‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 92 sur 339 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

du beau et du luxe se développa rapidement. Le règne de Salomon ouvrit à Jérusalem l'ère des constructions à la fois vastes, solides et somptueuses.

Ce fut ainsi que s'éleva Baalath, dans la tribu de Dan \ et dans le désert de Damas, au nord- est de cette ville, la célèbre Tadmor ou Palmyre ^ Bien qu'on n'ait encore découvert dans les fameuses ruines de cette dernière cité aucun monument de l'époque salomonienne ^, l'Écriture , en disant que Salomon se rendit maître du pays d'Emath de Soba, et qu'il y bâtit Tadmor, induit à identifier Palmyre et Tadmor K Josèphe n'hésite pas sur ce sujet ^, et ses descriptions s'accordent avec les textes de Pline ^ (( Depuis longtemps, dit Maspero, Palmyre devait être une station recherchée des marchands, quand Salomon la choisit et l'entoura de murailles. La soumission de Hamath-Soba affermit la domination des Israélites sur ces contrées. De Damas à Tadmor, de Tadmor à Thapsaque, les caravanes

* Nous ne pensons pas, avec M. de Saulcy, que l'on puisse identifier Baalath et Baalbek. Cette identification est très contredite et soulève des objections. En fait, les documents les plus anciens que l'on possède sur Baalbek sont des médailles du premier siècle de notre ère.

- Palmyre n'est que la traduction de -lain. Voir, sur le changement du nom, Sayce, The Academy , 13 juin 1885. Tadmor signifie palmier : les Grecs ont appelé Palmyre naA[j.ipà , la ville que les Syriens appelaient Tadmor. Cependant quelques savants se refusent à identifier ces deux villes. Seinecke, de Saulcy et Lenormant placent Tadmor sur la frontière nord de la tribu de Nephthali.

^ Le plus ancien des monuments de Palmyre est du premier siècle. Yoirunplan des ruines de Palmyre dansSocin, Guide, p. 550.

4 II Parai, vin , 3-4.

'" Antiq.jud., VIII, ii.

^ Hist., V, XXV.

passèrent désormais sans avoir à redouter les Araméens et plus tard les Arabes*. » Aujourd'hui Palmyre^ après avoir autrefois dominé par sa splendeur les cités de l'Orient, règne encore entre les cités éteintes par la majesté de ses ruines.

Salomon n'était peut-être pas encore, à ce moment de son histoire, parvenu à l'apogée de sa fortune; mais il était aux jours les plus purs de sa gloire. Il avait un magnifique royaume, s'étendant, suivant la description du psalmiste, a mari usque ad mare, de la mer Rouge à la Méditerranée , a flumine usque ad terminos orbis terrarum, depuis l'Euphrate jusqu'aux déserts de l'Arabie ^ Tous les peuples de la Syrie asservis par David, les Moabites, les Ammonites , les Amalécites , les Iduméens , payaient tribut à sa couronne ^, et l'éclat de sa renommée avait suffi pour courber à ses pieds ceux que la crainte de ses armes n'avait pas réduits. Amorrhéens, Héthéens, Phérézéens, Hévéens, s'étaient d'eux-mêmes soumis à sa domination irrésistible, et lui payaient redevance en hommes aussi bien qu'en argent^. Les rois, les princes, les nissabim, remplissaient ses coffres; l'Arabie, l'Ethiopie, l'Egypte, grossissaient chaque année ses trésors. Les vases d'or et d'argent, les aromates précieux lui arrivaient des contrées les plus éloignées ^. Salomon, désormais rassuré sur l'état de ses frontières,

* Maspero, lUst. anc. des peuples de l'Orient , p. 321. Palmyre est à cinq jours de Damas (M&i' Mislin, les Lieux saints, t. I, p. 490).

2Ps. LXXI,8.

3 II Reg. VIII, 12, 14. IIIReg. iv, 21.

* IIIReg. IX, 20-22.

5 m Reg. x,25.

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