérisé non relu

II. — Le Christ et la nature humaine

Les Pères entendent tout ce cinquième chant de l'Incarnation. La Sulamite représente l'humanité impatiente de s'unir au Verbe. La peinture du bienaimé, c'est celle de l'humanité épousée par le Verbe. Un prophète comparera plus tard le Messie à un ver de terre. C'est qu'alors il considérera l'humanité pécheresse à laquelle le Messie se substitua devant la justice divine. Mais le Cantique des cantiques chante le Messie glorieux. Comme Verbe incarné, par l'union hypostatique , il est supérieur en beauté à la nature créée, aux hommes et aux anges. La beauté extérieure n'est ici que le signe de la beauté intérieure, de ce chef-d'œuvre d'une seule personne en deux natures. La beauté, les grâces permanentes qui rayonnent de la personne du Christ, sont les jardins délicieux et les plantes odorantes.

C'est en se reportant au chant cinquième du Cantique des cantiques et par ses images , que les saints Pères ont justifié l'épithète que le psaume xliv donne au Messie : (( Tu es le plus beau des enfants des hommes. » Ses yeux, d'un seul de leur regard.

guérissaient les malades. Ses lèvres , comparées par le Cantique à « des lis distillant la myrrhe » , répandaient cette doctrine si pure, si sainte, qui embaume les âmes qui s'en nourrissent. De sa bouche sortaient des paroles de grâce qui excitaient l'admiration des foules* et faisaient dire : « Personne n'a parlé comme lui. » Quelle douceur respiraient toutes ces paroles : « Venez à moi vous qui peinez et souffrez, je vous soulagerai. » — « Allez, vos péchés vous sont remis. » — « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. » — « Laissez venir à moi les petits enfants. » La beauté de ses pieds avait été célébrée par le prophète : « Gomme ils sont beaux sur les montagnes les pieds de celui qui apporte la nouvelle de la paix ! »

C'est aussi en s'appropriant les pensées et les paroles du Cantique, que les saints, dans leurs oraisons, se sont élevés à la contemplation de l'Epoux divin ; ils trouvaient un langage et des tableaux tout préparés pour leurs mystérieux entretiens et leurs célestes visions. Ainsi Jésus apparut un jour dans toute sa splendeur à sainte Thérèse : « Quand je me serais efforcée, dit la sainte, durant des années entières, de me figurer l'extrême beauté que je vis alors, cela m'aurait été impossible, tant sa seule blancheur et son éclat surpassaient tout ce que l'on peut imaginer ici-bas. C'est un éclat qui n'éblouit point; c'est une blancheur inconcevable; c'est une splendeur qui réjouit la vue sans la lasser; c'est une lumière en comparaison de laquelle celle du soleil paraît si obscure, que l'on ne daignerait pas ouvrir les yeux pour la regarder. Cette lumière est

1 Luc. IV, 22.

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