‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 44 sur 339 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

honteux de la prise de Jébus et des défaites successives de Baal-Pharasim, de Gabaa et de Geth^; enfin, tout au sud, l'Egypte. Les troubles et les divisions qui marquèrent les commencements de la XXr dynastie avaient seuls, pendant le règne de David , empêché ce peuple de manifester, les armes à la main, la jalousie et l'inquiétude que lui inspiraient les conquêtes d'Israël. Aux premiers jours du règne de Salomon, les dispositions apparentes étaient amicales ; mais elles n'avaient pas été cimentées par le temps *.

Des appréhensions s'imposaient : la jeunesse du roi, l'inexpérience d'un prince qui n'avait jamais paru dans les combats; la disparition du capitaine à qui David devait une partie de ses victoires , Joab ; une paix qui ne comptait encore que dix ans, et pendant laquelle David avait vieilli tandis que ses adversaires s'étaient refaits : tout cela ne réveillera-t- il pas l'humeur guerrière de tant de voisins qui furent si longtemps les irréconciliables ennemis des Israélites? L'espoir d'une revanche , l'espérance dans le retour de la fortune, ne leur mettront-ils pas les armes à la main? Salomon n'aura-t-il pas à craindre le retour offensif de voisins pour qui Israël avait été si dur dans les victoires, si inexorable dans les vengeances, si exigeant dans les tributs et les redevances?

Telles furent sans doute les préoccupations de Salomon prenant possession de son trône. Malheureusement la Bible ne nous fournit à ce sujet que des indications fort courtes. Quand un danger a été conjuré

' IIReg. V, 6-9, 19-25; vni, 1.

^ Lenormant, Hist. anc. de l'Orient, t. II, p. 328.

par des mesures préventives efficaces, le peuple oublie vite et les périls qu'il a courus et les sages mesures qui l'ont sauvé. Le malade tient fort peu de compte à son médecin d'avoir été préservé , quelle qu'en pût être la gravité, d'un mal et même d'une chance de mort que la science a écartés.

Néanmoins on trouve dans la Bible assez d'indications pour justifier par les faits ce que la logique des événements laisse supposer. Il est vrai que nous allons placer au début du règne des événements que la sainte Ecriture ne raconte qu'aux dernières pages de l'histoire de Salomon ; mais un grand nombre d'auteurs, et, des plus autorisés, pensent, non sans raison, que la majeure partie des faits de guerre tardivement exposés se rapportent au début de son règne ^ .

Voici d'abord ce que la Bible dit de Édom et de l'Egypte.

Reportons -nous au combat sanglant de la vallée des Salines, dont les conséquences furent la défaite et la complète soumission des Edomites à David vainqueur. Hadad, vraisemblablement petit-fils du roi, avait échappé au massacre général ordonné par Joab. Ce n'était alors qu'un enfant d'une dizaine d'années à peine. Quelques officiers dévoués furent assez heureux pour l'arracher à la mort. Ils le cachèrent d'abord à Madian, ville libre de commerce, au bord de la mer d'Élath. Ne l'y trouvant pas suffisamment en sûreté , ils traversèrent la mer et arrivèrent dans la presqu'île du Sinaï, du côté de

* L'Écriture favorise cette opinion : GuM audisset Adad in JEgypto dormivisse David et mortuum esse joab, dixit Pharaoni : Dimitte me (III Reg-. xi, 21). Eratque Razon adversarms Israeli cunctis DiEBUS Salomonis (Id. 25).

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