‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 332 sur 339 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

bien-aimé. Qui sera celui qui entreprendra d'éteindre et de séparer deux si grands feux ? Certes , il travaillerait en vain , puisque ces deux feux ne sont plus qu'un feu ^ . »

Saint François d'Assise ne parle pas autrement. Après la vision de F Alverne , c'est le Cantique des cantiques qu'il chante au Seigneur :

« Dans le feu l'amour m'a mis... C'était le jour où mon nouvel Epoux, l'amoureux Agneau, m'a remis l'anneau nuptial... Je me meurs de délices. Il m'a donné un si grand coup de sa lance amoureuse ! ... »

« Amour, chante-t-il ailleurs, dans son Cantique des Créatures, pourquoi m'as -tu blessé à ce point? Mon cœur atteint brûle de tendresse. Il se consume comme la cire au feu. Il vit et il meurt... Oh ! que nul ne me reprenne, si l'amour me fait aller semblable à un fou! Ah ! si je pouvais trouver une âme qui me comprît, comme elle aurait pitié de mon angoisse ! 0 Christ, tu m'as dérobé le cœur... Pourquoi m'as-tu mis dans ce feu ? En te donnant à moi sans mesure, tu m" as ôté toute mesure à moi-même. Je n'ai pas le pouvoir de contenir ta grandeur. S'il y a faute, elle est tienne, ô amour; car cette voie où je marche, c'est toi qui l'as faite... »

Ce ne sont pas des textes, ce sont des livres entiers qu'il faudrait apporter en témoignage de l'amour des saints.

Deux des plus grands docteurs de l'Eglise, saint Thomas et saint Bernard , avaient aussi comme nous entrepris l'explication du Cantique des cantiques. Le génie n'avait, chez l'un comme chez l'autre,

^ Méditations après la communion, Vie et XVIe méditation.

ni étouffé ni tempéré la flamme de l'amour divin. Notre bonheur a été d'éclairer nos commentaires aux rayons de cet amour. Tous deux, comme nous, commencèrent leur travail avec ardeur et espérance; mais ni l'un ni l'autre n'en vit le terme. La mort les surprit au travail.

Plus heureux, en un seul point, parce que nous ne sommes ni si abondant ni si fécond, plus heureux en un seul point que ces grands saints, nous avons du moins le bonheur de terminer le nôtre la 74^ année de notre vie , au jour du grand jubilé de notre sacerdoce et au 25^ anniversaire de notre épiscopat.

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